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Echanges, le doc: ABC de l'échange de maisons
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Trocmaison dans la presse
De très nombreux articles, ainsi que des émissions de radio et de télévision ont pris la mesure du phénomène mondial que représente le développement de l'échange de maisons. Trocmaison est la version en français du réseau mondial HomeExchange. Avec aujourd'hui plus de 37 000 membres dans 130 pays sur ses 14 sites en 13 langues, HomeExchange est désormais le premier réseau mondial de troc de maisons pendant les vacances. Cette façon alternative de voyager, plus conviviale et plus économique, suscite un véritable engouement.
Voici quelques-uns des articles parus dans les plus grands journaux et magazines de la presse francophone. Cliquez sur le titre de votre journal ou magazine favori ou du journal de votre région. Un(e) journaliste de cet organe de presse a enquêté sur Trocmaison, recueilli librement des témoignages auprès de nos membres et livré son sentiment à l'issue de son reportage. Vous trouverez certainement un article d'un journal de votre région et lirez des témoignages de membres de Trocmaison qui habitent tout près de chez vous. De quoi vous forger une opinion en toute liberté.
Aux visiteurs inquiets de laisser leur maison ou leur appartement à des étrangers nous conseillons l'article très détaillé de "Que Choisir". Pour tous ceux qui n'habitent pas dans un endroit forcément connu du monde entier, les articles de "La Montagne", du "Dauphiné Libéré" ou du "Populaire du Centre" sont révélateurs. Les retraités liront avec intérêt l'article de "Notre Temps".
Aux débutants dans le monde du troc de maisons pendant les vacances, les articles de l'Express et du Figaro Magazine publiés en 2010 donneront un bon aperçu de la philosophie du voyage qui sous-tend notre formule.
Nos visiteurs canadiens pourront lire avec plaisir un article d'un journaliste du quotidien "Le Devoir" lui-même membre de Trocmaison. Il livre avec humour un compte rendu de ses expériences. Les Québecois liront l'article très amusant de "La Charente Libre" sur la découverte d'Angoulême par une famille québecoise. Et nos visiteurs suisses pourront prendre connaissance de deux enquêtes approfondies menées par des journalistes du Temps et de L'Hebdo.
Enfin, si vous souhaitez approfondir ce phénomène mondial du troc de maisons pendant les vacances, deux passionnés, Martin Rubio et Pascale Senk ont publié récemment un livre: "Echanger sa maison, le nouvel esprit du voyage" aux Editions des Equateurs.
Vous trouverez également tout en bas de cette page des articles de la presse anglophone sur HomeExchange.
Nous sommes toujours heureux de mettre en relation avec nos membres les journalistes qui le souhaitent. Toutefois, nous ne révélons jamais à quiconque les coordonnées de nos membres. Nous transférons donc les demandes des journalistes aux membres concernés qui décident ou refusent d'entrer en contact avec les journalistes. Le plus souvent, ils acceptent, heureux de raconter leurs expériences d'échange.
France
LE NOUVEL OBSERVATEUR (2010)
Les Français, champions du troc de maisons pendant les vacances Les Français sont de plus en plus friands de ce concept de troc de maison. But du jeu : voyager pour moins cher.
Vacances ne rime pas forcément avec gros chèque, preuve en est ce nouveau concept de troc de maison. La tendance se confirme : chaque année de plus en plus de Français troquent leurs maisons pendant les vacances ! « En 2010, proportionnellement au nombre d'habitants, la France est même montée sur la première marche du podium, se félicite le site trocmaison.com. Les Français sont désormais champions du monde de ce troc du voyage pourtant initié par les Anglo-Saxons ». Au palmarès des régions de France les plus attractives, l’Ile de France arrive largement en tête, avec plus de 2 000 adeptes, puis arrivent loin derrière la région PACA, Rhône-Alpes, la Bretagne, l’Aquitaine et le Languedoc-Roussillon. Le principe est enfantin : troquer sa maison avec quelqu’un inscrit sur le site pour une période donnée. Bilan des vacances : des économies non négligeables. « La progression globale enregistrée sur les sites en 11 langues du réseau HomeExchange est impressionnante. Le nombre de membres a plus que doublé en 4 ans : 14 000 membres en 2007, 20 000 en 2008, 26 000 en 2009, 32 000 en 2010 », précise le site français. Rien que sur trocmaison.com, 130 pays sont présents ! Ainsi, le site raconte le périple de deux Nantais qui sont partis trois mois avec leurs enfants en Nouvelle-Zélande, en Australie, aux îles Fidji et à Hong Kong ! Un tourisme « extra low cost », qui permet aussi de sortir « des sentiers battus du tourisme de masse ». Une chose est sûre : les photos du site Internet ne laissent pas indifférent !
L'EXPRESS (2010)
Echanger sa maison pour mieux voyager
Elle a attrapé le virus à l'arrivée de son bébé. Pascale Senk, journaliste, cherchait une manière différente de voyager : cultiver un certain confort sans pour autant suivre les sentiers battus. Un article de magazine attire son attention. Elle se retrouve l'été suivant dans une luxueuse villa de Floride, pendant qu'un couple de touristes américains découvre la capitale parisienne depuis l'appartement de Pascale, situé près de Montparnasse. La journaliste a ainsi plongé sans se poser de questions dans cette "nouvelle utopie", comme elle aime à qualifier cette pratique vacancière. Cet été, elle sera donc en Andalousie. Ces quinze dernières années, elle a passé plusieurs semaines au Mexique, au Canada, des week-ends à Londres, à Amsterdam, à Rome... Et ce n'est pas demain la veille que vous la croiserez en famille dans les couloirs d'un hôtel. Pour certains de ses amis, Pascale est une extraterrestre. Combien de fois n'a-t-elle pas entendu: "Ah moi, je ne pourrais jamais laisser ma maison à un inconnu !" Il faut dire que l'échange de résidence n'est pas une coutume française, ni même européenne, mais la formule a pris racine dans l'Amérique des années 1950. "Ce sont des professeurs d'universités américaines qui ont les premiers lancé l'idée de cette bourse du voyage, où chacun mettait à disposition sa maison le temps des vacances d'été", explique Pascale Senk, qui vient d'écrire, avec son compagnon, Martin Rubio, le livre Echanger sa maison, le nouvel esprit du voyage. Bientôt, le réseau s'élargit, des "agences" se créent, des catalogues sont édités, remplacés ces dernières années par Internet. Et, aujourd'hui, plus d'un demi-million d'offres d'échange seraient disponibles dans le monde. Mais en quoi l'échange de maison serait-il si révolutionnaire ? Dans son ouvrage, l'ancienne rédactrice en chef de Psychologies magazine décrit les dix "mini-révolutions auxquelles nous invite cette pratique". "Ce n'est pas un acte anodin, poursuit Pascale Senk. Il vous transforme, vous oblige à vous poser des questions sur votre intérieur, dans tous les sens du terme. Par exemple, au début, j'avais peur que mon appartement soit trop petit, pas assez luxueux ou fonctionnel. Mais, en fait, les gens ne viennent pas chercher le confort froid de l'hôtel".
Avec cette formule, on s'imprègne davantage des modes de vie d'un pays, on s'extrait du tourisme aseptisé
"Ils veulent vivre dans un univers, dans les pas d'authentiques Parisiens. Et inversement : quand j'ouvre ma maison à un inconnu, je n'ouvre pas seulement toutes les pièces, mais aussi mon quartier, mon mode de vie..." Mireille, 47 ans, a vécu l'expérience de l'échange de maison dès son plus jeune âge, en suivant ses parents. Depuis, elle n'a jamais cessé, de la Suède à l'Islande, de l'Irlande aux Etats-Unis... "Cela permet de s'extraire du tourisme balisé, aseptisé. On s'imprègne davantage des modes de vie du pays. Ce sont moins des vacances que des vraies histoires que l'on vit. Sans parler des rencontres avec les gens puisque, même si on ne les voit que très peu, on communique beaucoup en amont. Et puis, vivre dans leur intérieur, c'est aussi apprendre à les connaître." "Découvrir l'univers des autres, c'est aussi s'apercevoir que l'on se ressemble, même si des milliers de kilomètres nous séparent, poursuit Pascale Senk. Quand on regarde les livres et les disques sur leurs étagères, cela raconte des choses. Et l'on devient tout à coup liés à des êtres que l'on ne connaît pas, tout simplement parce que l'on est entré dans leur intimité."
"Quand j'échange ma maison, il y a très peu de chose que je cache. Si les personnes qui sont chez moi veulent regarder mes albums photos, elles le peuvent. Elles verront à qui elles ont affaire", explique Mireille. Pour le psychologue Patrick Estrade, auteur de La Maison sur le divan (Robert Laffont), "la maison est aujourd'hui à notre image, elle est l'expression de notre personnalité. De fait, découvrir la maison de l'autre, c'est aussi le rencontrer". Au-delà du contact et du choix d'un mode de voyage moins habituel, l'échange de maison permet aussi de porter un regard neuf sur ce que l'on possède. "Il est vrai que cela élargit la vision de la propriété, continue Patrick Estrade. Sans la remettre en cause totalement, cela l'inscrit dans une sorte de coopérative." Un esprit associatif qui suppose de donner sa confiance, base de l'échange. "Vous êtes chez un étranger, il est chez vous, cela implique un respect mutuel, note Pascale Senk. Ça tient sur le "Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu'on te fasse"." Lâcher prise cependant sur les questions de propriété n'est pas toujours facile.
On échappe au circuit de l'argent
Géraldine, 45 ans, rêverait de pouvoir échanger son appartement proche des Champs-Elysées, mais ses deux ados de filles sont catégoriques : il est hors de question qu'un inconnu s'installe dans leur chambre quand elles n'y sont pas ! Une attitude qui n'étonne guère Patrick Estrade : "Chez les adolescents, la revendication de territoire est très importante. L'enfant est chez lui dans sa chambre. C'est comme une ambassade au sein du territoire familial." Il semblerait donc qu'il faille commencer très tôt pour s'épargner ce genre d'objection. Mireille a toujours voyagé avec ses deux fils et pour rien au monde ils ne souhaiteraient rater leurs vacances d'été avec leurs parents. Une gageure pour des ados de 16 et de 18 ans ! D'ailleurs, voyager à quatre pendant trois semaines à l'autre bout du monde n'est pas donné... à tout le monde justement. C'est pourquoi la gratuité est un facteur non négligeable dans le choix de ce type de vacances. "Il est vrai que l'échange de maison montre que nous pouvons nous entraider et nous rendre service en échappant au circuit de l'argent", assure la journaliste. Mais alors, si c'est aussi génial, pourquoi tout le monde ne s'y met pas ? "Parce que, justement, tout le monde n'est pas fait pour ce type d'aventure, estime Pascale Senk. Les personnes qui "se mettent la pression" sur le ménage et sont fatiguées d'avance à l'idée de devoir laisser une maison plus que nickel, celles qui ne peuvent pas se détacher de leur goût de la possession, celles également pour qui anticiper des vacances est inenvisageable, car il faut reconnaître que l'échange nécessite de la préparation et qu'il est difficile, mais pas impossible, de s'y prendre à la dernière minute." "Il faut être patient et ne pas avoir trop de contraintes, reconnaît Mireille. Il faut savoir saisir les opportunités, mais cela demande du temps." A contrario, quel est le profil type de l'"échangeur" ? "Contre toute attente, c'est quelqu'un d'aventureux, décrit Pascale Senk. Quelqu'un qui cherche le confort d'un point de chute pour rayonner pendant trois semaines. Mais qui est prêt pour cela à communiquer et à laisser son intérieur à des inconnus, à vivre la vie d'un autre, ce qui est, à mes yeux, assez gonflé." Trekkeurs-aventuriers de tous continents, rangez donc vos tentes et vos godillots, les héros d'aujourd'hui.
LE FIGARO MAGAZINE (2010)
Échanger sa maison: les vacances autrement
Troquer pour quelques semaines son mas en Provence ou son appartement parisien contre un loft à New York, une demeure au Mexique ou une cabane au Canada : beaucoup en rêvent, d’autres ont sauté le pas. Enquête sur un mode de vacances venu des Amériques qui séduit de plus en plus l’Europe.
Pascale Senk, auteur avec Martin Rubio d’un livre sur cette pratique, est une convertie depuis seize ans. Que ce soit pour une villa luxueuse avec piscine comme celle du Mexique ou pour une bâtisse plus nature – une maison québécoise tout de bois vêtue –, le plaisir reste entier, celui de se sentir citoyen plus que touriste, installé au coeur de la vie locale. L’appartement parisien de 100 m2 place des Ternes, que Pascale laisse à ses hôtes en échange, rencontre lui aussi un franc succès. Les échangeurs américains notamment sont friands de la vie de quartier, et peu leur importe l’espace, dont ils ne manquent pas toute l’année. Au contraire, le charme de l’intime est recherché, et la France dans son ensemble est plébiscitée.
Depuis vingt-cinq ans, une espèce de gentils « coucous » venus d’Amérique du Nord essaime ses colonies autour du monde, troquant ses nids au fil des migrations. Ces « échangeurs » de maisons ont choisi de quitter la peau du touriste classique pour endosser les habits confortables de l’habitant, s’immerger sans délai dans sa vie, au coeur de son quotidien. Bien plus qu’une énième tentative de concevoir le voyage autrement, l’échange de maisons répond à une philosophie. « C’est une pratique qui s’harmonise à mon goût de me rêver dans d’autres peaux, insiste Martin Rubio, co-auteur avec Pascale Senk d’un livre référence sur le sujet: "Echanger sa maison, le nouvel esprit du voyage", Editions des Equateurs. Elle est conforme également à mon besoin d’échapper à la condition de touriste et au regard parfois condescendant qu’il porte sur le pays visité. »
Vivre la vie d’un autre, voilà l’argument moteur de tout échangeur. Pascale Senk, une routarde de l’échange – Pascale a initié Martin Rubio - le confirme: "Cela va encore plus loin : on devient citoyen du monde. On a la sensation de se sentir partout chez soi, d’appartenir à un réseau. A chaque fois, c’est une nouvelle rencontre une aventure, un petit frisson qui monte le jour J. Que va-t-on découvrir sur place, qui va-t-on devenir ? »
Pour Hélène Mathieu, troquer son loft parisien à la Bastille lui a permis de retrouver les émotions ressenties en exerçant son métier de journaliste. « Je deviens quelqu’un d’autre, je conduis la voiture du propriétaire de ma nouvelle maison, je partage ses adresses, je fréquente ses voisins, j’écoute ses disques et lis ses livres... J’ai vécu en immersion totale chez un couple qui vivait 100 % bio. On a biné le jardin potager, fait du compost, acheté notre nourriture dans leurs boutiques spécialisées... »
Echanger son home sweet home n’a rien d’anodin. C’est presque un acte de résistance, voire carrément une forme raffinée de mondialisation positive. Un échange, ça se travaille, se prépare et se partage; Ca se vit avant et ça se prolonge après. Dés le retour des vacances parfois, les plus enragés se replongent sur Internet pour préparer le prochain périple: "Ce n’est pas une corvée, c’est un délice, une façon d’être encore ailleurs » raconte Marion Lasserre, propriétaire d’un joli pigeonnier dans dans la Drôme. Son premier véritable échange avec des inconnus (elle avait tenté l’aventure avec des amis parisiens), elle l’organise pour une occasion spéciale : le mariage de sa soeur à Montréal. « Pour loger ma famille – nous avons trois enfants – la formule paraissait idéale, d’autant que ma dernière était un nourrisson à l’époque. Nous nous sommes retrouvés dans une belle maison avec piscine et une salle de jeux au sous-sol qui a fait le bonheur de mes aînés. » Sa mère, Marie-Claude, 72 ans, a partagé cette première expérience : « Les parents de mon gendre sont de fervents adeptes, comme nombre de Canadiens et d’Américains. Lorsqu’ils sont venus en France avant le mariage, j'ai été frappée par la délicatesse avec laquelle ils se comportaient alors qu'ils laissaient une très jolie maison à Montréal. Ce respect mutuel pour la propriété des autres, qui n’existe pas en location, a fini de me convaincre. » Aujourd’hui, Marie-Claude passe plusieurs mois par an outre-Atlantique, en échangeant ses appartements de Lyon et d’Antibes.
S’il vaut mieux s’y prendre six mois à l’avance pour organiser un lointain voyage, il n’est jamais trop tard, pour peu que l’on reste ouvert à l’inattendu. « Avec mon compagnon, nous nous sommes retrouvés à Vigo, en Galice (Espagne), un lieu délicieux où je n’aurais jamais eu l’idée de mettre les pieds, s’amuseHélène. L’échange a donc motivé le choix de la destination, et au bout du compte, c’était magique ! » C’est aussi cela le principe, saisir au vol l’opportunité qui passe, attendre l’inattendu.
Ainsi, pour son premier échange, Martin Rubio n’a pas eu le choix : ce fut la Suède: « Sur place, nous avons découvert une maisonf abuleuse – le propriétaire était architecte – avec des puits de lumière, un jardin extraordinaire, une chambre pleine de jouets pour mes jumeaux, un mur d’escalade, un trampoline...Une expérience initiatique ! »
Comme en amour, la première fois a tout de la révélation, et les échangeurs en parlent unanimement avec ferveur. Pascale a roulé sa bosse, atterrissant parfois dans de véritables paradis, une maison superbe derrière une plage idyllique à Hawaï, une autre, immense, en Floride, une maisonnette du quartier antillais de Londres...
Mais elle garde une tendresse particulière pour sa première fois, au Mexique, dans une belle demeure, face au Pacifique: "On avait l'impression d'être dans La Nuit de l'Iguane ! Je me suis sentie mal à l'aise, au regard des 100 mètres carrés que je laissais place des Ternes, à Paris. Mais en fait, la propriétaire, une américaine, a été emballée. Elle me parle encore de mon fromager et de mon marché ! C'est cela qui est intéressant. Nous n'avons pas les mêmes critères d'un pays à l'autre. Pour nous le luxe c'est l'espace, quand ailleurs ce sera le charme intime d'une ville comme Paris ou d’un village du coeur de la France. »
Si la gratuité du gîte est une motivation réelle, elle n’est pas essentielle. « Certes, cela permet des extras, raconte Mireille Neyens. Il y a deux ans, dans le Colorado, mon mari en a profité pour survoler le Grand Canyon en hélicoptère, et moi, pour l’épouser à Las Vegas ! A sa grande surprise, et celle encore plus grande de nos enfants... Mais l’absence d’acte marchand a surtout l’avantage de simplifier les rapports humains. On est dans la réciprocité, le respect de l’autre. En revanche, je tiens à payer ma cotisation à un site payant sur lequel je sais avoir affaire à des partenaires motivés et décidés".
En outre, l'échange favorise souvent les déplacements en famille avec des enfants très jeunes parfois, et ce paramètre emporte souvent la décision du passage à l'acte. Cette liberté de partir en nombre concerne aussi les copains. C'est ainsi que Marion et son mari, un couple d'amis et leurs familles respectives ont pu échanger leurs deux maisons drômoises contre un château en Ecosse, sur dix hectares de terres et un jardin à la française, avec gouvernante, jardinier et tout le tralala... "Mais je garde aussi de grands et beaux souvenirs de lieux plus humbles, comme une petite maison de pêcheur que nous avons occupée sur la Loire à côté du château d’Amboise... »
Parmi les arguments opposés par les réfractaires à l’échange, il y a cette crainte de laisser son chez-soi, son intimité – pis, son lit ! – à des étrangers. Mais comme le souligne sagement Renée Neyens, la mère de Mireille, vingt ans de pratique et quarante échanges à son actif, « il est bien pire selon moi de dormir dans une chambre d’hôtel ou sur un lit d’hôpital ! J’y trouve à l’inverse l’avantage d’avoir quelqu’un à demeure qui s’occupe des plantes et surveille la maison, cela me rassure. Et je ne mets rien sous clés. » La peur de la casse, ou du vol, revient aussi souvent. Mais les problèmes vont rarement au-delà du bibelot brisé ou d’une machine en berne, remboursés ou remplacés. Nous sommes chez eux, ils sont chez nous, cette réciprocité a valeur de garantie, de règlement tacite. Car il existe un petit quelque chose de clanique, de soudé et d’amical entre les échangeurs. « C’est vrai, admet Martin Rubio, on se retrouve un peu entre initiés. Mais des initiés qui ne demandent qu’à ouvrir davantage leur coeur et leur porte. »
LE PARISIEN (2010)
On est champions du monde… de l’échange de maison
Il est encore temps d’échanger son logement pour partir cet été à moindres frais. Les Français sont de plus en plus nombreux à être séduits par le troc de maison. Vous êtes fauchés et vous rêvez cet été de week-ends à Rome, de longues randonnées au Canada ou de farniente sur les plages de Méditerranée ? Ne vous découragez pas. Locataire ou propriétaire, il est encore temps pour vous de devenir « échangeur » en vous inscrivant sur le Web pour troquer votre logement pendant les vacances et ne pas débourser un centime.
Sachez que la France est la destination la plus demandée sur les sites d’échange et que de plus en plus de Français sont séduits par cette formule économique. Comme le révèle le premier ouvrage qui vient d’être publié sur la question*, le nombre d’inscrits sur l’ensemble des sites a augmenté de 30 % entre fin 2008 et fin 2009. Sur Trocmaison.com, équivalent français du leader mondial Homexchange, on recense environ 10 000 offres américaines, mais plus de 5 000 françaises. « Ce n’est pas une mode passagère, les Français sont champions du monde du troc de maison proportionnellement à la population ! » vante William Heinze, responsable du site. Les échangeurs hexagonaux sont à 70 % des familles avec enfants et 20 % des retraités qui n’hésitent plus à entreprendre des voyages plusieurs fois dans l’année. Si l’Ile-de-France arrive largement en tête des offres, la Provence-Alpes-Côte d’Azur, Rhône-Alpes ou la Bretagne ne sont pas en reste.
* « Echanger sa maison, le nouvel esprit du voyage », de Pascal Senk et Martin Rubio, Editions des Equateurs, 18 €.
20 MINUTES (2010)
La france loue le troc de maisons
Cette pratique anglo-saxonne est plébiscitée par les internautes
La crise n'empêche pas les voyages. Surtout quand on habite le pays le plus visité au monde. C'est le constat que semblent faire les Français, de plus en plus séduits par les échanges d'appartements ou de maisons. Cette pratique simple, économique et conviviale prend de l'ampleur. Elle semble même vivre son âge d'or. Entre 2008 et 2009, les inscriptions sur la soixantaine de sites français, (trocmaison, switchome, etc.), ont augmenté de 30 %. Sur les plates-formes les plus importantes, 20 000 logements s'échangent en permanence, dont 5 000 maisons françaises. Pour cet été, les derniers prêts d'été se négocient en ce moment (lire encadré). Frédéric, chef d'entreprise, s'est mis au « home exchange » il y a cinq ans. Chaque été, il troque un mois son bel appartement montpelliérain contre « des maisons extraordinaires » en Amérique du Nord : Toronto, Hawaï, Chicago et Montréal cet été. « Les Américains sont très échangeurs, et c'est plus simple d'avoir à peu près la même culture. On évite les mauvaises surprises au retour. » Sa sœur Sophie, elle, fait régulièrement des échanges en France. Cet été, elle laissera son petit appartement parisien pour se promener dans le Jura, en Ardèche et dans le Loiret. « La France entière devient une résidence secondaire », s'émerveille-t-elle, avant d'ajouter : « Je n'ai pas beaucoup de moyens. Sans échange, je n'aurais jamais pu partir à Madrid pour le Nouvel An. » En France, Paris et le Sud demeurent les destinations les plus demandées. Pour profiter des meilleures offres, mieux vaut donc proposer soi-même un bien de standing élevé. Si l'échange de maisons se développe, ce sont donc les catégories sociales les plus favorisées qui en bénéficient. Pourtant, les locataires pourraient s'y mettre. Légalement, rien ne les empêche de prêter leur appartement.
FEMME ACTUELLE (2010)
Echanger sa maison pour les vacances La nouvelle tendance touristique du moment est de "troquer" sa maison contre une autre, le temps d'un court ou d'un long séjour. Comment faire ?
L'échange de maison séduit de plus en plus de personnes désireuses de faire des économies sans se priver du plaisir de partir en vacances. En moyenne, l'échange de maison permet des économies de plus de 50 %. Selon Lonely Planet, quelque 250 000 échanges s'effectuent chaque année dans le monde. Le principe est simple : les "échangeurs" de maison s'inscrivent sur un site spécialisé (payant) en détaillant leur logement. Ensuite, libre à eux de se contacter pour négocier les modalités d'échange. Le site Internet n'intervient pas dans le processus d'échange. La garantie offerte par le site est le remboursement des frais d'inscription si aucun échange n'a eu lieu dans l'année. Le troc de maison existe depuis les années 50 aux Etats-Unis et se développe en France depuis quelques années. Tous les profils sociaux et professionnels se laissent gagner par ce nouveau mode de villégiature, de la famille avec enfants, aux célibataires en passant par la bande d'amis. Tout le monde y trouve son compte. Au-delà du côté pratique, l'échange de maison est un moyen de nouer des liens avec des personnes aux quatre coins du monde. Par exemple, en plus de laisser leur maison, les propriétaires laissent souvent à l'adresse des locataires une liste de bonnes adresses et de visites à effectuer dans le coin. Les familles apprécient d'avoir à leur disposition des jouets pour les enfants et les célibataires d'avoir à disponibilité un lecteur DVD ou parfois même une piscine. Les seules précautions à prendre pour échanger sa maison sont relatives aux assurances. L'assurance habitation doit couvrir les dégâts causés par un tiers. Si les "troqueurs" ont réalisé en plus un échange de véhicule, il faut s'assurer que l'assurance voiture couvre également les dégâts et accidents causés par un tiers.
LES ECHOS (2010)
Les Français, parmi les champions du monde de l'échange de maison
Dans la quête de vacances moins chères et originales, les Français emboîtent le pas aux Anglo-Saxons et sont de plus en plus nombreux à vouloir échanger leur appartement citadin contre une villa californienne. Le principe est le même sur les sites qui ont envahi la toile: des familles et des retraités, souvent propriétaires, présentent leur logement, et indiquent leurs dates et les destinations souhaitées. Si les échangeurs trouvent leur bonheur, ils font connaissance par mail. "On pensait que personne ne viendrait dans notre 60m2 à Paris". Cette parisienne n'a eu aucun mal à échanger son logement façon loft avec cour, contre un grand appartement au bord de l'océan en Nouvelle-Zélande et une propriété en Tunisie. "C'est typique de ce que recherchent les étrangers", dit cette enseignante. A l'instar des Anglo-Saxons, friands de cette pratique qui se développe, les Français sont de plus en plus nombreux à se lancer dans "l'échangisme immobilier", pour un week-end à Deauville ou cinq semaines à l'autre bout du monde. Chez trocmaison.com, branche francophone de l'Américain homeexchange.com, les "échangistes" français arrivent derrière les américains (plus de 11.000 offrs) qui restent prédominants. Sur un nombre d'offres internationales passé de 20.000 en 2008 à 33.079 aujourd'hui, celui de logements français a été multiplié par dix en cinq ans. Il atteint 5.835 annonces à ce jour, avec 90% d'échanges concrétisés chaque année. "La crise a accéléré la hausse du nombre de nos adhérents", justifie William Heinzer, un responsable de Trocmaison. Cette formule peut permettre d'économiser plus de 50 % sur le budget vacances, estiment les professionnels qui facturent à leurs adhérents de 83,5 à 135 euros de cotisation annuelle, selon les sites. Autre exemple, cet agent de maîtrise de La Poste, a échangé sa résidence d'Aix-en-Provence contre des maisons en Espagne, Irlande et Sardaigne. Coût de l'opération: 1.000 à 1.500 euros pour 15 jours de vacances avec sa femme et ses deux enfants, avion, nourriture et location de voiture compris. La formule est très prisée des professions libérales et des cadres, "qui veulent autre chose qu'un hôtel quatre étoiles", note William Heinzer. Si les Français sont de plus en plus candidats à l'échange c'est aussi parce qu'ils ont un atout considérable, celui d'habiter dans un pays qui fait rêver, notamment les Nord-Américains et les Australiens. Les résidents des grandes villes, de la Côte-d'Azur ou de la façade atlantique ont toutes les chances de trouver leur bonheur ailleurs, avec une préférence pour l'Italie, l'Espagne et les Etats-Unis. Ceux qui ont testé ce concept, né dans les années 50, se répandent en éloges sur les forums touristiques tandis que UFC Que Choisir ne fait état d'"aucune remontée de problèmes".
LE REPUBLICAIN LORRAIN (2010)
Le troc de maisons « C’est un état d’esprit »
« Nous sommes ouverts à toute proposition : péniche en Hollande, yourte au Kirghizistan, cabane en bois au Canada. » Voilà comment la famille Gaudel se présente sur le site internet de Trocmaison.com. Ce couple de Vosgiens d’une quarantaine d’années, et ses trois enfants de 3 à 7 ans, ont déjà échangé leurs maisons à quatre reprises ces dix-huit derniers mois. Pour des destinations un peu moins originales que sur leur annonce : Paris, la République Tchèque, Versailles et la Wallonie. « Savoir que des inconnus dorment chez moi ne me fait plus rien », confie Sophie, enseignante, et un peu réticente au départ : « La première fois qu’on rentre chez soi, on se demande dans quel état on va trouver la maison. Mais ça s’est toujours bien passé. Il faut juste accepter que les choses ne soient pas toujours rangées à leur place. » La pratique a en tout cas considérablement amélioré leurs conditions de voyage : « Partir avec trois enfants nécessite une grosse intendance. En camping, on est tributaires de la météo. Dans les hôtels, c’est compliqué et les chambres sont souvent pour quatre. Là, on échange avec des familles qui sont dans le même cas. Comme ça, on a tout à disposition. Même les jouets ! » Financièrement, l’opération est également très économique : « Sans cela, nous n’aurions pas pu faire tous ces voyages en aussi peu de temps. » Installée à Mandray, près de Saint-Dié, cette famille a aussi pu mesurer le pouvoir d’attraction des Vosges : « On a pas mal de propositions. La proximité avec l’Alsace, le ski et le lac de Gérardmer intéressent. » Les photos de leur grande maison et de leur jardin, ouvert sur la nature, ne laissent pas non plus indifférents. Les Gaudel n’ont qu’une exigence : que les hôtes soient aux petits soins avec Flatween, le chat, et les deux tortues terrestres. Confiance réciproque Ils mettent également à disposition des modes d’emploi, traduits en plusieurs langues et des produits locaux. « Le seul inconvénient, ce sont les annulations de dernière minute. » Leurs vacances d’août, en Slovénie, viennent de tomber à l’eau : « Mon mari a envoyé 170 courriels le soir même. On a déjà deux réponses positives pour Nîmes ou Barcelone. » Bénédicte Goutière, la quarantaine, partage le même enthousiasme. Cette professeur d’allemand, à Metz, a démarré les échanges en 2008. Ces logeurs germaniques ont laissé sous le paillasson les clés de leur grande maison sur les bords du lac de Constance pendant qu’elle confiait, à ses voisins, celles de son appartement de la place Saint-Louis. « C’est un état d’esprit. J’aime cette idée. Elle est généreuse. Je pense qu’on ne peut tomber que sur des gens ouverts. Il est certain qu’il ne faut pas être trop attaché à tout ce qui est matériel. Mais la confiance est totale car il y a cette réciprocité. » La preuve, elle a déjà lié de belles amitiés : « Deux ans après, je suis toujours en contact avec des Néerlandais. Nous nous sommes rencontrés et leur fille m’a fait visiter Amsterdam. » L’authenticité séduit aussi : « On se met dans la peau des gens, tout en ayant rapidement l’impression d’être chez soi. Et puis c’est quand même plus confortable qu’une location classique. » Cet été, elle part en Saxe, près de Dresde : « Nous avons convenu de nous préparer mutuellement le premier dîner. »
Echange appartement contre villa au bord de l’eau. Le site internet Trocmaison. com. Leader du marché français, a été popularisé en 2006 par le film The Holiday, avec Cameron Diaz et Kate Winslet.
L’échange d’habitations pour s’offrir des vacances à moindre frais commence à apparaître en France. En Lorraine, plusieurs familles ne jurent que par ça et multiplient les expériences. Témoignages. Vous n’avez plus un centime et vous rêvez quand même de vacances à New York, dans le Sud de la France, en Bretagne, à Paris ou au Québec ? Ce n’est peut-être pas perdu. Grâce au troc d’habitations. Une pratique à la portée de tous, que vous soyez propriétaires ou locataires. « Elle vient des Etats-Unis. Elle a explosé dans les années 90 avec l’émergence d’internet et se développe en France depuis deux ou trois ans », explique Christelle Mistrot-dit-Pachet, responsable relations membres pour le site Trocmaison.com. Leader du marché français, il a été popularisé en 2006 par le film The Holiday, avec Cameron Diaz et Kate Winslet : « La progression du nombre de nos membres ne cesse de s’accélérer : 8 000 en 2005, 14 000 en 2007, 26 000 en 2009 et 36 000 à l’heure actuelle. » Parmi eux : 5 800 Français, dont 19 Lorrains. Ils disposent de possibilités d’échanges dans 130 pays différents. Moyennant un abonnement annuel de 83,4 € ou trimestriel de 32,85 €.
Pour l’instant, les adeptes sont à chercher plutôt dans les catégories CSP + : « Nous avons beaucoup de professions libérales ou d’enseignants. Ce sont surtout des familles avec enfants. » Être Français constitue un atout indéniable. Le pays le plus touristique au monde est aussi celui le plus demandé en termes d’échanges. Inutile de préciser qu’à ce petit jeu-là, il est forcément plus facile d’être Parisien, Tropézien ou Basque que Lorrain. Mais la plus grande des difficultés consiste à faire fi de ses réticences. Accepter qu’un inconnu dorme dans ses draps et utilise sa télévision ou sa baignoire n’est pas à la portée de tout le monde.
Pour partir l’esprit tranquille, mieux vaut contacter sa compagnie d’assurance. Elle devrait vous dire que votre contrat couvre ce genre d’échanges, de la même manière que si vous receviez des amis. « Il est rare qu’il y ait de gros problèmes. Et s’il y a un peu de casse, les gens s’arrangent à l’amiable », indique Christelle Mistrot-dit-Pachet. La réciprocité faisant office de garantie, les doléances sont rarissimes : « En général, cela concerne la propreté. Nous n’avons pas tous le même seuil de tolérance concernant le ménage et l’ordre . Il est aussi arrivé que des gens viennent à 8 au lieu de 4. » Les membres sont invités à donner, sur le site internet, un avis sur leur échange. Trocmaison propose aussi, inclu dans l'abonnement, une assurance annulation, pour rembourser les frais engagés à ceux dont l’échange échoue au dernier moment pour une raison majeure. C’est un des désagréments les plus fréquents. Car rien ne lie les échangeurs. La règle de base : c’est le bon sens ! Chacun est libre de dicter ses conditions : pas de fumeurs, s’occuper des animaux domestiques, etc. Libre aux autres de les accepter ou pas. Et de se lancer dans ce « vis ma vie » qui séduit de plus en plus d’adeptes.
LE JOURNAL DE SAÔNE ET LOIRE (2010)
Le tour du monde en échangeant sa maison
Échanger sa maison pour les vacances permet de partir, parfois loin, sans payer de location. Motivation. Les « échangeurs » veulent partir hors des sentiers battus, dans des endroits avec une âme. vous rêvez de farniente au bord de la mer ou de promenade au cœur de la montagne et votre compte est au bord du rouge ? De plus en plus de Saône-et-Loiriens ont trouvé la solution pour partir, sans se ruiner.
Pas de frais de location
Marc Dailloux qui a commencé à échanger sa propriété de La Chapelle-sous-Uchon en 2004 grâce au site Trocmaison. Cette année, il va même plus loin, puisqu’il laissera aussi à disposition de ses hôtes sa voiture. « Pour une inscription annuelle de 50 ou 60 euros, lance-t-il, j’ai pu partir avec mes deux filles de 9 et 12 ans en Bretagne, en Normandie… Pour pratiquer ce mode de villégiature il faut avoir une certaine ouverture d’esprit. Les personnes, qui échangent leur maison, sont respectueuses. Ils ne vont pas faire chez les autres, ce qu’ils n’aimeraient pas que l’on fasse chez eux ! »
Les locataires aussi
Souvent, les locataires n’osent pas sauter le pas, alors qu’ils en ont tout à fait le droit ! Après, il est vrai que plus votre maison ou votre appartement sont sympas, et plus l’échange sera intéressant et facilité. En plus de la villa au Maroc avec piscine, Marc et sa petite famille va aussi poser ses valises dans un 180 m 2 sur les Champs-Élysées. Le fait que sa maison, nichée au cœur du Morvan, dispose d’une piscine a sans doute dû jouer… « J’ai déjà eu des propositions au Canada, aux États-Unis et même à Honolulu », se souvient-il.
LE PARISIEN (2009)
Troquer son chez-soi, c'est tendance
C’est gratuit, ou presque, puisqu’il suffit de payer le transport pour se rendre sur place. Initié par les Anglo-Saxons et les Scandinaves il y a des dizaines d’années, l’échange de maisons pour les vacances séduit de plus en plus les Français. « Nous avons réalisé un premier trimestre 2009 historique et nous sommes très confiants pour l’été », avoue William Heinzer, l’un des fondateurs du site Internet Trocmaison, 27000 offres actuellement en ligne contre 20 000 l’an dernier à la même époque. La formule présente en effet bien des avantages économiques. « La crise amplifie le phénomène, poursuit-il. Les Français veulent continuer de partir en vacances, mais sans dépenser trop. Ils se méfiaient, ne voulaient pas laisser les clés de leur logement à des inconnus. Mais ils savent aujourd’hui que le système a fait ses preuves. Ce n’est plus un étranger qui débarque chez eux, mais quelqu’un avec qui on a été en contacts réguliers. »
NOS CONSEILS : mieux vaut habiter dans Paris ou une zone touristique (en Provence, Côte-d’Azur, Bretagne…) et proposer également l’échange de votre voiture pour avoir les meilleures chances de troquer son deux-pièces contre une villa américaine de 200 m 2 avec piscine ! Passez de préférence par un site reconnu en payant un abonnement.
LE PARISIEN (2008)
Elodie voyage sans jamais payer une note d’hôtel
A peine revenue de Bruxelles, Anne, 41 ans, prépare déjà son voyage en Italie.
Un beau programme en seulement trois mois et… sans dépenser un centime en chambre d’hôtel. Anne a tout simplement échangé son trois-pièces de Belleville (XXe) avec des touristes Italiens. Elodie a accueilli dans ses 35 m2 des Danois, alors que Marie-Hélène a reçu des Américains dans son appartement de l’Etoile.
Cette formule économique pour partir en vacances connaît aujourd’hui un véritable succès. Le site Home Exchange, lancé en 1997, et sa version française Trocmaison, créé en 2005, multiplient les inscriptions dans la capitale. Trois Parisiennes nous donnent leursconseils.
Des économies et des contacts. « Avec le logement gratuit, on peut partir loin et longtemps », assure Elodie, cette Parisienne de 34 ans, qui habite un coquet appartement dans le quartier de la gare de l’Est. Mais il ne faut pas le faire uniquement par économie, « il est primordial d’être ouvert aux autres », précise Anne, qui accueille Italiens et Belges chez elle. Ces hôtes de la capitale, ouverts sur les étrangers, affirment n’avoir d’ailleurs jamais eu de mauvaises surprises : « Tout est question de confiance. J’ai envie qu’on traite bien mes affaires, alors je vais bien traiter celles des autres », indique Elodie, habituée aux visiteurs Danois et italiens.
Vivre comme chez soi. Marie-Hélène, 40 ans, domiciliée dans le VIIIe, dans un superbe 150 m2 derrière l’Etoile, pratique l’échange d’appartements depuis douze ans avec des Américains. Quand elle profite à son tour de leur hospitalité, elle se sent « moins touriste ». « On est tout de suite accueilli par le voisinage, on partage leur vie quotidienne… On se retrouve véritablement dans leur peau ! » Pour Elodie, vivre dans un appartement est synonyme de liberté et d’indépendance : « On a un chez soi, ce qui permet de vivre à son propre rythme, sans contraintes. » Ce qu’elles ressentent à l’étranger, les visiteurs américains ou japonais le vivent, eux, à Belleville comme dans le Marais.
Idéal pour la famille. « J’ai cinq enfants, témoigne Marie-Hélène. Jamais je n’aurais pu les emmener tous àl’hôtel. Cela m’a permis de partir trois semaines sans avoir une note faramineuse ! » Anne, mère d’une petite fille, confirme : « A l’hôtel, les bébés sont ingérables. Avec cette formule, ils vivent comme à la maison et sont moins perturbés. »
Mais quelques contraintes. « Echanger son appartement implique beaucoup de travail, assure Marie-Hélène. Il faut laisser sa maison propre et nette tout en préparant ses valises. Et quand on quitte la maison de ses vacances, rendre l’endroit dans l’état où on l’a trouvée. » Une simple question de savoir-vivre...chez les autres.
LE FIGARO
Echange appartement français contre villa américaine
Des vacances à moindres frais et qui permettent de se sentir chez soi à l'étranger, voilà ce que promet l'échange de maison. Conseils pratiques pour profiter d'une formule en plein essor.
Prendre ses quartiers d'été chez d'illustres inconnus et avec ça, s'y sentir comme chez soi… Valérie, son mari et leurs deux enfants ont expérimenté la formule l'été dernier, en échangeant leur appartement parisien contre une petite maison du quartier de West Portal, à San Francisco. «Financièrement, c'est une aubaine », reconnaît Valérie. Un mois de vacances en famille, à l'hôtel, ils n'avaient tout simplement pas les moyens. « En plus, quel plaisir de s'installer dans un quartier comme si on y habitait et de faire ses courses, de prendre les transports en commun…»
En trois ans, le site www.homeexchange.com, premier réseau mondial de sites d'échange de maisons pendant les vacances, a triplé le nombre de ses clients. « Nous avions 8 000 membres en 2005, se souvient William Heinzer, responsable de www.trocmaison.com, la version française du site homeexchange. Aujourd'hui, nous en comptons près de 25 000, dont plus de 4 000 en France.» Présent dans 110 pays, le site existe en sept langues. «Échanger sa maison pendant les vacances, c'est une économie de 70 % par rapport à une formule classique, hôtel + restaurant, calcule William Heinzer. Finalement, on ne paie que le transport. » Avec la crise, un argument choc. Décortiquons.
Est-ce que tout s'échange ?
En théorie, oui. Échanger une maison avec piscine contre un petit appartement parisien, ce n'est pas le cas le plus courant, mais ce n'est pas impossible. Il suffit que quelqu'un ait envie de venir chez vous. Et pour cela, selon Valérie, « les photos seront déterminantes : sexy sans être mensongères ». Les sites d'échanges sont ouverts à tous, propriétaires ou locataires. Vous y ferez connaissance de passionnés de voyages : des cadres, médecins, avocats ou fonctionnaires, des retraités aussi. Sur Trocmaison, « on trouve également beaucoup d'enseignants qui ont fait le tour des hôtels et des clubs de vacances », selon William Heinzer.
Comment se préparer ?
Les sites d'échange de maisons proposent un réseau d'adresses. À vous de faire le reste. Notre amie Valérie a commencé ses démarches au printemps pour un départ en août à San Francisco. Elle n'a jamais rencontré son hôtesse américaine, mais elle a beaucoup correspondu avec elle avant de partir. La clé, c'est de partir en confiance.
Faut-il souscrire une assurance particulière ?
Le troc de maisons n'est pas une transaction commerciale, c'est l'équivalent d'une invitation. En principe, une assurance multirisque habitation suffit. Vérifiez que vos correspondants sont bien couverts en matière de responsabilité civile. D'un pays à l'autre, ce n'est pas toujours le cas. Interrogé, l'assureur Axa confirme, en ce qui le concerne, que son contrat multirisque habitation couvre le logement en cas de dégât des eaux, bris de glace, incendie et vol, quel que soit l'occupant. Mais le vol ne doit pas avoir été commis par la personne à qui le logement a été prêté. Son contrat, classiquement, comprend aussi une garantie responsabilité séjour-voyage, qui vous couvre lorsque vous séjournez chez un ami moins de trois mois.
Peu t-on prêter sa voiture ?
Souvent, les troqueurs échangent leur voiture. À San Francisco, Valérie a eu un accrochage avec la voiture de son hôtesse américaine, «un vieux modèle en fin de course». Elle a contacté l'assurance et finalement payé les dégâts dont le montant n'a pas été élevé. Entendez-vous à l'amiable pour savoir qui paie la franchise en cas de problème. En règle générale, les contrats d'assurance acceptent le prêt « occasionnel » d'un véhicule sans application de franchise supplémentaire. Prévenez votre assureur, quitte à payer un supplément.
NOTRE TEMPS
J'ai échangé mon appartement
Pour découvrir une ville, un pays, une région de l'intérieur sans se ruiner, pourquoi ne pas échanger sa maison ? Une solution qui séduit Anne-Marie Gourvès, passionnée de voyages.
Bien sûr, c'est une question de confiance. Mais échanger sa maison est vraiment une formule idéale pour ceux qui aiment voyager, comme nous, à moindre frais. La première fois, nous avons fait affaire avec des anglais de Derby qui avaient vu notre offre sur le site trocmaison.com. Nous avons échangé des courriels, des photos et des SMS. Cela nous a permis d'appréhender leur mode de vie. Nous les avons accueillis à Montpellier pour échanger nos clés, leur donner le mode d'emploi de l'appartement et leur confier Tootsie et Minette, nos chats. J'avais entreposé à la caves les quelques affaires auxquelles je tenais particulièrement et dégagé une penderie, le reste était en l'état. J'ai rempli le placard de la cuisine et le congélateur pour eux. Le lendemain, nous étions chez eux, dans une confortable maison en brique.
Nous avons découvert le coeur de l'Angleterre, les jardins, les châteaux, les pubs. Et même un excellent restaurant à Derby, où nos hôtes nous avaient invités pour nous remercier de leur avoir laissé notre voiture à Montpellier.
L'année suivante, nous nous installions à Courtrai, en Belgique, pour une quinzaine de jours. Nous nourrissions les chats et tondions le gazon. Nous étions chez nous. Nous avons flâné dans Bruges et Gand, visité Lille... la famille belge était ravie de soigner nos animaux. A leur arrivée, je leur avais remis le recueil que j'ai spécialement conçu pour ces échanges, avec le mode d'emploi du four et des machines, le plan du quartier, des adresses de commerce, des bons restaurants, des transports, du vétérinaire...etc.
Cette année, nous avons organisé un échange avec des Danois. J'adore les pays du Nord. Cette fois encore, nous les attendrons à Montpellier car nous, retraités, ne sommes pas à un jour de vacances près. Nous arriverons chez eux le lendemain.
Chaque année, en septembre, nous rêvons devant de splendides demeures en Australie, aux Etats-Unis, en Thaïlande... Notre appartement, simple et confortable dans une ville proche de la Méditerranée, est très prisé des étrangers. Dès la rentrée, nous recevons des propositions pour l'été suivant. Nous n'avons plus qu'à sélectionner.
FRANCE SOIR
Bon Plan: Echangez et partez en vacances d'hiver pour 75 euros
"C’est la crise, partez en vacances d’hiver", tel est le slogan de Trocmaison, en précisant que ce n'est pas une provocation. Malgré la crise, c'est un moyen pour partir en famille en vacances d'hiver. www.trocmaison.com est la version en français du premier site mondial d'échange de maisons pendant les vacances, www.homeexchange.com.
Le concept est simple: il faut s'inscrire en payant 75 € pour adhérer. Les membres ne paient que le transport, aucune transaction commerciale. Trocmaison garantit une économie d’au moins 50% sur le budget vacances. Les membres ne payent que le transport. Une fois arrivés, ils sont chez eux gratuitement, le confort d’un vrai foyer en prime. C'est aussi la seule formule qui permet une immersion immédiate et authentique.
Chacun laisse à son partenaire d'échange une liste d'adresses et de balades préférées. Ils ont le choix parmi 24 000 offres d'échange dans 110 pays. Dans un chalet à la montagne, en France ou en Suisse. Ou bien encore au soleil, en Italie, en Espagne, en Guadeloupe, en Martinique ou en Floride.
La réussite de Trocmaison est telle que chaque mois environ 500 nouveaux adeptes s'inscrivent sur l'un des sites en six langues.
VACANCES PRATIQUES
Echanger sa maison
Mon appartement à Paris contre une maison en Italie? L'engouement pour l'échange de maisons ou d'appartements pendant les vacances ne cesse de croître. Trocmaison, un site dédié à ce type de vacances, a désormais plus de 20 000 membres en France.
Grâce au bouche à oreille de toutes les familles qui ont vécu des vacances authentiques en réalisant une économie sur leur budget, le troc de maisons devient très à la mode. Fini les hôtels impersonnels. Vivre dans la maison d'une autre famille induit un rapport plus authentique, plus humain avec le pays visité.
Trocmaison est la version en Français du site anglophone HomeExchange créé en 1997. Il a fallu 9 ans, de 1997 à avril 2006, pour atteindre 10 000 membres et seulement 21 mois pour passer de 10 000 à 20 000 membres. En 2007, le nombre de membre a augmenté de 88%.
ELLE
Vacances, les bons plans de l'échange
Vous rêvez de partir loin mais votre budget se limite au billet D'avion ? Optez pour le troc de maisons ! Conseils avisés
AVANTAGES
C'est économique
On ne paie que le billet d'avion. Sur place,on profite de la maison, de la voiture (les Américains en ont souvent deux), de la piscine... On peut aussi employer la baby-sitter et la femme de ménage. On fait son marché, on vit comme à la maison, mais avec l'exotisme en plus. Du coup, on a moins envie d'aller au resto. Parfait pour le porte-monnaie !
C'est convivial
On ne découvre pas seulement un lieu, mais un mode de vie, un univers. On fait la connaissance d'un pays à travers un quotidien, loin des circuits touristiques traditionnels. Certains partenaires deviennent même des amis !
C'est pratique
On a tout ce dont on a besoin : machine à laver, ordinateur, table à langer, vélos, jouets... Pas la peine d'être propriétaire. Un locataire a le droit de prêter son habitation. Ce n'est pas considéré comme une sous-location, car il n'y a pas de transaction financière. C'est possible même si on a un deux pièces. Un petit appartement dans une grande ville s'échange facilement contre une maison avec piscine à la campagne! Si Paris ou la côte d'Azur restent les destinations les plus prisées, des régions telles que le Bordelais ou l'Alsace sont très populaires aussi. Exemple : une maison près de Pau a été troquée contre un appartement avec deux chambres à Brooklyn !
LES INCONVENIENTS
Des inconnus s'installent chez vous
ll ne faut pas être maniaque...
Pour ne pas avoir de mauvaises surprises: rédigez un court guide d'explications, avec vos interdits, et laissez en vue les notices de l'électroménager, des compteurs d'eau, de gaz et d'électricité. Prévenez des parents et des voisins: ils pourront vérifier si tout se passe bien. Et, enfin, mettez dans un endroit sûr les objets auxquels vous tenez.
Et si on partait au bout du monde ou en week-end romantique sans rien payer ? Il existe désormais un moyen de réaliser vos rêves d'évasion à moindre coût ! L'échange de maison ou d'appartement est désormais un moyen courant d'hébergement pour les vacances. Si le concept en a effrayé certains au départ, il est largement entré dans les moeurs et connaît un grand succès depuis le film The Holiday avec le beau Jude Law*. L'échange présente de très nombreux avantages. Voici un petit guide à l'usage de ceux qui souhaitent se lancer pour la première fois dans l'échange de maison et qui se posent encore quelques questions.
MARIE-CLAIRE
Vacances : et si on échangeait sa maison ou son appartement ?
Vous rêvez de partir à l'autre bout du monde, de découvrir une capitale branchée ou de prendre un grand bol d'air en pleine campagne mais vos revenus ne vous le permettent pas ?
Échanger sa maison ou son appartement permet de faire de larges économies lors de vos vacances tout en ayant une prestation égale ou supérieure à celle que vous auriez pu avoir si vous aviez loué un appartement, une maison ou un hôtel.
De plus, faire un échange d'habitation permet une véritable immersion dans la vie quotidienne de la ville dans laquelle vous allez passer vos vacances. Commerçants, voisins... vous vivrez votre séjour comme une vraie découverte culturelle et sans passer pour les touristes du coin !
Au-delà de tous ces avantages pratiques et économiques, l'échange de maison est une véritable aventure humaine. Il favorise l'ouverture à l'autre et prône des valeurs de partage et de convivialité. De plus, les gens adeptes de cette pratique se constituent un véritable réseau de contacts. Besoin de conseils juridiques d'un avocat, de conseils cuisine d'un chef... ce qui est sûr, c'est que vous partagez avec ces gens des points communs, comme l'amour du voyage et le goût du partage.
Avant de vous lancer, vous souhaitez en savoir plus sur les procédures, les formalités et les pièges à éviter. Voici quelques conseils afin que votre échange de maison se passe dans les meilleures conditions.
- Favorisez les familles qui ont un profil semblable à la vôtre, surtout au niveau de l'âge et le nombre d'enfants
- Avant de conclure l'échange, envoyez de nombreux mails et appelez la personne / la famille afin de sentir s'il y a une affinité et d'être clair sur ce que vous recherchez et ce que vous avez à proposer. Le contact doit passer entre vous. Sinon, mieux vaut laisser tomber
- Prévoyez un accueil par des voisins, des amis ou un membre de la famille qui puisse faire découvrir à vos échangeurs le lieu et expliquer les points importants
- Pensez à écrire un petit guide d'utilisation de la maison afin que les nouveaux arrivants sachent s'ils ont des choses à faire : arroser les plantes, entretenir la piscine, faire marcher le sèche linge... mais aussi le numéro du vétérinaire si vous laissez votre animal, celui du médecin de famille en cas d'urgence...
- Un petit cadeau de bienvenue peut être une délicate attention qui se pratique de plus en plus au sein de la communauté des échangeurs. Cela peut être une bouteille de vin typique, un bouquet de fleurs...
- Afin que vos hôtes passent un séjour agréable, vous pouvez les aider en leur laissant une petite liste des bons plans du quartier, des lieux incontournables, du meilleur boulanger du coin, de l'endroit où ils pourront savourer de délicieux macarons...
- Pour que les personnes qui vivront chez vous se sentent vraiment à l'aise, il est conseillé de leur faire une petite place dans le dressing afin qu'ils puissent y ranger leurs affaires
- Il est recommandé de laisser un minimum de choses utiles afin que les occupants ne soient pas dépourvus du nécessaire en arrivant chez vous : papier toilettes, huile, sel, sucre...
SUD-OUEST (2010)
« Home exchange », leur truc c'est le troc Pour partir loin, ils n'hésitent pas à échanger leur maison. Exemple.
«Je suis horticulteur et je passe mes vacances avec ma fille de 4 ans. J'aime la nature, la randonnée, les beaux paysages et les découvertes gastronomiques et culturelles. Nous avons un chat très câlin. Soigneux et ordonnés de caractère, nous avons le souci de respecter au mieux votre habitat. »
Voilà pour le texte de présentation de la famille. Auparavant, il y a bien sûr la description de la maison en bois de style contemporain et une série de photos qui racontent déjà un style de vie, une approche de la nature. Première étape avant un échange de mails qui a permis à Patrick Hugli et à sa famille de partir en vacances aux États-Unis, en Angleterre, mais aussi en France grâce à la pratique du « home exchange », ou échange de maison en français.
Économique
« Le premier échange que nous avons effectué a eu lieu en 2007. Nous avions envie de voyager. On avait entendu parler de cette pratique et nous nous sommes inscrits sur le site trocmaison.com. Pour nous, la première raison était financière. » Patrick et sa famille, qui vivent dans la proche banlieue bergeracoise, ont envie d'une escapade aux États-Unis. Mais peu d'Américains, qui rêvent de la France, mettent dans leur premier choix, Bergerac ou le Périgord pourpre, pour un échange. Il aura fallu près d'un an avant qu'un contact puisse se nouer d'abord sur Internet. « On voit déjà avec le premier descriptif de la maison de la famille si les modes de vies correspondent. Puis, au fur et à mesure que l'on avance un peu plus dans l'échange, cela confirme ou pas le premier sentiment. Nous avons fini par trouver une famille de San Francisco qui voulait réaliser un périple en Europe dont une étape en Dordogne. » Parfois, les critères qui emportent l'adhésion sont inattendus. « Quand on va dans une maison où il y a une chambre d'enfant et que l'on a soi-même un enfant en bas âge, c'est très important de retrouver sur place tout ce qui correspond à l'univers d'un petit et même un décor qui peut rasséréner après des heures d'avions. » « Un côté un peu écolo »
Jusqu'ici, aucune expérience n'a déçu Patrick : « Nous sommes partis l'année suivante en Grande-Bretagne et là nous avons même échangé nos voitures. Jamais nous n'avons eu à regretter. Et s'il y a eu des dégradations (éraflures dues à la conduite à droite), elles n'étaient pas volontaires… »
Selon Patrick Hugli, l'avantage de ce troc va désormais au-delà du financier : « Il y a un côté plus humain. En Angleterre à notre arrivée, on avait trouvé des petits présents dont une bouteille de vin et de quoi dîner dans le réfrigérateur. Pour moi également, il y a un côté un peu écolo. Ça évite de construire des bâtiments pour les vacances ou de laisser inoccupés des lieux qui pourraient parfaitement convenir à d'autres. Le partage, c'est plus enrichissant. »
Le Dauphiné (2010)
"Echangeons maison, chat, bonnes adresses..."
En juillet, ils quitteront Ugine, laisseront leur maison, la chatte, un plat du pays au frigo et des idées de balades dans toute la Savoie. En route pour deux semaines du côté de Poitiers dans une villa de 200 mètres carrés au milieu d'un grand parc. Pour Isabelle et Nicolas Perrin, l'échange de logements, c'est plus un mode de vie et de vacances qu'une question d'argent. Il y a eu Paris, Londres, Barcelone, Nice l'été dernier, en attendant Montréal et la Californie pour de prochaines vacances.
« Il y a une convivialité que l'on ne retrouve pas ailleurs. On commence par faire connaissance par mail. Puis on s'envoie des photos, on se téléphone et c'est parti », résume cet ingénieur en informatique qui n'a jamais eu à déplorer le moindre problème en cinq ans d'échanges. « On s'écrit au moment des vœux. Le couple parisien chez qui nous avions passé deux semaines nous a même proposé son appartement quand ils ne sont pas là. »
La maison ne reste pas vide
Autre avantage pour M. et Mme Perrin : la maison ne reste pas vide et la chatte est entre de bonnes mains. Rien d'étonnant de voir ce mode de vacances attirer de plus en plus de monde. S'il existe depuis plus de 50 ans dans les pays anglo-saxons, le système a mis du temps à convaincre en France.
Pour les uns, c'est le refus de voir l'intimité de leur foyer découverte par des inconnus. Ils n'imaginent pas leur lit et leur salle de bains utilisés par des couples qu'ils n'ont jamais vus. D'autres craignent des dégradations ou un manque de soin apporté à un intérieur auquel ils sont attachés.
Tout repose sur la confiance
Autant d'appréhensions qu'ignorent les "échangistes". Comme cette famille de Challes-les-Eaux qui laisse maison, voiture et matériel de ski quand ils partent voyager avec leurs trois enfants. Même confiance affichée chez ce couple chambérien qui propose sa maison en plein centre-ville pour partir en Dordogne. Ou chez ces habitants d'Aiguebelette qui veulent découvrir l'étranger. À Sainte-Foy, les propriétaires d'un chalet rêvent de découvrir la Nouvelle-Zélande, l'Australie, et les pays nordiques. Ils se sont inscrits sur le site "Trocmaison", qui assure proposer 35 000 offres. Avec des témoignages d'adhérents qui montrent bien la diversité sociale des amateurs d'échanges : artisan, architecte, comptable, enseignant, responsable de marketing, et des retraités. Les questions d'argent sont rarement exprimées, au profit des expériences vécues et des amitiés nées de ces rencontres.
Un bon échange ne s'improvise pas. Il faut prendre le temps d'aborder toutes les questions pratiques, et sans tabou. Parler du nombre de personnes accueillies, de l'âge des enfants, de l'envie ou non de devoir nourrir un petit Siamois ou un gros Saint-Bernard... Il faut faire vite pour cet été. Mais rien n'est trop tard pour l'hiver prochain. Isabelle et Nicolas Perrin assurent recevoir près de 50 demandes avant chaque saison de ski. En toutes saisons, la Savoie est une destination très recherchée.
Femme Actuelle
Echanger ma maison : partir en vacances tout en économisant de l'argent
La nouvelle tendance touristique du moment est de "troquer" sa maison contre une autre, le temps d'un court ou d'un long séjour. Comment faire ?
L'échange de maison séduit de plus en plus de personnes désireuses de faire des économies sans se priver du plaisir de partir en vacances. En moyenne, l'échange de maison permet des économies de plus de 50 %. Selon Lonely Planet, quelque 250.000 échanges s'effectuent chaque année dans le monde.
Le principe est simple : les "échangeurs" de maison s'inscrivent sur un site spécialisé (payant) en détaillant leur logement. Ensuite, libre à eux de se contacter pour négocier les modalités d'échange.
Le troc de maison existe depuis les années 50 aux Etats-Unis et se développe en France depuis quelques années. Tous les profils sociaux et professionnels se laissent gagner par ce nouveau mode de villégiature, de la famille avec enfants, aux célibataires en passant par la bande d'amis. Tout le monde y trouve son compte budgétairement et humainement. Au-delà du côté pratique, l'échange de maison est un moyen de nouer des liens avec des personnes aux quatre coins du monde.
Par exemple, en plus de laisser leur maison, les propriétaires laissent souvent à l'adresse des locataires une liste de bonnes adresses et de visites à effectuer dans le coin. Les familles apprécient d'avoir à leur disposition des jouets pour les enfants et les célibataires d'avoir à disponibilité un lecteur DVD ou parfois même une piscine.
Les seules précautions à prendre pour échanger sa maison sont relatives aux assurances. L'assurance habitation doit couvrir les dégâts causés par un tiers. Si les "troqueurs" ont réalisé en plus un échange de véhicule, il faut s'assurer que l'assurance voiture couvre également les dégâts et accidents causés par un tiers.
LE MONDE (2007)
Echanger son toit le temps des vacances facilite les voyages en famille.
Echanger son appartement parisien contre une maison en Californie, ou un mas provençal contre un condo à New-York, la formule connaît un véritable succès en France.
On estime aujourd'hui à plus de 50 000 le nombre d'offres d'échange de maisons ou d'appartements affichées sur les principaux sites spécialisés. Des offres rédigées en plusieurs langues et présentées avec des photos. "D'ici à la fin de l'année, les adhérents de Trocmaison pourront se repérer grâce à des cartes géographiques interactives et se déplacer dans la maison à l'aide de vidéos réalisées par les familles, explique Martine Heinzer, responsable de Trocmaison, filiale française de HomeExchange. Un système d'alerte mis au point par les sites permet de recevoir directement par mail ou par téléphone des offres personnalisées.
Basé avant tout sur la confiance, l'échange de maisons est souvent l'occasion de découvrir de nouvelles terres à moindre coût et de "ne pas se sentir comme un touriste", explique Dominique B., qui a échangé son appartement parisien contre une maison à Bergen (Norvège) en août 2006. "Ce qui est intéressant, c'est que tu arrives directement dans le pays, dans une maison où tu n'es entouré que de Norvégiens. Ils nous avaient laissé les clés de leur maison de campagne, au bord d'un fjord, et leur voiture pour découvrir le pays." Cette année, direction Taïpeh (Taïwan), pour un nouvel échange, mais les billets d'avion seront plus onéreux (5 000 euros, contre 200 euros l'an dernier avec une compagnie low cost). "Cette fois, nous avons été contactés par une famille de Taïwan qui voulait venir en France. L'affaire a été assez longue et il a fallu trois mois pour tout organiser. Mais nous avons tout fait par Internet", ajoute Dominique B.
Isabelle et Pierre P. risquent en revanche de devoir changer leurs projets de vacances cette année, ou au moins leur destination. A quelques semaines du départ, l'échange a du mal à se finaliser. A moins de rester très ouvert quant au choix de la destination. Contrairement à la plupart des familles qui changent de région ou de pays chaque année, eux ont décidé de retourner pour l'été en Californie. Un coin qu'ils aiment et où ils se sont fait des amis au cours des cinq voyages précédents. Mais, cette année, les réponses tardent.
Il faut savoir que l'échange de maisons est une affaire qui prend du temps. Qu'il s'agisse d'un week-end, d'une semaine, d'un mois ou plus, il est essentiel de préciser les engagements de chaque partie. Les dates du séjour, la description des biens et leur utilisation - maison principale, chalet, maison de campagne, vélos, bateau, mode d'emploi du téléphone et de l'ordinateur - doivent être précisées par écrit afin d'éviter tout malentendu... En cas de problème, c'est ce document, dûment signé par les deux partenaires, qui fera foi.
Les organismes d'échange proposent sur leurs sites des modèles de contrat à télécharger et expliquent aux nouveaux adhérents les différentes étapes à suivre pour éviter les mauvaises surprises. Ainsi, il est impératif de vérifier auprès de son assureur la validité de son contrat d'assurance multirisque habitation (MRH), et, en cas de prêt de voiture, de prévenir son assureur. Outre la maison, s'échanger les différents contrats d'assurance et préciser qui paiera la franchise en cas de dommage ou les éventuelles contraventions peut être judicieux. La Fédération française des sociétés d'assurances (FFSA) rappelle sur son site Internet (www.ffsa.fr) toutes les précautions à prendre avant de partir.
LE MONDE (2005).
Un nouveau phénomène du tourisme mondial
C'est un nouveau phénomène du tourisme mondial. De plus en plus de Français, la plupart issus de milieux favorisés, troquent leur appartement contre celui d'autres vacanciers rencontrés sur le Web. La clé du succès : la gratuité, mais surtout le plaisir de "se sentir chez soi ailleurs". Les spécialistes parlent d'une "véritable "explosion" du marché. Grâce à Internet, la formule de l'échange de logements pour les vacances connaît un développement spectaculaire. On troque son appartement parisien contre une maison au Canada, une résidence secondaire en Bretagne contre un chalet dans les Alpes, une maison sur la Côte d'Azur avec un ranch australien. On en profite éventuellement pour échanger les véhicules, demander d'arroser les plantes ou de nourrir le chat...
Selon les estimations des professionnels, plusieurs dizaines de milliers de personnes échangent ainsi chaque année leur logement avec celui d'inconnus grâce à l'inscription sur la douzaine de sites Internet proposant une offre sérieuse. Beaucoup viennent d'Europe du Nord, du Canada, des Etats-Unis, d'Australie - où la formule existe depuis cinquante ans - mais aussi - phénomène plus récent - de France.
Le portrait-robot des adeptes est très homogène : de milieux sociaux favorisés, ils sont enseignants, cadres, professions libérales, chercheurs, parfois retraités - et souvent non fumeurs ! La plupart voyagent en famille et souhaitent trouver un point de chute pratique. Avec, par exemple, une chambre et des jouets pour les enfants, des vélos pour les adultes, un barbecue, une connexion Internet, un lecteur DVD.
BLOG LEMONDE.FR (2007)
Jean-Philippe Devillers, troc-trotteur
Paris-Toulouse, Bordeaux-Montréal, Shanghaï-Buenos Aires pour les plus exotiques… dans la précédente note de ce blog, nous vous présentions des échanges de maisons somme toute fort classiques.
Avec Jean-Philippe Devillers, le concept atteint des sommets de sophistication. Son projet, en passe d’être accompli : le tour des Etats-Unis par le biais de ce système économique et surtout, affirme Jean-Philippe, propice à la rencontre, à ”l’aventure humaine”, comme il dit. Une “aventure” qui le conduit dans 37 foyers américains.
33 000 kilomètres
En seulement deux mois, tout était planifié. Il faut dire que Jean-Philippe a un avantage comparatif certain sur le marché de l’échange : il a à sa disposition son appartement à Nice et la maison de ses parents en région parisienne. De quoi convaincre les familles américaines les plus réticentes.
Merci papa, merci maman
A 26 ans, Jean Philippe considère qu’il “ne connaît pas grand-chose de la vie”. Alors, ce projet, c’est avant tout l’occasion pour lui d’aller au-devant des gens, de se plonger dans la culture américaine, de vivre des expériences enrichissantes… Avec parfois de bonnes surprises…
Jean-Philippe s’apprêtait à rentrer dans la vie active. Mais après trois mois passés sur les routes, rien n’est plus comme avant, et il n’a plus qu’une idée en tête : repartir. "Ce voyage a changé ma vie..."
Pour suivre le périple américain de Jean-Philippe Devillers – il est actuellement à Boston – rendez-vous sur son site Internet : http://www.usin80days.com
DIRECT MATIN
Echange hôtel particulier parisien contre château en Toscane
L’échange de logement séduit souvent ceuxqui veulent partir en vacances à moindres frais. Il est désormais possible d’échanger des propriétés haut de gamme sur le site Homeexchangegold, créé en 2007, qui assure disposer de 727 offres en ligne. Les propriétaires sont souvent des entrepreneurs ayant créé leur société ou des personnes exerçant des professions libérales indique-t-on, chez Homeexchangegold. Gustavo, architecte, et Dolores,scénariste et réalisatrice,la cinquantaine, proposent ainsi un «magnifique ancien presbytère» non loin de Barcelone,en Espagne. Cette habitation, de 700 mètres carrés, «isolée sur le haut d’une colline, avec une vue à couper le souffle», possède une piscine et une petite dépendance dans le jardin, «idéale pour les ados». Le couple cherche «une maison d’un standard équivalent en Europe pour Noël 2009.» Près de Bangalore, en Inde, Ram, dirigeant de sociétés pharmaceutiques et biotechnologiques, et Denise, avocate, disposent d’un «magnifique palais de granit dans une propriété de trois hectares», où poussent des bananes, des mangues, des papayes, de la vanille et du jasmin… Leur palais compte quatre grandes chambres, cinq salles de bain, une salle de gym, un sauna et un hammam. Il s’agit de leur résidence secondaire, puisqu’ils vivent la moitié de l’année en Californie. Ils acceptent d’aller «n’importe où», pourvu qu’ils aient «une maison aussi luxueuse», mais ils préféreraient l’Italie, la Provence, en France, ou la Grèce. Martin, consultant en marketing, et Luz, musicienne et designer, vivent avec leurs enfants à Buenos Aires, en Argentine, et ils souhaitent échanger leur résidence secondaire, située en Patagonie, dans le Parc national Nahuel Huapi, où il est possible de faire des randonnées, de l’équitation ou du rafting. Grands voyageurs, ils souhaitent se rendre en France, en Autriche, en Suisse, à Berlin, à Prague et en Afrique du Sud. Florence, gériatre, et son mari, professeur d’université, ont récemment mis en ligne leur «charmante petite maison de 450 ans d’âge, située dans les vignes du Muscadet.» Eric, directeur d’une société médicale, et Christine, responsable d’une compagnie de marketing, offrent leur péniche, amarrée près des Champs-Elysées. Stéphane, qui dirige son entreprise d’informatique, et Géraldine, en charge de l’administration, prêtent leur magnifique appartement haussmannien de trois chambres «avec moulures, parquet en chêne et cheminées anciennes», situé en face de la tour Eiffel…
LA PROVENCE
Ils échangent leurmaison et surtout leur mode de vie
La famille Sauron échange sa maison pour la deuxième fois cet été. Philippe, Alexandre, Isabelle et Ambrin partent à Pékin et à Shangaï.
Cela pourrait être une simple histoire d’argent. Un moyen de plus de lutter contre un pouvoir d’achat en berne. Or, l’échange de maisons pour ceux qui le pratiquent, c’est beaucoup plus que ça. Les familles empruntent les voitures, se frottent aux centres commerciaux locaux, en somme, elles participent à La vie locale. "C’est un moyen privilégié de rencontrer les habitants d’un pays, les modes de vie", explique Laurence Jourjon qui part aux États-Unis cet été. Isabelle Sauron abonde en son sens: "On se met dans la peau d’un autre pendant quelque temps." En août, elle et sa famille partent en Chine.
L’échange de maisons pourrait s’arrêter de retour chez soi. Et pourtant. Pascale Mazel, une grande habituée des échanges, a gardé des relations dans le monde entier. Du Canada à la Nouvelle-Zélande, de New York à Edimbourg. Depuis plus de dix ans, elle a tout essayé. Ses enfants sont repartis dans les familles rencontrées, elle en a reçu d’autres. "J’ai connu des gens extraordinaires, c’est un réseau énorme de relation et c’est une philosophie de vie." Si l’échange de maisons n’est pas nouveau, les moyens modernes ont largement accéléré le processus".
La famille Sauron part depuis 1989, elle a connu l’époque lointaine où tout se faisait par lettres. Parfois, la famille en recevait jursqu'à 90. Christelle Mistrot Dit Pachet est l'une des responsables du site Trocmaison : "La région Sud-Est est l’une desmieux représentées, elle possède d’énormes atouts touristiques." À la retraite, Pascale Mazel a déjà prévu de partir souvent loin et plus longtemps. En échangeant sa maison, bien entendu.
LE REPUBLICAIN LORRAIN
Myriam nous parle de l’échange de maisons. Un concept qui permet de dénicher une superbe maison au bout du monde pour 0 €.
L’été dernier, Myriam et sa petite famille ont passé leurs vacances dans un superbe chalet alpin avec une vue plongeante sur le lac de Neuchâtel en Suisse. Prix de la location : 0 €. Car en contrepartie, les propriétaires du chalet profitaient allègrement de la piscine et de la maison de leurs locataires, dans un petit village entre Metz et Thionville. L’échange de maisons est le nouveau concept à la mode. Il y a déjà des milliers d’adeptes à travers le monde. « Ce qui m’a plu, c’est bien sûr le côté économique, mais aussi le confort, témoigne Myriam. Les appartements en location offrent souvent un confort assez spartiate pour un prix exorbitant. L’échange permet de passer ses vacances dans de belles maisons,gratuitement. » Gratuitement,enfin presque. Car l’inscription sur les sites internet d’échange de maisons estpayante : environ 75 € par an.Mais cette cotisation est aussi une marque de confiance : seuls ceux qui payent sont vraiment intéressés.
« Ensuite, je dirais que tout est une question de feeling, explique Myriam. En général, les premiers contacts se font parmail. Ensuite, on se téléphone. Soit je le sens, soit je ne le sens pas… » Lorsqu’elle a échangé sa maison avec les Suisses, Myriam savait qu’elle pouvait avoir confiance : ils avaient déjà six échanges à leur actif. En revanche, elle a fait un autre échange avec une famille de Tours. « C’était une première pour eux et ils étaient assez stressés, se souvient-elle. Ils avaient souhaité que l’on se donne rendezvous sur la route pour l’échange des clés. En fait, ils voulaient surtout rencontrer ceux qui allaient vivre chez eux pour une semaine… » Myriam conçoit que le concept ne fasse pas l’unanimité: « Il ne faut pas être pudique.Les gens pénètrent dans votre intimité et vous pénétrez dans la leur… Nous, ça ne nous pose aucun problème… Personnellement,je ne ferme aucunepièce à clé et je ne cache rien.D’autres le font, mais ça n’estpas bien gênant… »
Tokyo, Manhattan, Brésil, Floride, Italie…
Car pour elle, le jeu en vaut la chandelle. Après la Suisse et la Touraine, Myriam rêve déjàde nouvelles destinations. Elle a l’embarras du choix : « J’ai reçu des propositions incroyables: un appartement à Tokyo, un autre à Manhattan… On nous a aussi proposé une maison dans les Dolomites en Italie, une autre au Brésil ou encore une magnifique villa en bord de mer en Floride. On a beaucoup hésité. Mais nos enfants sont encore petits, on va attendre un peu. »
Elle a tout de même été surprise de voir à quel point notre région intéressait les touristes du monde entier. « Il ne faut pas croire qu’il est impossible de trouver un échange intéressant lorsque l’on vit en Moselle, affirme-t-elle. Bien au contraire ! Les touristes, Français ou étrangers, apprécient vraiment notre région, notamment de par sa position centrale en Europe. En séjournant chez nous, ils peuvent découvrir la France, la Belgique,le Luxembourg et l’Allemagne. Et puis il y a plein d’activités en Moselle ! J’ai confectionné un petit classeur de prospectus que je laisse à disposition dans la maison… Les gens repartent ravis. » Mais Myriam ne tient pas trop à ce que le nombre d’inscriptions s’envole en Moselle: « Je ne voudrais pas avoir trop de concurrence ! »
PARIS NORMANDIE
Chéri, j'ai troqué la maison
C'est décidé, vous faites vos valises, direction le bout du monde… ou la région voisine. Oui, mais où se loger ? Le camping ? Bof. L'hôtel ? Impersonnel. Et si vous habitiez chez un particulier en échangeant vos logements ? Deux familles havraises sont devenues adeptes de ce type de vacances pas comme les autres. Elles nous confient leurs anecdotes et leurs conseils.
«Il m'a fallu convaincre mari et enfants de laisser des étrangers s'installer chez nous», explique Françoise, assistante sociale auHavre. Quelques voyages en Californie, au Canada, en Belgique et en Espagne plus tard, toute la famille est devenue adepte du troc-maison.
Des rencontres Catherine et François ont découvert, quant à eux, cette façon de voyager par leur fille qui avait échangé son studio d'étudiante à Bergues contre un appartement dans le centre de Copenhague. Depuis, le couple de quinquas a troqué sa maison de la plage havraise contre un appartement parisien et une maison à Bayonne. «La dépense est moins importante, mais ce n'est pas l'unique intérêt. C'est d'abord une histoire de rencontre. Les gens avec qui l'on échange sont pleins de petites attentions. Il y a toujours les bonnes adresses, les coins sympas à voir et un petit cadeau de bienvenue», sourit François. Car la base d'un bon échange passe par une longue préparation et beaucoup de contacts. «Plus on veut aller loin, plus il faut anticiper les choses. Pour les Etats-Unis, nous avons échangé des mails trois fois par semaine avec l'autre famille durant sept mois. A la fin, on a presque l'impression de se connaître», confie Françoise.
Sympathiques attentions et petits désagréments Pour elle aussi, les petites attentions sont essentielles. Les Canadiens venus vivre chez Françoise souhaitaient partir en camping en Bretagne. Elle leur a fourni le matériel. En échange, on leur avait laissé tout un équipement d'escalade, la passion de Raphaël, le fils aîné. Ses Américains, eux, préféraient s'imprégner de culture française. Françoise a trouvé un centre aéré pour les enfants de cette famille… Bien rodée, Françoise reconnaît que l'on n'est jamais à l'abri de quelques surprises de part et d'autre. Deux fois, sa voiture (elles font partie de l'échange la plupart du temps) a été abîmée. Canadiens comme Américains ont aussi récolté des PV… qu'ils ont payés bien sûr. Quant à eux, ils ont dû désherber le jardin californien pour cause de sécheresse. Sauf qu'un nid de guêpes s'était installé sous les feuilles. Résultat, un bon nombre de piqûres pour son fils cadet et son mari.
Un troc équilibré Catherine et François n'ont jamais eu le moindre souci. Mais ils préfèrent ne pas échanger les voitures afin d'éviter les déboires. «On a toujours peur de casser quelque chose. Alors on fait très attention, même peut-être plus que chez nous», sourit le couple. Chez Françoise aussi, on est confiant. «On s'occupe de leur maison, comme on le ferait de la nôtre et vice-versa. C'est pour cela qu'il faut veiller à ce que l'échange soit équilibré. On nous avait proposé un appartement à Manhattan avec maison secondaire haut de gamme. Nous n'avons pas conclu l'échange. Le quartier du Rond-Point, c'est pas vraiment Long Island», plaisante la jeune femme, très attentive à ce que ses «invités» se sentent bien chez elle. Catherine et François ont eu récemment une proposition de troc avec un loft de 200m² et jacuzzi en Bretagne. «Au début, nous pensions que personne ne voudrait venir auHavre. On a toujours tendance à déprécier notre ville ou notre habitation. Mais tout peut intéresser», confie François. Pour les vacances de la Toussaint, le couple a reçu à peu près une proposition par semaine.
Faire confiance Catherine et François conseillent de débuter avec des séjours courts comme des longs week-ends, et en France. Aujourd'hui, ils lorgnent du côté du Québec. «L'inconvénient pour nous d'échanger avec les pays anglophones, c'est la barrière de la langue», reconnaissent-ils. Chez Françoise, le «livre de bord» à destination des vacanciers, qui rappelle le fonctionnement de la maison et les personnes à contacter en cas de problème, est bilingue. Les deux familles havraises sont ravies de ces expériences nouvelles. «Autour de nous, les gens trouvent cela formidable, mais de là à franchir le pas…» sourient Catherine et François. Pas évident, bien sûr, d'ouvrir sa maison et donc une certaine intimité à des inconnus. François rit: «Il faut faire confiance. Et puis, en cas de problème… On sait où ils habitent !»
Nos conseils
N'hésitez pas à communiquer abondamment, par e-mail ou téléphone, pour mieux connaître la famille avec laquelle vous échangez. Vérifiez avec votre assureur que votre contrat permet cet échange, notamment lorsque les voitures sont incluses. Vous pouvez demander aussi copie du permis de conduire de vos hôtes. Certains habitués de l'échange de maisons aiment se rencontrer. Si l'envie est partagée, pourquoi ne pas retarder le départ d'une journée pour accueillir vos invités? Donnez des coordonnées d'amis sur place qui pourront être référents en cas de pépin. Ce voisin, ami ou membre de la famille peut passer une fois par semaine voir si tout va bien. Vos invités auront besoin d'une penderie, alors, stockez ailleurs vos vêtements pour leur faire de la place. Vous pouvez aussi mettre à l'abri d'une casse éventuelle la porcelaine de mamie ou le service à thé de votre mariage. Il suffit de les enfermer dans un placard ou dans une pièce privée. Il est agréable de proposer un accès Internet. Si vous craignez la curiosité de vos hôtes, il est possible de créer un mot de passe afin de préserver vos documents personnels. La plupart des ordinateurs proposent différentes sessions selon les utilisateurs. Enfin, n'oubliez pas que pendant que vous vous inquiétez de ces étrangers dans votre maison, ces derniers ont le même souci. Et ils seront aussi vigilants que vous.
L'UNION (Champagne, Ardenne, Picardie)
Viens chez moi, j'habite chez... toi
Le troc de maison, c'est leur truc ! Pour leur prochaine escapade, Wanda et Harry Van Berkel poseront leurs bagages chez des inconnus qui s'installeront, à leur tour, chez eux. Depuis peu, ce couple de Hollandais installé à Thugny-Trugny s'est ainsi inscrit sur un site d'échange de maisons pour les vacances. Le principe ? Moyennant 80 euros par an, le duo passe une annonce décrivant leur maison et leur environnement, qui précise, en outre, les dates d'échange souhaitées et pour quelle destination. Une fois le profil publié, il n'y a plus qu'à attendre qu'un intéressé se manifeste. Et ça peut être très rapide. « Nous voulions trouver une habitation dans les alentours d'Amsterdam, pour rendre visite à notre fille et à nos petits-enfants », explique Wanda. « A peine une semaine après, nous avons eu des réponses. » Dans quelques mois, les deux sexagénaires chargeront ainsi leur voiture, destination La Haye, tandis que leur maison de Thugny-Trugny accueillera un couple avec un enfant, durant une quinzaine de jours. Puis rebelote cet été, si tout va bien, avec une famille d'Amsterdam.
Une certaine confiance « Jusqu'ici, nous logions chez la famille ou des amis, mais ça devient compliqué avec les petits-enfants et nous aimons cette façon de faire », explique Harry. « Nous sommes en contact avec des gens très gentils aux Pays-Bas et, jusqu'ici, ça se passe de façon impeccable. C'est presque dommage de ne pas avoir connu ce système plus tôt. » Convaincue par la formule, leur fille s'est envolée l'été dernier avec sa petite famille pour quatre mois en Australie, entre Melbourne et Brisbane, et en est revenue ravie. Gagnés par son entrain, ses parents ne semblent ainsi pas inquiets de laisser leur foyer aux mains d'étrangers. « On a beaucoup d'échanges par mail et au téléphone.Ça nous permet de nous faire une idée des personnes qui viendront. Il faut qu'une certaine confiance s'installe », expliquent les habitants de Thugny, qui confieront même leur chien, Jora, à leurs « invités ». « Bien sûr, on peut se tromper, et on gardera tous nos documents importants à l'abri, mais les personnes qui viennent chez nous, prennent les mêmes risques en nous laissant les clefs de chez eux. » A ceux qui s'étonneraient du rapide succès de la démarche dans un coin perdu comme le nôtre, le couple rappelle les atouts du secteur, d'ailleurs appréciés par bon nombre de Hollandais. « Les personnes avec qui nous sommes en contact ont l'air très enthousiasmées par notre maison et les alentours », continuent Harry et Wanda. « Elles recherchent de l'espace et des endroits où faire des balades. Elles nous ont aussi demandé ce qu'il y avait comme offre culturelle dans le secteur. » Bien sûr, le couple ne cache pas que les Ardennes ne semblent pas la destination la plus prisée des amateurs d'échange de maisons.
Peu de sanglier sur la toile « Nous aurions préféré partir l'hiver, mais ce n'est pas facile d'attirer du monde ici, quand il fait froid et qu'il n'y a pas beaucoup d'animation », glissent les retraités. Mais si la pratique n'est pas courante dans notre département, c'est peut-être avant tout faute d'offre. Sur le site qu'ils ont choisi, Trocmaison, les Van Berkel se disputent le marché du 08 avec seulement deux autres inscrits, situés dans l'arrondissement de Charleville (pour plus de 5.000 offres à travers la France). Et ce n'est déjà pas si mal, puisque sur d'autres sites, les sangliers ne sont même pas représentés.
LIBERATION
Le phénomène "Home exchange" connaît une véritable explosion depuis près de deux ans. Même Hollywood y a consacré un long- métrage: The Holidays, où Jude Law et Cameron Diaz testent ce concept, avec succès. Le principe est simple: vous prêtez votre maison ou appartement, et en échange, la personne qui vous "héberge" met la sienne à votre disposition. Vos vacances vous coûtent en conséquence moins cher, n'ayant à assurer que le transport et les frais personnels.
"Ce concept me plaît énormément, témoigne Marie- Pierre Elicaste, 61 ans et adepte de ce mode de vacances. Il me permet de faire de nouvelles rencontres, d'avoir un choix plus vaste de destinations et d'économiser énormément". Cette enseignante retraitée prête son chalet de montagne dans les Hautes- Alpes depuis onze ans et a ainsi parcouru la France, le Canada, la Suisse, l' Ecosse et les Pays-Bas.
Ces échanges sont internationaux et les sites proposent un éventail de destinations très large tels que l'Argentine, l'Europe de l'est, les Etats- Unis, le Canada, l'Australie etc. Ils s'effectuent la plupart du temps entre personnes de même catégorie sociale: "J'ai réussi à échanger mon appartement parisien une semaine en mai, contre trois semaines à Los Angeles cet été!" confie Bruno, journaliste et fidèle de cette pratique depuis trois ans. Les échanges non simultanés peuvent être réellement facilités grâce à la mise à disposition de résidences secondaires.
Ces échanges ne se limitent pas toujours aux biens immobiliers . A l'occasion, la voiture peut également être concernée: "je me souviens lorsque je suis partie en Ecosse, nous avons vu l'autre famille quitter l'aéroport avec notre auto, et là, ça m'a fait bizarre, mais c'est le jeu. Il y a une morale réciproque et un respect mutuel dans ce procédé. Lorsque je quitte ma maison, je n'ai pas peur, d'ailleurs je ne verrouille aucune pièce", explique Marie- Pierre.
La destination la plus prisée en France est la côte méditerranéenne. A l'étranger, ce sont la Nouvelle-Zélande, les Etats-Unis (plus précisément New-York) et les pays méditerranéens qui occupent les premières marches du podium.
L'EXPRESS
Echanger son chez-soi contre un logement ailleurs. Cette formule de vacances ne cesse de faire de nouveaux adeptes.
Les Français ont changé: ils sont moins enclins à préserver à tout prix leur intimité domestique. L'engouement doit beaucoup au confort et aux économies réalisées - entre 50 et 70 % du coût d'un voyage, selon Trocmaison - mais pas seulement. Le gros des troupes, constitué de professions libérales ou de cadres moyens ou supérieurs, désire aller à la rencontre d'une autre culture et parie sur la convivialité.
Henri, propriétaire à Perpignan, a effectué son premier échange en 1995 avec Santa Fe au Nouveau-Mexique, en consultant, à l'époque, un bon vieux catalogue papier. Depuis, il est parti plus de 25 fois. « Sans avoir contacté préalablement les gens, je reçois chaque année de 80 à 100 demandes ! » confie-t-il.
Peur des dégâts, manque de confiance, les raisons ne manquent pourtant pas de vouloir préserver son intimité domestique. Mais « l'état d'esprit des Français a changé, ils ne sont plus récalcitrants, d'autant que les médias en parlent depuis des années », juge Jean-Baptiste de La Mettrie, du site Echangersamaison.com.
Maison contre maison, finalement « le plus gros risque est de s'engager », estime Marine Laigre, professeur célibataire, amoureuse de la Californie :« Une fois qu'on a dit oui, il faut prendre conscience qu'une personne à l'autre bout du monde est en train de prendre son billet d'avion. » Et préparer son logement et son esprit en conséquence.
LE NOUVEL OBSERVATEUR
Tendance : le troc de maison
« Echange appartement au cœur de Paris contre villa en Floride». Cette nouvelle forme de tourisme fait fureur. Désormais possible en France et surtout de plus en plus répandue grâce à Internet, les « échangistes » ont l’embarras du choix.
Très tendance depuis quelques années, l’échange de maison fait un tabac. Le principe est simple. Echanger sa maison, sa voiture et parfois même quelques pans de vie quotidienne pour quelques semaines… Au début, il faut surmonter sa gêne de laisser sa maison à un inconnu, mais ceux qui y parviennent découvrent une forme de vacances enrichissante. Bonne alternative aux vacances a l’hôtel, en location ou en club, ce « troc » est idéal pour ceux qui veulent s’imprégner de la culture d’un pays et du mode de vie de ses habitants. La coutume veut que chacun laisse un carnet rempli de bonnes adresses du coin et les voisins sont chargés d’assurer l’accueil…
Cet échange permet surtout de voyager à moindre coût. L’économie se situe entre 60 et 75 % selon les cas !
Inauguré par des professeurs américains dans les années 50, ce « troc » a prouvé avec le temps, sa viabilité. Et n’oubliez pas, si un inconnu occupe votre maison, vous occupez la aussi sienne, de fait les mauvaises surprises restent rares… Toutefois, un imprévu est toujours possible. Pour éviter tout problème, il est judicieux de prévenir son assurance multirisque habitation avant l’échange. Elle doit en principe pouvoir couvrir un tiers qui occupe votre maison en votre absence. Il est également conseillé de prévenir votre assurance voiture si vous prêtez votre véhicule dans le cadre de l’échange.
Avec internet, la formule a explosé. Aujourd’hui environ 250 000 échanges s’opèrent chaque année dans le monde et nombreux sont les sites qui fleurissent pour commercialiser cette activité. Trocmaison.com, un des leaders, met en ligne plus de 14 000 offres dans 110 pays. Depuis 2005, ce site a enregistré une augmentation de ses membres de plus de 72 %.
Pour préparer l’échange, il suffit de s’inscrire en ligne. L’adhésion est validée dès réception du règlement et du traitement des informations vous concernant par l’organisme. Il faut être très précis sur le contenu de l’offre : superficie, nombre de pièces, jardin ou non, mise à disposition d’un véhicule, situation par rapport aux sites touristiques de la région… et sur l’offre que vous recherchez de votre côté. Le choix fait, un contrat téléchargé sera signé. Il mentionnera le nom des partenaires, l’adresse des logements échangés, la date de l’échange, le type et les caractéristiques. Il ne reste plus qu’à partir en troquant votre 4 pièces dans le Marais contre une propriété avec piscine en Floride…
LES ECHOS
La vogue de l'échangisme immobilier
L'échange de maisons fait chaque année de nouveaux adeptes. Passer des vacances à l'autre bout du monde ne vous coûtera que le prix du billet d'avion. Mais la formule séduit surtout par son authenticité.
Echange somptueuse villa à Los Angeles contre charmant cottage dans le Surrey, en Angleterre. Dix ans après " Un divan à New York ", le troc d'appartements inspire de nouveau le septième art. Les " échangistes " ont beau être interprétés par Kate Winslet et Cameron Diaz, cette bluette hollywoodienne, " The Holiday ", n'est pas totalement déconnectée de la réalité. C'est en surfant sur Trocmaison.com que Nancy Meyers a eu l'idée de son scénario. Une publicité lucrative pour le site, qui a enregistré depuis la sortie du film une augmentation de 100 % de ses inscriptions. Le cap des 16.000 adhérents vient ainsi d'être franchi.
Si l'échange de maisons pour les vacances est né il y a une cinquantaine d'années outre-Atlantique, Internet lui a donné des ailes et aujourd'hui ce sont près de 250.000 personnes qui se lancent chaque année dans l'aventure. Qui sont-elles ? Essentiellement des enseignants, cadres ou professions libérales, de milieux favorisés, habitant au Canada, aux Etats-Unis, en Europe du Nord ou en Australie et, depuis peu, en France.
Confiance mutuelle
Le principe est simple : photos à l'appui, vous êtes invités à détailler les caractéristiques de votre logement (superficie, nombre de pièces et de couchages, mise à disposition d'une voiture, proximité de sites touristiques...) avant de préciser, en retour, la destination souhaitée et les dates de disponibilité. Il ne vous reste plus ensuite qu'à prendre contact avec l'internaute qui vous aura fait l'offre la plus alléchante. Le site vous propose un modèle de contrat à l'amiable à télécharger, mais le secret d'un échange réussi réside dans la prise de contact en amont. Prêter son petit chez-soi à des inconnus nécessite en effet l'établissement d'une relation de confiance mutuelle et certaines mises au point, notamment sur l'utilisation du téléphone ou de votre véhicule, pour ne pas avoir de mauvaises surprises au retour ! Si vous avez pris la peine de laisser les notices de vos appareils électroménagers et de mettre sous clef le vase Ming hérité de votre grand-tante, tout se passera bien. Ainsi chez Trocmaison aucune plainte pour vol ou déprédation n'a jamais été enregistrée. N'oubliez pas que pendant que ces personnes sont chez vous, vous occupez leur maison !
Le seul bémol de la formule, pour l'instant non encore résolu réside dans le cas de force majeure. Imaginez que l'un de vos proches tombe malade et que vous soyez obligé d'annuler votre voyage. Votre assurance annulation va fonctionner, mais ce ne sera pas le cas pour les personnes avec qui vous alliez échanger et qui se retrouvent le bec dans l'eau, sans logement pour les accueillir. " Cela représente une douzaine de cas par an, estime Martine Heinzer. Heureusement, nous avons dans nos fichiers plusieurs retraités qui acceptent volontiers de partir au débotté. "
Les avantages de la formule sont d'abord financiers. Vous ne payez que le billet d'avion. Sur place, vous profitez d'un pied-à-terre, éventuellement d'une voiture et vous préparez vos repas. " Vous réalisez une économie de 50 à 70 % ", estime Martine Heinzer, responsable de Trocmaison.com. " Pourtant, ce qui motive de plus en plus d'adeptes de la formule, c'est son côté authentique. " Vous vous sentez chez vous ailleurs, vivez au rythme d'une autre ville, prenez le temps de visiter sans courir et faites plus facilement des rencontres. Bien souvent, les voisins, prévenus de votre arrivée, sont là pour vous accueillir et les habituels occupants vous ont laissé un mot précisant les bonnes adresses du coin (et celles à fuir) ainsi que les endroits à visiter... " Nous avons même eu la bonne surprise de trouver une bouteille de champagne au frais et des petits cadeaux pour les enfants ", racontent Nathalie et Eric, qui ont troqué leur chalet au bord d'un lac au Québec, contre un trois-pièces parisien l'été dernier.
Alors un ranch en Australie, une villa en Toscane ou un chalet en Suisse, à vous de choisir ! Et de vous organiser.
QUE CHOISIR
Des Vacances comme chez soi
Très prisée aux États-Unis, pratiquée à l'origine dans les milieux enseignants et scientifiques, l'échange de logement pour les vacances connaît désormais un important développement, même chez nous. Le choix est vaste, chacun peut y trouver son bonheur.Vous pouvez, par exemple, troquer votre appartement parisien contre une villa au Canada, votre penty breton contre un chalet en pleine montagne ou encore votre mas provençal contre un duplex avec vue plongeante sur la baie de Sydney. L'échange d'appartements et de maisons permet de partir en vacances un peu partout en France ou à l'étranger sans avoir à débourser un centime d'euros pour les frais d'hôtel ou de location. Ce qui, au final, réduit considérablement la note du séjour.
C'est un peu par hasard que Pierre, il y a deux ans, en surfant sur Internet,a découvert ce nouveau type de vacances. Séduit par le principe. il a donc décidé de partir en famille avec sa femme Isabelle et ses deux enfants. Conquis, ils renouvèlent l'expérience cet été. "La première fois, nous avons réussi à échanger notre maison près de Versailles contre une jolie villa avec piscine en pleine Toscane. Ce qui nous a permis de découvrir une splendide région tout en étant totalement immergés dans le pays. De plus, avec ce système, nous avons pu partir sans difficulté trois semaines consécutives, idéal pour faire une vraie coupure" se rappelle-t-il à quelques jours d'un nouveau départ, vers le Canada cette fois.
Comme Pierre et Isabelle. la grande majorité de ceux qui tentent l'expérience récidivent généralement les années suivantes. Professions libérales (médecins. avocats...), enseignants, chefs d'entreprise. cadres, fonctionnaires, retraités... L'échange de maison attire auiourd'hui des personnes de tous âges et de milieux professionnels divers et variés. Alors, pourquoi ne pas vous laissez séduire à votre tour? Les vacances de vos rêves deviendront peut-être réalité cette année...
L'échange de logement est un excellent moyen pour découvrir une autre région ou un pays étranger,y séjourner confortablement et vous y faire des amis, avec comme seuls frais,ceux du voyage.
À l'origine, l'échange se faisait uniquement grâce à des catalogues recensant les offres et les demandes d'échange, avec des photos des maisons ou des appartements proposés. Des mises à jour pouvaient intervenir à plusieurs reprises au cours de l'année. Désormais, l'essentiel des échanges se pratique via Internet.
La formule est aussi simple qu'efficace: chaque candidat décrit le logement qu'il propose et indique ses impératifs de dates ainsi que ses préférences de régions. L'échange de logements peut être simultané ou non. Ensuite, rien ne vous empêche de mentionner dans votre annonce certaines autres précisions. Vous pouvez, notamment, indiquer votre profession et le nombre d'enfants que vous avez. Ce qui permet de découvrir les points communs ou les affinités qui peuvent vous rapprocher de vos futurs échangeurs (c'est leur nom!). Libre à vous également de fixer vos conditions par exemple, vous n'acceptez pas les fumeurs ou les animaux domestiques.
Les Français sont privilégiés : il y a près de trois fois plus de demandes que d'offres pour la France, et ce, dans toutes les régions. Paris et la Côte d'Azur naturellement, mais aussi la région des châteaux de la Loire, la Bretagne, les landes, les régions viticoles... Pour l'étranger,vous avez le choix entre plusieurs dizaines de destinations, des plus originales comme le Japon, la Nouvelle-Zélande, l'Amérique Latine, l'Inde, aux plus traditionnelles comme les États-Unis, le Canada, l'Espagne, l'Italie ou la Grèce.
La formule est particulièrement souple et rien ne vous empêche de procéder à autant d'échanges que vous le souhaitez au cours de la même année. De plus, aucune surface minimale du logement à échanger n'est exigée. Pas besoin donc d'être propriétaire d'une somptueuse villa à Saint-Tropez ou d'un gigantesque loft en plein Paris : les échangeurs recherchent avant tout le confort d'un domicile et d'un site riche en possibilités touristiques. Ce qui est très séduisant dans ce type de formule, c'est qu'il n'y a pas de notion de valeur : un petit appartement en plein centre d'une grande ville peut facilement s'échanger contre une grande maison à la campagne.
L'échange de logement n'a rien à voir avec la sous-location. Aussi, si vous êtes locataire de votre logement, rien ne vous empêche de prêter votre appartement ou votre maison. IL en va de même s'il s'agit d'un logement de fonction. Dans la mesure où il n'y a pas d'argent enjeu, la loi considère que vous hébergez simplement des amis chez vous. Aussi, selon les relations que vous entretenez avec votre propriétaire, à vous de décider de l'en avertir ou pas.
Toutes les durées de séjour et périodes de l'an¬née sont autorisées, de deux jours à plusieurs mois, pendant ou en dehors des vacances scolaires. La seule règle à respecter est de répondre à toutes les demandes d'échange et de bien se mettre d'accord sur les conditions d'échange dès le départ.
Les conseils de Que Choisir
Non réglementé, l'échange de logement repose avant tout sur une confiance réciproque entre les échangeurs. Souple en apparence, le système nécessite tout de même un minimum d'organisation et d'anticipation. Pas question de partir sur un coup de tête du jour au lendemain. Vous pouvez, bien sûr, mettre l'échange en place un à deux mois avant la date de votre départ, mais un échange de maison réussi suppose de se mettre au préalable d'accord sur nombre de détails qui, en pratique,sont essentiels. Le mieux est donc encore de vous y prendre six mois ou même un an à l'avance,surtout si vous vous lancez pour la première fois. En effet, plus vous vous y prendrez tôt, plus le choix dont vous disposerez sera large.
Enfin, il est indispensable d'échanger courriels, lettres ou fax. Quelques coups de fils permettront aussi aux deux familles de mieux se connaître, de découvrir les habitudes de chacun et de préciser certains points: l'âge des enfants, la proximité des transports ou des commerces.. .Vous pouvez également échanger des photos ou de petites vidéos afin de faire visiter de la cave au grenier votre maison son à vos futurs hôtes. Autant de précisions qui permettent de répondre parfaitement aux attentes de chacun et qui expliquent que,dans les faits,les incidents soient très rares.
Généralement, votre multirisque habitation couvre votre maison, quel qu'en soit l'occupant. Mais mieux vaut vous renseigner auprès de votre assureur afin de connaître les conditions et les limites exactes de votre couverture "lorsqu'un tiers garde votre maison pendant votre absence". Mais, si vous craignez particulièrement pour vos verres en cristal ou votre porcelaine, enfermez-les dans un placard à clé.
Certaines personnes échangent également leurs voitures (notamment aux États-Unis). Dans ce cas, il est indispensable de vérifier que le contrat ne comporte pas une clause de conduite exclusive. Aussi, avant de l'arrivée de vos hôtes, contactez votre assureur afin de procéder aux aménagements nécessaires.
Mieux vaut systématiquement rédiger un contrat écrit (contrat type téléchargeable gratuitement). Ainsi, vous établirez dès le départ la part de chacun pour le paiement des notes de téléphone, d'eau,de gaz, d'électricité ou encore d'accès Internet. Vous pouvez à votre guise convenir d'un forfait, de relever les compteurs ou, plus simplement, d'échanger les consommations.
Ne craignez pas non plus de détailler les obligations de chacun. Vous pourrez, par exemple, confier à vos hôtes le soin de nourrir votre poisson rouge, de tondre la pelouse ou d'entretenir la piscine ainsi que d'arroser vos plantes vertes. Parfois, en contrepartie, vous profiterez, en plus de l'abonn¬ment de vos hôtes au club de golf ou à la piscine locale, voire de son personnel de maison.
Une fois arrivé à destination pour ses vacances, votre partenaire d'échange doit être agréablement surpris. Ayez toujours en tête que vous serez bien content de bénéficier de la réciproque. Aussi, avant de partir, il est essentiel de laisser votre maison "propre". Il est également important de faire de la place à vos invités. Rangez vos affaires personnelles afin que vous hôtes puissent défaire leurs bagages et se sentir rapidement "comme chez eux". Pensez à libérer quelques étagères, placards et tiroirs dans les chambres, la salle de bains et le hall d'entrée. Mettez également à leur disposition du linge de maison, au moins deux jeux de draps propres par lit et deux jeux de serviettes de toilette par personne. Ce qui vous épargnera, tout comme à votre correspondant, de voyager avec des bagages trop lourds.
Laissez un fond d'épicerie et de quoi préparer un petit-déjeuner ainsi qu'un premier repas. Pour plus de convivialité, prévenez éventuellement vos voisins de l'arrivée de vos hôtes. Ils ne seront ainsi pas surpris et pourront même à l'occasion faire connaissance. Autre préparatif à ne pas négliger, rédigez un petit "guide pratique de la maison et des environs". Vous prendrez soin notamment d'y dresser la liste des monuments à visiter et des informations touristiques de la région. N'oubliez pas non plus d'y expliquer en quelques lignes le mode d'emploi de tous les appareils électriques, l'endroit où se trouvent les différents compteurs de la maison, le fonctionnement de l'alarme,quelques bonnes adresses (restaurants, commerçants ...),les numéros utiles (médecin, dentiste, baby-sitter ...), ainsi qu'un plan du quartier. Pensez à un petit cadeau de bienvenue : une bouteille de vin ou de champagne, une spécialité de la région, un bouquet de fleurs... Enfin, l'échange de clés se fait souvent en mains propres ou par l'intermédiaire d'un voisin ou d'un ami, chargé d'accueillir les nouveaux arrivants.
NICE-MATIN (CAGNES)
Le troc de maison : gagnant-gagnant
De Cagnes à Saint-Paul en passant par La Colle, ils sont de plus en plus nombreux à tenter l'échange de maison. Le plus souvent avec réussite. Envie (ou besoin) de partir mais pas le budget ? L'échange de maisons est fait pour vous. Le principe est simple : vous laissez votre logement à une personne qui, en contrepartie, vous prête le sien. Des bases de données recensant des milliers de propositions à travers le monde sont disponibles sur Internet.
Sur Trocmaison, on recense ainsi une vingtaine d'offres à Cagnes, Villeneuve, Saint-Paul et La Colle. Chacune d'entre elles correspond à une situation bien particulière.
« Je reçois des propositions du monde entier : Australie, Japon, pays scandinaves », témoigne par exemple Christine, 61 ans, qui propose sa villa à Saint-Paul. Pour le moment elle n'a effectué aucun échange mais vient juste de s'inscrire. « Je voudrais aller à New York en novembre. J'ai beaucoup de demandes pour l'été, mais je tiens un salon de coiffure à Nice, je ne peux pas m'absenter en pleine saison ». Pourquoi avoir envisagé cette nouvelle façon de voyager ? « Je ne pourrais pas me permettre autrement d'avoir le confort de ma maison en plein Manhattan », explique-t-elle.
Pour Alain, en revanche, ce ne sera pas des vacances. Ce Cagnois d'une cinquantaine d'années doit se rendre en Israël de mi-septembre à fin octobre pour le boulot.
Un mois seulement après avoir passé son annonce, il trouve exactement ce qu'il cherche à Haïfa, dans le nord du pays. « Nous allons échanger voiture et maison. Pour moi, c'est un soulagement et une économie incroyable. Je serai logé et pourrai me déplacer facilement sans avoir à débourser un centime.» La raison économique est en effet souvent la meilleure.
Mais l'échangisme domestique peut également avoir des intérêts annexes. Caroline est enseignante et habite un 90 m2 à Cagnes. Pour les besoins d'une mission, elle devait passer plusieurs mois à Paris. Que faire de ses deux chats ? « J'ai trouvé une vieille dame qui habitait un 45 m2 dans le 19ème arrondisssement. Elle avait deux chats également. Nous avons donc échangé nos domiciles... et nos chats ! » A Paris, un des animaux est tombé malade. Caroline l'a donc emmené chez le vétérinaire. Pour la remercier, la Parisienne lui a dégoté des places pour un spectacle au Moulin Rouge. « En plus de l'appartement, j'ai gagné une très belle soirée », se remémore Caroline, ravie.
Pour les plus stressés, l'échange permet aussi de ne pas laisser la maison seule. « Je crains beaucoup les cambrioleurs, admet Christine la Saint-Pauloise. C'est une des raisons qui me pousse à essayer cette formule. »
La confiance, c'est bien le maître mot. Car si on peut établir un contrat pour se rassurer, ce n'est pas la règle. « Moi je préfère m'arranger à l'amiable, explique Caroline. On met au clair les modalités par mail (dates, échange de clés, de voiture) et puis on attend. Les gens sont généralement de bonne foi.»
Les mauvaises surprises sont très rares. De quoi rassurer les frileux qui oseront peut-être se lancer pour garder leur argent... bien au chaud.
LE PROGRES (LYON)
Plus d'une centaine de familles lyonnaises a déjà posté des offres de troc de maisons en ligne.
« Appartement 100 m2 Lyon 6 Parc de la Tête d'Or ». Pas de prix d'achat, pas de loyer. Cette petite annonce est une offre de troc uniquement disponible sur Internet. Échanger son logement contre un autre situé à mille kilomètres du sien devient une pratique en vogue.
Le troc de maisons permet de réaliser des économies conséquentes sur le budget vacances, « 50 à 70 % » selon les responsables du site Trocmaison.com. Seuls frais à la charge du voyageur : les transports et l'abonnement au site. Le contingent d'offres françaises est élevé. Près de 4 400 sur Trocmaison.com. Pas assez pour satisfaire tout le monde car la France figure dans le top 5 des destinations les plus prisées par les utilisateurs des sites de troc de maisons. Sur Trocmaison.com, seulement 6 % des utilisateurs n'ont pas échangé la première année.
Les utilisateurs peuvent préciser leurs vœux d'échange et ainsi cibler certaines destinations. L'Italie, l'Espagne ou le Royaume-Uni reviennent de façon récurrente dans le choix des internautes lyonnais mais les États-Unis restent la destination phare. Plus particulièrement New York. Cependant, beaucoup se disent « open » (ouverts) à toute autre destination. Si les échanges pour l'été sont bouclés depuis le printemps, les utilisateurs peuvent déjà réfléchir aux prochaines vacances. Le 8 décembre, jour de la fête des Lumières, pourrait engendrer un « grand nombre » de demandes. Manhattan en décembre, c'est aussi féerique…
RMC.FR
Le Troc de Maison fait un carton
C'est l'une des conséquences de la crise : les sites d'échange de logements pour les vacances font un malheur cet été. Moyennant 70 à 120 euros de frais d'inscription, ces sites permettent par exemple d'échanger un appartement parisien contre une maison avec piscine en Californie ou un mas dans le Lubéron provençal. A la clé : une économie de 50 à 70% sur le prix des vacances.
Moins cher, plus grand... et « comme à la maison »
En un an, Trocmaison.com a vu s'inscrire plus de 8 000 membres, « davantage que durant les 8 premières années du site », se réjouit William Heinzer, responsable de ce premier réseau mondial des échanges de logement (28 000 offres dans 120 pays). Outre l'argument économique évident, il souligne un point positif recueilli auprès de ses clients : « une fois qu'ils ont essayé, ils s'aperçoivent que c'est beaucoup plus amusant d'échanger sa maison que de faire n'importe quoi d'autre pour voyager. Parce qu'on est dans un vrai foyer, dans un vrai décor du pays, donc on vit comme les gens du pays. »
Ce que confirme Ariane, propriétaire d'un appartement de 87m² dans le XVIe arrondissement de Paris, et qui depuis 15 mois, est déjà partie 4 fois par le biais de ces échanges : "l'avantage premier est évidemment économique : on économise à la fois l'hôtel et les restaurants, puisqu'on fait la cuisine sur place."
La France, destination la plus prisée
La France - et en particulier l'Ile-de-France et Paris - est la destination privilégiée pour ces échanges.
Ariane a même souvent été « obligée de refuser des demandes » pour son appartement parisien, faute de « vacances élastiques ». Et elle ne compte plus les destinations qu'on lui a proposées : « l'Oregon, la Californie, la Floride, la Barbade, Hong-Kong, le Japon, l'Afrique du Sud, l'Argentine, le Mexique... »
LE MIDI LIBRE
Échange de maison: Une autre façon de vivre ses vacances La formule, de plus en plus en vogue y compris en Aveyron, permet de séjourner dans le monde entier
Echanger sa maison, c'est une autre façon de vivre les vacances, de découvrir le monde en se glissant dans les charentaises d'un autre. Vivre ailleurs comme si l'on était chez soi est désormais à portée de souris. L'essor prodigieux d'Internet a contribué au succès incontestable que connaît actuellement le troc de maison. En période de crise, que demander de mieux : dépaysement et économies sont garantis. Et puis, plus besoin de s'inquiéter pour savoir qui arrosera les plantes et nourrira le chat : la formule a de quoi séduire, mais beaucoup pensent qu'en dehors des zones hyper touristiques, il est impossible de trouver des candidats à l'échange. Il n'en est rien. Les Aveyronnais aussi se lancent dans l'aventure avec bonheur (ils sont dix-neuf inscrits sur les deux plus gros sites d'échange en ligne) et constatent que, même en Aveyron, on peut, en échangeant sa maison, partir dans le monde entier. Annie et Jean-Marc sont quadragénaires, parents de deux grandes filles, domiciliés à Olemps. Lui est éducateur, elle, aide maternelle. Leurs vacances, avant, c'était le camping, puis la location d'appartements. Le déclic a eu lieu après avoir vu un reportage à la télévision sur l'échange de maisons aux Etats-Unis. « Dès le lendemain, j'étais sur Internet à la recherche de sites, se souvient Annie. Dans un premier temps, c'est l'aspect financier qui nous a intéressés, l'idée de trouver une maison plus spacieuse à moindre coût. Quand on a vu les destinations proposées, on a rêvé ! Nous nous sommes inscrits sur un site international : Home-exchange. Les droits d'entrée n'étaient pas très élevés alors, on s'est abonnés pour trois ans. C'était en 2005. » Leur premier échange, c'était avec une famille hollandaise qui, au fil des dialogues en ligne, les a guidés. « Ces contacts, pendant des mois, permettent de découvrir tous les détails de la vie intime de la maison. Quand on arrive on ne sent pas étrangers ». Ils parcourent avec émotion le "livre d'or" de leur maison, alimenté par les différentes familles passées par Olemps. Photos, dessins d'enfants, cartes postales, récits de balades témoignent de vacances riches en expériences. Au fil des échanges, ils peaufinent l'organisation. Les "invités" trouveront le frigo plein en arrivant, un plan avec toutes les indications pratiques (courses, arrêts de bus), les notices des appareils ménagers et, bien sûr, des brochures touristiques et des spécialités locales à déguster en arrivant. « Pour nous, souligne Annie, l'important, c'est que la maison continue de vivre pendant notre absence. Nous n'avons jamais eu le moindre problème. L'important, c'est d'installer une relation de confiance dès le départ, d'être honnête avec les autres. D'ailleurs, nous ne faisons pas de contrat. » La démarche est quasiment philosophique car elle nécessite un certain détachement des choses matérielles et une grande ouverture aux autres. « Il est indispensable que, dans le couple, les deux soient vraiment prêts à faire ce choix. Si l'un des deux craint la casse, ou qu'un étranger dorme dans son lit, il vaut mieux renoncer ! ». Pour eux, il n'y a ura pas de retour en arrière, ils ont été conquis par la formule. Après les Pays-Bas, ils sont allés en Espagne, au Danemark, en Suisse et à nouveau, l'été dernier, trois semaines en Hollande, le pays dont ils apprécient le plus le mode de vie. « Lorsqu'on voyage ainsi, on partage tout l'environnement : les voisins nous attendent, nous accueillent. On est en immersion totale. A nous, comme à nos filles, ça nous a apporté une véritable ouverture d'esprit, une façon de vivre le quotidien des autres. » Des propositions d'échange, ils en reçoivent du monde entier : Afrique du Sud, Australie, Etats-Unis, Japon. « Il n'est pas nécessaire d'avoir une maison fabuleuse. Les gens recherchent juste un point de chute en France ». Cet été, Annie et Jean-Marc partiront en Suède par avion. En plus de leur maison, ils échangeront leur voiture.
NOTRE NEUILLY, JOURNAL INDEPENDANT
Est-ce que tu échanges pour les vacances ?
Cet été, ils seront nombreux en France à pratiquer l’échangisme. Comprendre que pour les vacances, ils troquent leur appartement contre celui d’un autre. Cela permet de voyager à moindres frais, mais c’est aussi une façon d’être un peu chez soi en vacances.
La formule, créée dans les années 1950 aux Etats-Unis, rencontre un succès grandissant grâce au Web. Moyennant un abonnement, Internet donne accès à des catalogues de maisons dispersées dans le monde entier.
Un des plus populaires, trocmaison.com a vu le nombre de ses membres passer de 8 000 lors de son lancement en France en 2005 à 27 000, à travers 110 pays. Profil-type de l’échangiste : d’un milieu plutôt aisé, on y retrouve beaucoup de retraités et d’enseignants. A Neuilly, nous avons rencontré quelques adeptes.
"J’aime manger ma propre tranche de jambon"
"Je voyage beaucoup, ça me revient cher", explique Alain, retraité. Il s’inscrit en 2004, sur les conseils d’un ami qui utilise le système depuis vingt ans, depuis l’époque où cela se faisait par courrier. Alain a échangé deux fois son appartement, en 2005 puis en 2007, pour séjourner au Canada. "Il s’agit de connaître du pays, de rencontrer des gens… C’est aussi un mode de pensée, je suis un peu comme chez moi, mais ailleurs. Quand on séjourne dans des hôtels, ça peut devenir vite énervant d'aller manger à l'extérieur. Là, je peux me préparer à manger, j’aime bien manger ma propre tranche de jambon, que j’ai achetée au supermarché", raconte le sexagénaire.
"J’évite les meubles ringards"
Le système demande tout de même une bonne capacité d’organisation. D’abord un grand tri parmi les annonces, très fournies en photos : "J’évite les meubles ringards", témoigne Alain. Les futurs visiteurs font de même. "C’est par période, mais en ce moment j’ai beaucoup de demandes d’habitants de Miami, qui me proposent des grandes villas, avec piscine, raconte Estelle. Mais ça ne m’intéresse pas, le climat y est trop humide !" Avoir un logement proche de Paris, une destination prisée, permet aussi le luxe du choix.
La chargée de communication âgée de 27 ans a eu la bonne surprise de loger dans un "appartement immense" doté de quatre chambres à New York, contre son deux pièces neuilléen. On échange pas forcément à standing équivalent. Si Estelle ne laisse ni sa voiture, ni son chat au couple avec qui elle échange, eux lui laissent leur véhicule.
"On est très gentleman"
Tout est basé sur la confiance. "Je n’ai jamais rien enlevé, si ce n’est les chéquiers, les bijoux, les cartes bancaires. En fait, vous ne risquez pas grand chose à échanger." Au contraire, "on est très gentleman", précise Alain en évoquant la bouteille de champagne qu’il laisse pour accueillir ses hôtes, avec les guides de voyage et le livret bilingue d’instructions qu’il a rédigé. Il s’agit de se fondre dans la vie de l’autre : "Les Canadiens m’ont demandé de nourrir leur chat, je les prie d’arroser mes plantes".
Estelle prépare l’été 2010 pour voyager dans le sud des Etats-Unis. Alain songe à San Francisco, l’Australie ou New York, mais envisage d'appliquer la formule pour de plus courtes durées, pour passer des week-ends à Florence ou Istanbul.
LA DEPECHE (TOULOUSE)
Vacances: échanger sa maison, le bon plan
Le procédé est encore timide sur Toulouse. Mais petit à petit, il tend à se démocratiser et à s'étendre : échanger son appartement ou sa maison pour une période devient doucement le nouveau moyen de s'offrir des vacances à moindre prix. Séverine a une très belle maison à Plaisance du Touch agrémenté d'un terrain de 900 m2. Pour les vacances, elle aimerait bien l'échanger contre une maison en bord de mer : « J'ai déjà expérimenté le procédé en 2008, explique cette mère de famille. Par souci d'économie. Dès qu'une famille de quatre personnes désire partir en vacances, c'est devenu très cher aujourd'hui. Cette solution est un moindre coût. On dépense juste le transport, c'est idéal. J'ai déjà eu plusieurs propositions, notamment pour Cordoue et dans l'Est de la France. C'est encore un peu tôt pour me décider, j'attends ».
« Notre site n'offre pas moins de 27 000 offres en ligne sur le monde entier, remarque Christelle Mistroc Dit Pachet, chargée de clientèle pour la France sur le site trocmaison.com, qui héberge un réseau de 10 sites.
Depuis janvier, le procédé est en plein boom. Il est vrai qu'il permet d'économiser entre 50 et 70 % du budget vacances. Les Toulousains privilégient les résidences en bord de mer, plutôt version sud ». Mais pour échanger son bien, quels sont les critères nécessaires ? « Il suffit seulement d'avoir un bien décent et confortable, poursuit la responsable. Les offres sont nombreuses sur notre site et le public peut les consulter avant de s'inscrire ». Cette inscription d'un montant de 79 € par an est renouvelable gratuitement si aucun accord n'a été trouvé.
LA DEPECHE (ALBI)
Albi. Ils échangent leur logis pour les vacances
Prêter son logement au lieu de louer pendant les congés. La formule séduit en région.
« Un mois dans la région du grand Canyon, trois semaines à Stockholm, un Noël à Barcelone ou encore un week-end à Avignon ». La liste des dernières escapades de Sylvie, professeure d'université laisse penser qu'elle est « accro » aux voyages. Pourtant, cette Albigeoise de 46 ans est simplement une adepte du « home exchange » ou échange de maison, un concept importé d'outre-Atlantique et qui permet de voyager sans se ruiner.
La recette ? Un prêt de logement (appartement, maison ou encore villa avec piscine) mutuel entre deux familles pour une durée plus ou moins longue. Un échange de clés et les vacances « low-cost » peuvent débuter pour le prix d'un billet d'avion ou d'un plein d'essence. Soit « une économie de 50 % à 70 % » sur le budget vacances selon les spécialistes.
Ainsi, le site www.trocmaison.com propose pas moins de 27 000 annonces sur 118 pays.
LE DAUPHINE LIBERE
Faites comme chez vous
Eté comme hiver, les échanges de logement se multiplient
Ils ont quitté pour deux semaines leur maison d'Ugine, la chatte à nourrir et les plantes à arroser. Et les voilà dans un grand appartement climatisé de 120 M2 dans un quartier résidentiel de Barcelone. "Nous avons trouvé un petit cadeau de bienvenue. Ils avaient fait les courses et laissé leurs bonnes adresses avant de partir, et vous verriez la bibliothèque" s'enflamme Nicolas Perrin joint par téléphone alors qu'il s'apprête à partir pour la plage avec son épouse et leur fils.
Comme chaque année depuis 2005 ils échangent leur logement le temps des vacances en trouvant leurs adresses sur internet. Après Paris, Montpellier et Londres, ils ont voulu revoir la Catalogne.
Une question d'argent ? Pas vraiment. "Je suis ingénieur en informatique et je gagne plutôt bien ma vie. Nous laissons notre maison à un psychanalyste de renommée internationale après avoir eu des enseignants et un fonctionnaire du ministère de la défense. C'est l'esprit de cette formule qui nous a plu dès le départ. Il y a une confiance et une convivialité que l'on ne trouverait pas dans une location classique. On appelle avant l'échange. On garde aussi des contacts après. Jusque-là nous n'avons eu aucune mauvaise surprise."
Nicolas Perrin estime économiser plus de 2000 € pour les deux semaines. "Autant d'argent qui nous évitera de faire la cuisine, même si nous avons tout le confort ici. Nous prérons consacrer ce budget pour les visites et les restaurants." Le côté pratique n'est pas non plus négligeable. "Pendant ce temps, notre maison est occupée alors que toutes les autres sont vides dans le voisinage."
A Challes-les-Eaux, M. et Mme Feuillet laissent tout à leurs hôtes: la maison, la voiture et même le matériel de ski. "La dernière fois, c'était en février, des anglais qui sont venus à cinq en famille et qui voulaient faire du ski sans pouvoir se payer les grandes stations. Nous échangeons depuis 2006. Londres, Danemark, Suède. Avec nos trois enfants de 16, 14 et 10 ans, nous ne pourrions pas voyager aussi loin à cinq autrement. On ne cache rien et nous n'avons jamais eu de déception au retour. C'est une question de mentalité et d'ouverture d'esprit. Notre fille veut même aller travailler plus tard à l'étranger."
Trop tard pour les candidats cet été, mais ils peuvent prospecter dès maintenant pour l'hiver. La Savoie est une destination particulièrement convoitée.
LA CHARENTE LIBRE (Angoulême)
VIENS CHEZ MOI, J'HABITE CHEZ TOI
Ils ont échangé leurs maisons pour les vacances ou plus longtemps. Rencontre avec des Québécois qui vivent comme chez eux à Angoulême
Sur la table du petit-déjeuner, il y a des crêpes et du fromage, du beurre d'érable, du beurre de «peanut», des croissants et de la baguette fraîche... On se croirait à l'hôtel, mais on est à la maison. Et comme une Angoumoisine du centre-ville, Danielle Boucher était «d'bonne heure sur le piton au marché» ce matin. Elle a l'accent québécois du touriste de passage, comme son mari Léopold Alain et leur fille Frédérique Boucher-Alain, 10 ans. Sauf qu'ils sont presque chez eux à Angoulême, dans la maison de Michel Moatti et Marie-Line Huc (conseillère municipale), pendant que le couple angoumoisin est chez lui dans la maison des Boucher-Alain à Québec (lire encadré).
L'échange de maison, une autre façon de voyager, moins chère, plus conviviale et pleine de surprises. ça fait cinq fois que Léopold raccroche en croyant décrocher le téléphone... «On est toute mêlés dans le fonctionnement», rigole Danielle. C'est comme la laveuse... «90 minutes, c'est du sport chez vous ! J'te dis que le blanc il est blanc !» En plus, y a pas de moustiquaire. «La première nuit, j'ai pas dormi. Je me disais que les oiseaux allaient rentrer dans la maison.» Il faut dire que chez eux, ce sont les écureuils et les ratons laveurs qui s'y s'inviteraient plutôt. Pas de risque à Angoulême.
La première étape du voyage, premier bain à la française pour une famille arrivée le 24 juillet... mais qui ne repartira au Québec qu'en 2010. Six mois, 24 semaines, dont 15 assurées en squattant la maison des autres. Partout, d'Angoulême à Talmont en Vendée, de Paris à Forcalquier en Provence, en passant par l'Alsace, les Alpes et même la Belgique. «Mais six mois en Europe au prix de l'euro, on aurait pas les moyens», dit Danielle. Le budget: 1.000 $ canadiens par semaine.
Directrice d'école secondaire, elle avait six mois de congés payés en retard à prendre... «Mais je voulais pas rester les deux pieds sur la bavette du poêle». Résultat: toute la famille s'y colle. Léopold, instituteur à la retraite, et Frédérique... qui pourrait rentrer en CM2 en septembre et à qui les parents feront cours après les vacances.
ça leur a pris un an à tout préparer. Un an à potasser les offres sur le site internet Trocmaison.com, à sélectionner les maisons et leurs habitants... à en accueillir aussi. Il y a l'échange de maisons, il y a aussi l'hospitalité en différé. «Le plus intéressant parce qu'on rencontre les gens avec qui on échange les maisons, dit Danielle. Il y en a qu'on a déjà reçus dans notre résidence secondaire et chez qui on va aller prochainement.»
Le Français plus farouche que le Québécois
A Angoulême, ils se sont juste croisés. «A date [Jusqu'à pr ésent], ici, l'accueil est formidable. Au marché, à l'office de tourisme, dans les visites, tout le monde est très sympathique avec nous.» Mais le Français s'apprivoise lentement. «Un des objectifs qu'on croyait atteindre, c'était rencontrer les voisins, se faire des contacts... Mais si on t'avait pas rencontré, on aurait passé trois semaines ici à nous trois», se marre Léopold. «La madame là-bas, elle est super fine [gentille], ajoute Danielle. Elle dit bonjour, mais elle n'ose pas nous parler...»
La vérité sort de la bouche des enfants. «Au Québec, il n'y a pas de clôture, ici on ne voit pas les gens», dit Frédérique. Heureusement, il y a du bon fromage. Le cliché n'est pas ennemi de la vérité. Juste un peu exagéré... «Dans notre tête, on pensait que les Français allaient tous les matins chercher des croissants et une baguette fraîche», rigole Danielle. C'est pour ça que Léopold pose sur la photo, avec Frédérique, la baguette sous le bas à Victor-Hugo. Sur la table, le scrapbook de Frédérique côtoie un exemplaire de «Maria Chapdelaine» et des plans qui ont un air de fin de vacances.
En trois semaines à Angoulême, les Québécois ont sans doute fait péter les scores de visites régionales: murs peints, musées, énigmes d'Angoulême, bain à Nautilis, château de La Rochefoucauld, vélorail à Roumazière, chocolaterie Letuffe, caves de pineau, maisons de cognac, balade en gabarre, rando des Eaux-Claires, visites de Saint-Emilion, Royan, bac du Verdon... Pas sûr qu'un Charentais pur beurre dise mieux qu'un Québécois pure laine.
LE POPULAIRE DU CENTRE
MALIN ¦ Les échanges de maisons pour découvrir un pays de façon économique se multiplient
Qui veut voyager loin échange sa maison
«Nous sommes partis en famille trois semaines au Québec. Et pour un coup d’essai, ce fut un coup de maître ». Anne Coubret est toujours sous le charme de ce voyage effectué en juillet 2007 avec son mari et ses trois enfants (âgés à l’époque de 9, 13 et 15 ans). Le tout en échangeant leur maison avec des Québécois (un couple et un enfant).
Prêts à recommencer. Cet été, pour des raisons professionnelles, cette famille domiciliée au Palais-sur-Vienne, n’a pas pu renouveler l’expérience. « Nous nous y sommes pris trop tard », regrette le couple. Mais ce n’est que partie remise. « Nous sommes prêts à recommencer. Et pourquoi pas dans un pays anglo-saxon ? En revanche, pour l’été prochain, il est préférable de commencer ses recherches dès maintenant », conseillent Anne et Gauthier. Le couple ne tarit pas d’éloges sur ce type de voyage. « On est bien logé, on se sent comme chez soi et c’est mieux que certaines locations ». En plus, le Québec est francophone. Un souci de communication écarté. « Nous avons vraiment pu nous imprégner dans la vie locale », apprécie Anne. « Notre séjour a duré trois semaines et nous avons effectué sur place entre 4.000 et 5.000 kilomètres », poursuit encore émerveillé son époux. En fait, la famille Coubret est arr ivée en avion à Montréal. « A l’aéroport, nous avons échangé avec les Québécois les clés de nos maisons, mais aussi de nos voitures, raconte le couple. En plus, nous avions décidé de nous prêter nos téléphones portables. "Nous ne nous connaissions pas avant et nous ne disposions que d’une heure pour faire ces échanges…" Gonflé ! Même si les familles s’étaient préalablement “rencontrées” sur Internet pour organiser ces déplacements.
Parallèlement, des plans “B” étaient prévus. En cas de problèmes à l’aéroport de Montréal, le fils aîné des Québécois aurait guidé la famille limousine. Au Palais-sur- Vienne, les parents du couple Coubret étaient préparés à faire de même. Bref, des sécurités réduisaient les risques. « "Nous aimons voyager en adoptant le mode de vie des locaux, apprécie Anne Coubret. Avec ce type d’échange, vous vivez dans une maison typique. Vous êtes comme chez vous. Et sincèrement, c’est mieux que certaines locations. En plus, c’est vrai, il y a un aspect économique non négligeable ".
Autre intérêt : généralement les familles ne se perdent pas de vue et restent en contact. Via Internet « nous échangeons de temps en temps, confirme Gauthier. Cette année, ils sont allés en Polynésie. Nous espérons les recevoir l’an prochain ». La famille Coubret est donc prête à renouveler l’expérience l’été prochain. « C’est une belle expérience pour nous et nos enfants, reconnaissent-ils. Et pourquoi pas les États-Unis, l’Australie ou le Canada ? »
LEURS CONSEILS
Important. Pour la famille Coubret, il est capital « de s’y prendre assez tôt. Il faut bien choisir le lieu où l’on souhaite se rendre et cibler ce que l’on veut y faire. C’est surtout un contrat moral avec l’autre famille. Nous nous sommes transmis des copies de nos contrats d’assurances. Nous avons laissé (et aussi trouvé) sur place des indications concernant le fonctionnement de la maison, les numéros de téléphone pratiques (médecins, etc.), les modes d’emploi des machines ». Partir en vacances en échangeant sa maison est très tendance. Les avantages sont multiples. Mais il faut préparer son voyage bien en amont. QUÉBEC.
Les économies du budget vacances peuvent aller jusqu’à 70 %
Christelle Mistrot Dit Pachet, coresponsable de Trocmaison (trocmaison.com) pour la France répond à quelques-unes des questions que vous vous posez.
Combien d’offres comptabilisezvous ?
« Nous avons plus de 24.000 membres dans le monde, dont plus de 3.700 Français. En 2007, nous avons connu une augmentation de 88 %, et 2008 devrait voir une croissance très importante du nombre des membres ».
Quel niveau d’économie les usagers de sites comme le vôtre réalisent-ils ?
« Les économies réalisées représentent au moins 50 % du budget vacances. Elles peuvent même aller jusqu’à 70 % ».
Quelles sont les destinations les plus prisées ?
« Actuellement, ce sont l’Italie, l’Espagne, l’Australie, la France, l’Angleterre, les États-Unis, le Canada, la Suisse, les Pays-Bas puis la Nouvelle- Zélande. En ce qui concerne la France, on peut citer la Provence, la côte méditerranéenne, Paris, les Alpes, la Bretagne, le littoral Atlantique. Toutefois, il faut souligner que les adeptes des échanges sont également attirés par des régions réputées peu touristiques, privilégiant l’authenticité et la vie préservée, la tranquillité et la découverte de lieux hors des sentiers battus ».
Est-il possible d’échanger sa maison secondaire ?
"Il est bien évidemment possible d’échanger sa résidence secondaire. De nombreux membres le font. Nous proposons d’ailleurs une recherche ciblée permettant de consulter les offres concernant des résidences secondaires. En outre, cela permet de réaliser des échanges non simultanés"
Quels sont les frais d’inscription pour bénéficier de vos services ?
« 75 euros pour un an, 95 euros pour deux ans ».
Peut-on échanger sa maison lorsque l’on est locataire ?
« Il n’y a aucune transaction financière. L’échange de maisons ou d’appartements ne peut en aucun cas être assimilé à une sous-location. C’est plutôt l’équivalent d’inviter des amis à la maison. Ce que tout locataire est en droit de faire. En revanche, il est recommandé, par courtoisie, d’informer le propriétaire. Mais ce n’est pas une obligation. Un très grand nombre de nos membres sont locataires Et aucun ne nous a signalés de conflit avec un propriétaire ».
LA REPUBLIQUE DU CENTRE
Troquer sa maison durant l'été pour des vacances à moindre frais
Dans le Loiret, plusieurs familles s'y essaient avec bonheur
Il a y deux ans, la famille Ménard/Gazaud, le couple et leurs trois garçons, âgés de 5 ans, 3 ans et 9 mois à l’époque, ont pris le chemin du Danemark alors que leurs hôtes traversaient l’Europe dans le sens inverse. « Ils nous ont accueilli le jour de notre arrivée puis sont partis le soir même. » Une ou deux photos de la maison, une inscription sur un site Internet d’échanges: en quelques semaines et quelques mails, l’affaire était conclue.
« Comme à lamaison »
Décidée sur un coup de tête, Nathalie ne voit aujourd’hui que des avantages à ce nouveau mode de vacances« comme à la maison ». « On a eu une grande maison pour rien pendant deux semaines alors qu’il aurait fallu compter 1.400 € pour en louer une. L’autre avantage, c’est qu’on voyage léger car tout est sur place : les draps, les serviettes, les jouets pour les enfants : le Danemark c’est la patrie du Lego, ils se sont régalés! Les propriétaires laissent également le plus souvent une voiture à disposition. Et quand la machine à laver ou l’ordinateur ne fonctionne pas, il y a toujours un ami ou un parent prêt à venir dépanner. C’est agréable d’arriver dans un endroit presque connu, c’est moins impersonnel même s’il nous a fallu quelques jours pour prendre nos marques. Mais ne serait ce qu’au niveau de la nourriture, c’est pratique; on a pu goûter les produits locaux dans le frigo avant de faire nos courses. Depuis, on a eu d’autres propositionsen Irlande, en Écosse et même une en Alaska mais là il faudra attendre que les enfants soient un peu plus grands."
Les États-Unis, Nicole Hermann en revient. Au printemps, elle a troqué son coquet pavillon de Chailly-en-Gâtinais, en pleine campagne, contre celui d’un couple californien. « Notre fille vit là-bas depuis 2003 », explique la jeune pré-retraitée. Si elle et son mari ont finalement peu utilisé la maison, elle est surtout ravie des liens tissés avec «Megan et Rex. On continue à se donner des nouvelles, ce sont des gens charmants. Ils ont adoré leur séjour même s’ils ont trouvé tout très petit : la maison (ndlr : qui comprend quand même trois chambres) et le lit. C’est vrai que chez eux, tout est « king size », raconte-t-elle, éblouie par leur « énorme maison en bois comme par la berline allemande laissée à leur disposition. Nous aussi nous avions entièrement confiance : la preuve j’avais laissé mon chèquier dans le tiroir ! Nous avions tout fait pour qu’ils se sentent à l’aise: notre fille est venue les chercher à la gare et leur a montré où faireles courses. Nous leur avions également préparé un book avec les lieux à visiter et les restaurants. »
Aujourd’hui, Nicole hésite entre partir auJapon ou en Australie. « Notre annonce a été vue près d’un millier de fois et on a des dizaines d’offres. Mais notre rêve, aujourd’hui, ce serait de nous installer aux États-Unis auprès de notre fille. » Elle pourra alors toujours échanger sa maison au bord du Pacifique pour venir voir ses amis dans le Loiret...
L'ESSOR SAVOYARD
Des Annéciens ont troqué leur maison pour les vacances : un système très économique Les vacances, c'est l'occasion de se dépayser en découvrant de nouveaux horizons. Mais les locations restent souvent chères. Alors rien de mieux que d'échanger sa maison. Des Annéciens font part de leur expérience. Le site "Trocmaison.com" s'apparente à une base de données de maison et d'appartements situés un peu partout dans le monde. Chaque logement possède sa fiche avec une ou plusieurs photos et une description assez complète de ses caractéristiques : superficie, nombre de chambres, situation géographique dans la ville ou le village, commodités... Pour adhérer au site, il suffit de s'inscrire en donnant ses coordonnées et payer en ligne. Il s'agit ensuite de donner la date et la durée envisagée de son séjour, combien de personnes occuperont les lieux, l'endroit où l'on souhaite aller et combien de personnes peut accueillir son propre logement... Ce système est en pleine expansion en France et notamment à Annecy, où certains résidents ont été très vite séduits par ce genre de pratiques. C'est le cas de Marc et Marie Vial. Les deux Ancileviens ont découvert par hasard le site de Trocmaison. "On a tapé "échanges de maison" sur le net et on est tombé sur deux-trois sites spécialisés, dont Trocmaison pour la France", raconte Marc Vial, "on a regardé un peu comment ça marchait et ce qui était proposé". Convaincu, le couple est inscrit depuis 3 ans sur le site et a déjà bien voyagé grâce aux échanges de maison. Première destination en 2005 : le Canada et l'est du pays. "On y a passé trois mois et les Canadiens avec qui nous faisions l'échange sont restés deux mois et demi à Annecy-le-Vieux", témoigne Marc Vial, "ils étaient vraiment très sympas et sont devenus aujourd'hui des amis". Trocmaison est un concept basé sur la confiance. Chacun prend soin des maisons et des voitures des autres. Côté assurances, les "échangeurs" se mettent d'accord avec leur agence pour pallier à d'éventuels dégâts. "Jusque-là, tout s'est bien passé", assure l'Ancilevien en pré-retraite. Cet été, le couple s'est rendu en Ecosse et en Irlande et prépare actuellement un voyage de 4 mois en Australie l'an prochain. Marc Vial, qui est ravi de ses expériences, estime que les Français sont encore craintifs à l'idée de confier leur habitation. "Les Canadiens sont en avance, d'ailleurs le concept existe depuis une vingtaine d'années. En France, il y a trois catégories de personnes : celles qui ne connaissaient pas le principe mais qui trouvent l'idée géniale, celles qui sont intéressées mais qui ne savent pas comment s'y prendre et celles qui sont complètement contre". Marc Vial reconnait que ce système permet de belles économies. "Nous n'avons aucun frais à part le billet d'avion et puis le coût des dépenses quotidiennes est moindre. En plus, on passe moins pour des touristes, qui vont d'hôtel en hôtel. Là, on vit vraiment la vie locale grâce aux voisins et aux amis de nos "partenaires". D'ailleurs si on voyage, c'est aussi pour découvrir des cultures différentes et on a de la chance car Annecy est une ville très prisée par les étrangers". Un avis que partage entièrement la famille Roux. "On en a parlé avec des amis, ça les fait rêver en règle générale mais ils ont peur de laisser leur maison à des inconnus", explique Marie, la mère de famille de Seynod, "Annecy est une ville très appréciée sur Trocmaison, mais dans d'autres endroits de France, il doit être peut-être plus difficile d'échanger. A contrario, certaines villes trop touristiques paient les conséquences de la cherté de la vie. Les frais sont tellement élevés que les gens préfèrent prendre l'avion et partir ailleurs". Marie et Christophe connaissent le système d'échange de maison depuis dix ans maintenant. "Une année, des amis ne pouvaient plus partir, alors nous avons pris leur place et depuis on adore ça", s'enthousiasme Marie Roux. Depuis, le couple Roux s'est inscrit sur Intervac et Echanges Enseignants (qui a fusionné avec Trocmaison, ce qui a permis à la famille de s'inscrire sur le site en novembre 2006). "On se sent comme chez nous" Depuis 1999, accompagné de ses enfants, le couple part chaque été en Bretagne et dans le Sud de la France. A leur actif : Quimper, Montpellier, Saint-Malo, Saint-Rémy de Provence, Vannes, Nice, Lorient... En 2003, la famille s'est même accordée le "luxe" d'échanger leur maison avec des espagnols de Murcia. Les Roux ont remis le couvert en 2006 à Tarragone et en 2007 à Estepona (en Andalousie). La famille seynodienne, outres les économies de location faites grâce à cette opération d'échange - "surtout quand on a des enfants" - s'accorde à dire qu' "une maison occupée par d'autres l'été, c'est toujours rassurant pour éviter les vols. Et puis, pour ceux qui ont un jardin ou des fleurs, ils sont sûrs que tout sera bien entretenu durant leur absence". Marie et Christophe Roux apprécient aussi que tout soit à disposition dans les maisons : les jeux pour les enfants, les disques, les livres... "On se sent vraiment comme chez nous tout en respectant l'intimité des gens. Tout cela contribue au charme des échanges". Les Roux ne sont donc pas prêts de s'arrêter. Ils aimeraient maintenant traverser les mers et océans pour découvrir la Finlande, les Etats-Unis, le Brésil ou encore l'Angleterre.
NEWSWEEK INTERNATIONAL (Traduction)
Une façon considérablement moins onéreuse d'être comme chez soi en vacances
Une entreprise de Californie appelée HomeExchange.com met en ligne 16 000 maisons disponibles pour l'échange dans 110 pays. "Depuis que notre site a inspiré la comédie romantique "The Holiday" dans laquelle Cameron Diaz et Kate Winslet échangent leurs maisons pour fuir un chagrin d'amour, le nombre d'inscriptions a doublé" dit Ed Kushins, Président de HomeExchange. "C'est meilleur marché. Le rapport qualité/prix est imbattable. En plus, vous pouvez vous faire de nouveaux amis", dit Dave Ashton, de Phoenix, Arizona, où il est propriétaire d'un golf. Il se prépare à faire un échange de longue durée l'année prochaine avec deux familles françaises. "Le troc de maison est en train de changer les habitudes des gens pour leurs vacances." Depuis les débuts d'Internet, les échanges de maisons internationaux sont passés du stade artisanal à une niche en plein boom, avec seulement une poignée d'agences basées sur le Web qui facilitent 50,000 échanges par an.
OUEST FRANCE
Échanger sa maison pour partir en vacances, rencontre avec des habitués.
Qui s'occupera d'arroser les plantes ? Qui pour nourrir le poisson rouge ou récupérer le courrier ? Ces questions, Peggy et Damien ne se les posent plus lorsqu'ils partent en vacances. Depuis trois ans, ils ont trouvé un moyen astucieux pour ne pas laisser leur maison à l'abandon durant l'été, et surtout profiter d'un hébergement gratuit. Ce couple saint-lois pratique l'échange de maisons.
Le principe est simple. Une personne s'installe chez vous pendant que vous vous installez chez elle pour des vacances d'une à plusieurs semaines. « Le principal avantage c'est de disposer d'une maison plus grande qu'une simple location de vacances et avec tout le confort. Il ne faut emmener que ses vêtements ! », explique Damien, installé sur son canapé qui a déjà vu passer trois familles. « Depuis 2005, nous sommes allés aux Pays-Bas, en Provence et dans l'Aveyron », indique sa femme, Peggy. « Il faut rester ouvert sur son lieu de destination au risque de ne pas trouver son bonheur. »
Faire confiance à son hôte
Échanger sa maison n'est certes pas sans risques mais notre couple préfère positiver : « Il faut partir sur l'idée que des gens qui veulent échanger n'ont pas un mauvais esprit. En revanche, s'il existe le moindre doute au cours des échanges, il ne faut pas conclure. » En cas de détérioration dans le logement, ou de vol, il n'existe aucun recours, si ce n'est la responsabilité civile. Pour parer à toute panne ou désagrément, il est souvent bienvenu de partir en laissant une notice pour chaque appareil ménager.
Voyager autrement
En mettant ses craintes de côté, échanger sa maison le temps d'un week-end ou de quelques semaines reste une manière ludique de faire des économies et de profiter différemment de son lieu de séjour. « Lorsque nous sommes partis en Provence, louer une maison comme celle que nous avions nous aurait coûté près de 3 000,00 €, s'étonne encore Peggy. En supprimant ces frais de logement on profite beaucoup plus. » En plus d'échanger leur lieu d'habitation, bien souvent ce sont aussi leurs habitudes qu'échangent les vacanciers. « On indique notre charcutier ou boulanger préféré et d'autres bonnes adresses pour découvrir le terroir loin des circuits touristiques ». Malheureusement, cette année, Peggy, Damien et leurs trois enfants ne pourront pas échanger leur maison, ils partiront pour la Vendée, en mobile-home. « 900 € pour 15 jours, ça nous change ! Forcément on va être plus regardant pour les loisirs », confie Damien. Ils se rattraperont l'année prochaine, dans les Pyrénées-Atlantiques, puisqu'une famille les a déjà contactés en vue d'un futur échange.
LE JOURNAL DE SAÔNE ET LOIRE
La tendeance de l'échangisme de maisons fait fureur
Un Chalonnais adepte de cette formule avec deux échanges de maisons à l'étranger témoigne.
Une famille chalonnaise, adhérente pour cinq ans au prix d’une centaine d’euros, du site Internet Trocmaison. com est partie à l’étranger à deux reprises grâce à ce nouveau concept. «On habite Chalon depuis quatre ans dans une région touristique et dans une maison confortable au bord de la Saône et on a pensé que c’était un bon moyen de voyager», explique Jean qui affirme n’avoir jamais eu aucun état d’âme ni aucune réticence à prêter son chez soi. Nous avons cherché des sites et grâce à Trocmaison. com, on a fait deux échanges, l’un en Floride et le second à Londres durant une semaine». Les deux périples ont enchanté la fratrie composée de cinq personnes. «C’était à la hauteur de ce que l’on espérait, nous étions ravis à tout point de vue. L’échange de maisons permet de voyager loin en ayant moins de frais de location, on peut ainsi dépenser plus pour le reste du budget des vacances». Des conditions de confort «très intéressantes» par rapport à la location ajoutées aux contacts avec les gens sur place ont fini de convaincre cette famille. Les Américains ont apprécié la région «Les gens chez qui on se rendait avaient préparé notre voyage sur place avec les choses à voir, des cartes touristiques, des coordonnées. Pour les États-Unis, on a disposé aussi de l’échange de voiture». Quant à leur prêt temporaire de maison à Chalon, à deux reprises, le deal a été respecté. «Nous avons trouvé notre maison impeccable à notre retour. Les Américains étaient ravis d’être venus. Ils ont apprécié la région et ont laissé des photos souvenirs! Ils ont surtout apprécié le festival «Chalon dans la Rue» et le Tour de France pour l’’ambiance. Ils ont aussi visité Beaune, Tournus, Cormatin.».
Destination:le Canada
Jean et sa famille ont déjà préparé leur prochain séjour à l’étranger grâce au même site Internet, Trocmaison. «Nous allons au Canada pour trois semaines, à Vancouver, on a trouvé une maison à proximité de cette ville, c’est conclu depuis le mois de janvier, on part trois semaines », ajoute Jean qui a constaté que des habitudes à ce mode de fonctionnement étaient effectivement plus tournées vers l’Angleterre et l’Amérique du Nord «mais il y a pas mal de maisons en France désormais». À Londres, les «logeurs « du clan familial chalonnais en étaient à une quinzaine d’échanges de maisons. «Ils avaient même installé chez eux un livre d’or !», sourit le quadragénaire qui reconnaît avoir eu des propositions «à la pelle pour l’Australie» Jean estime, qu’outre le milieu social, les échanges de maisons touchent un milieu «ouvert» ayant un «certain état d’esprit qui fait tomber les réticences à accueillir l’autre. Il y a beaucoup d’enseignants ou de professions un peu intellos sur le site.» Enfin, le point faible ou fort selon comme on l’analyse, «ça oblige à ranger la maison avant de partir en vacances, et à faire un peu de place dans les placards...»
VACANCES PRATIQUES
Chez soi...mais ailleurs.
C'est une formule que le plus grand nombre de Francais pratiquent en partant tout simplement dans leur famille. Mais pour élargir le cercle des possibilîtés, Internet est désormais un allié de poids: il met en contact des amateurs qui ne se connaissent pas mais sont prêts à faire confiance pour prêter leur logement Objectif simple, la découverte. Sans se ruiner en location, chambre d'hôtel et autres restaurants. Il suffit pour cela de trouver un « partenaire d'échange » avec qui troquer sa maison, son appartement ou sa villa, le temps d'un week-end ou d'une semaine. Voire plus, si affinités.
« J'ai réussi à échanger un appartement à Lyon contre une grande maison en Vendée ! En bord de mer, avec tout le confort: l'endroit était idéal pour passer de bonnes vacances avec mes enfants », explique Anne Vaillat, 30 ans, qui trouve de nombreux avantages à ce concept. Villa avec piscine, maison de campagne, petit appartement au cour de la capitale... En théorie, tout est possible. En pratique, il faut réussir à dénicher l'oiseau rare prêt à faire l'échange, et là, ça se complique. Car pour échanger son bien, il faut d'abord le «vendre», c'est-à-dire mettre en avant ses qualités, ses aménagements ou sa proximité avec des lieux touristiques. Une fois l'accord passé, il faut encore pouvoir se mettre d'accord sur la date ! Anne Vaillat avoue que «Le seul point faible de ce système est de ne pas pouvoir partir sur un coup tête, car il faut trouver des personnes cherchant à partir au même moment ». Fêtes de fin d'année, vacances scolaires, week-end prolongé... Les envies des uns ne correspondent pas forcément aux attentes des autres, même s'il existe un compromis: l'échange de maison «en différé», plus facile à organiser lorsque les biens sont des résidences secondaires.
Les échanges peuvent bien sûr se faire en France (une Bretagne contre une Provence par exemple), ou avec l'étranger (France contre Angleterre, Espagne, Italie, Etats-Unis, voire même Australie!). Hélène Da Costa, la cinquantaine, en témoigne avec enthousiasme : «J'en suis à cinq échanges et je compte bientôt recommencer! J'ai eu la chance de troquer un petit appartement parisien contre des endroits plus grands, où j'ai pu emmener toute ma smala : Caen, Cherbourg mais aussi Londres, Amsterdam et Barcelone».
Les membres consultent les offres, sélectionnent celles qui correspondent à leurs attentes et contactent eux-mêmes les propriétaires. En gardant à l'esprit que multiplier les propositions augmente les chances de trouver son bonheur. Et pour peaufiner l'échange, le meilleur contact reste direct, par téléphone, e-mail, courrier, aussi bien pour convenir des dates que pour entretenir la relation ou échanger des photos. Apprendre à se connaître pour établir une relation basée sur la confiance, et pourquoi pas échanger des «bons tuyaux » : musées, monuments, restaurants ou balades à faire.
A quoi s'ajoute le confort d'un hébergement « qui possède une âme», selon Hélène Da Costa, à partir duquel visiter la région loin des sentiers battus, pour se fondre dans la "couleur locale".
VACANCES DE LUXE
Echanges de maisons de luxe
Vous possédez un appartement à Paris et rêvez de partir dans une villa à Los Angeles ? Les sites d'échange de maison sont faits pour vous. Quelques clics suffisent pour réserver des vacances très particulières.
Le principe est simple: pendant que vous vous prélassez sur les bords de la piscine d'une villa en Grèce, les propriétaires eux prennent possession de votre logement en France. Une idée originale qui séduit de plus en plus de voyageurs, y compris dans le secteur du haut de gamme. Las des chaînes hôtelières impersonnelles, les échangeurs décident de troquer leur maison pour partir en vacances autrement. L'avantage économique est idéniable mais ce n'est pas l'argument principal. Vivre dans la maison d'une autre famille induit un rapport plus authentique, plus sentimental avec le pays visité. L'occasion idéale de se débarrasser de ses oripeaux de touriste et d'en apprendre plus sur les mœurs du pays qu'avec n'importe quel guide de voyage.
Pratique :
Trocmaison , 9 ans d'existence, compte 20 000 membres. Il édite également depuis 2 ans un site spécifique d'échange de maisons de luxe.
BX SUDPRESSE (Belgique)
A Bruxelles, l'échange de maisons pour les vacances a le vent en poupe.
Un petit studio en plein centre-ville contre une villa avec piscine en Toscane, tout est désormais possible... ou presque! Convivialité, intégration à la vie locale, parfois familiale, en mêlant confort et aventure, avec des frais de logement quasi inexistants... les trois mois passés en Australie par Erik Cotman et sa famille auront très vite démontré à ces amoureux des voyages les atouts d'une formule chaque jour plus en vogue.
Le concept, d'une redoutable efficacité: échanger sa maison contre une autre, pendant un temps déterminé, comme sont déjà prêts à le faire les quelque 10.000 membres inscrits dans 85 pays sur www.trocmaison.com . Coût? Un peu moins de 50 €, pour avoir la possibilité pendant un an de proposer son bien en ligne et de consulter les offres d'échange... avec la garantie d'une 2ème année gratuite si aucune affaire n'a été conclue durant la première.
"Nous étions parmi les premiers à nous inscrire sur Bruxelles", se souvient Erik Cotman. "Aujourd'hui; nous recevons chaque semaine des propositions des Etats-Unis, d Australie, d'Ecosse, essentiellement du monde anglophone. La dimension européenne de notre capitale est appréciée ainsi que sa proximité avec Paris, Cologne ou Amsterdam, la mer comme les forêts ardennaises..."
Erik Cotman ajoute "À I'exception d'une petite pièce fermée à clés, nous laissons tout notre intérieur, et souvent notre voiture, à disposition de nos hôtes". "Mais nous communiquons toujours bien sûr avant notre départ, pour connaître le nombre d'enfants éventuels, la présence ou non d'animaux... Les photos de la maison en disent aussi beaucoup sur les propriétaires."
Aucune durée minimum de séjour, relative souplesse dans l'échange, simultané ou non, avec toutefois un minimum de règles de respect du bien d'autrui, la formule aura séduit de la même façon Peter Bracke, qui n'a pas hésité à acheter un appartement au 24ème étage d'un immeuble, face à la tour Madou, pour mieux répondre à la demande! " L Australie, l'Afrique du Sud, les Etats-Unis, l Angleterre, l'Italie... cela fait 14 ans que nous voyageons de cette façon avec nos trois enfints. Nous offrons, nous, de partager le séjour entre notre maison à Gand et notreappartement à Saint-Josse! Ce type d'échange permet une vraie vie privée, on évite les restos en cuisinant sur place, et on part beaucoup plus loin grâce aux économies d'hébergement. En ayant la clé de la maison, on a l'impression d'être chez soi, à l'autre bout du monde! "
À côté de ces habitués, Karen Fabbri tentera elle la formule pour la première fois cet été, en partant 3 semaines à Toronto.
" Mon fils va apprendre l'anglais et je souhaitais, rester proche de lui, sans le côté impersonnel des hôtels et avec plus de flexibilité. Nous avons choisi une maison en ville, avec un beau jardin. Les propriétaires ont des enfants et donc des jouets, et nous nous occuperons de leurs animaux." Tout en souriant: "Mes parents me trouvent folle, mais moi, j'ai confiance."
L'ALSACE
Venez chez nous, on va habiter chez vous!
L'échange de maisons a le vent en poupe. Depuis 10 ans, ce mode de tourisme économique et convivial ne cesse de se développer grâce à l'internet. Un séjour clé en mains, à côté de chez vous ou aux antipodes, de 50 à 70% moins cher que la formule classique hôtel + restaurant, ça vous dit ? En tout cas c'est possible, grâce à l'échange de logement.
Après le tourisme vert (gîtes ruraux, séjours en fermes pédagogiques...) le tourisme engagé (chantiers jeunes, volontariat) ou le tourisme fluvial, il existe donc une manière de plus d'aller voir ailleurs si on y est: recevoir des étrangers chez soi pendant que l'on va habiter chez eux.
Lancé par des scientifiques et des enseignants dans les années 50, l'échange de maisons a vivoté au travers de catalogues pendant 40 ans avant qu'Internet ne change la donne.
1000 tous les deux mois environ: c'est le nombre d'inscriptions supplémentaires qu'enregistre désormais le site Trocmaison, version française du site mondial HomeExchange.com.
Lancé en octobre 2005, l'organisme comptait 8000 membres issus de 80 pays. Aujourd'hui, ils sont 17 000 membres, dont plus de 3000 Français.
"Internet c'est de la mise en relation, appuie Martine Heinzer, responsable de Trocmaison en Europe, ce qui marche c'est Meetic, YouTube...etc. En gros, le phénomène du moment c'est échanger en ligne".
Un phénomène qui, via l'échange de maisons, a tout le mérite d'ouvrir une voie hors des sentiers battus, celle du partage des cultures.
Témoignages : ils pratiquent l'échange de maison par Internet
Marie-Thérèse Eeckeleers de Soultzmatt, mariée, trois enfants, actuellement en échange à Oak Bay au Canada.
"Nous n'aimons pas les vacances en Club, ni les circuits organisés. Nous aimons vivre, pendant quelques semaines, comme si nous étions du pays hôte et discuter avec des gens sur place, hors des endroits touristiques. D'un point de vue financier, j'ai un exemple précis. En 2001, un couple de Guebwiller avec trois en fants a fait un oircult similaire au nôtre en Californie, en passant par une agence et en louant un camping-car pour 3 semaines avec entrées à Disney World etc. Ils ont dépensé l'équivalent de 13 000 € contre 5500 € pour nous via l'échange de maison."
Hans et Sonja Cunningham d'Oak Bay (Vancouver, Canada), trois enfants, actuellement en échange à Soultzmatt. "C'est notre premier échange et pourtant, on se sent à la maison ici. et fait, on a l'impression d'être chez des amis. C'est exactement ce qu'on attendait. On a été réqulièrement en contact avec nos hôtes ces dernières semaines, et on a eu la chance de les rencontrer en arrivant en France. Pour se lancer, il faut avoir envie de prendre des risques, avoir l'intime conviction que ça va marcher. Au final, c'est vraiment plus agréable que des vacances à l'hôtel ! Ici, on prend notre temps le matin, on déjeune avec vue sur le vignoble, on fait ses courses dans un supermarché français, on visite la région l'après¬midi. Evidemment, la météo n'est pas géniale pour le moment, mais vous imaginez la même chose coincés dans un hôtel à Paris ! On renouvellera l'expérience, c'est certain."
Yvan Storck de Kingersheim, marié, deux enfants, a effectué huit échanges entre 1987 et 2004. "La première expérience, en 1987, s'est faite via un catalogue. A l'époque, le choix était plus simple car les offres du catalogue allaient à l'essentiel Nous récoltions parfois jusqu'à 70 propositions, essentiellement de pays anglo¬saxons, beaucoup moins des pays européens. Mais nous ne nous sommes jamais contenté de partir en vacances par ce biais-là. Cette année par exemple, on va louer un camping-car. Mais c'est évident, nous allons renouveler l'expérience car, objectivement, ça s'est toujours bien passé. Notre devise est de fonctionner chez les autres comme on fonctionne chez nous. Mais c'est sûr qu'il faut être plutôt ouvert d'esprit... Au tout début, ma femme a fait des bonds ! Elle ne voulait personne dans son lit et encore moins dans sa cuisine ! Au final, on a échangé huit fois notre maison."
Patricia Pouliquen de Strasbourg-centre, habite en appartement, mariée, trois enfants, a effectué quatre échanges aux USA. "Pour partir, il faut s'y prendre très en amont pour les vols. Il faut ensuite choisir dans l'ordre les dates de vacances que l'on souhaite, puis la destination en fonction des offres disponibles sur internet. Ensuite vient la question du budget. En tout, le processus prend cinq à six semaines. Il est impossible de s'y prendre à la dernière minute. II y a une vraie différence en tout cas : aux USA par exemple, il faut compter 100 dollars par jour lors de vacances classiques (avec hôtel, restaurants, etc.) contre 20 à 40 dollars par jour avec l'échange de logement. Par ailleurs, le fait de payer pour adhérer à un organisme sur internet est un gage de sérieux. Quelque part, ça écrème. Mais d'une manière générale, il faut avoir le feeling pour sentir si les gens avec qui on souhaite échanger sont de bonne foi C'est un pari à faire, on ne sait jamais dans quel état on va retrouver la maison. Et puis, on peut toujours placer ses objets de valeur dans un coffre-fort. Non, le plus casse-pieds, c'est de faire le ménage de fond en comble avant de partir..."
Hannah Jordan de Falls Church en Virginie (USA), mariée, trois enfants, a effectué quatre échanges dont deux en France. "Nous avons adopté l'échange de maison comme mode de vacances non seulement parce que c'est gratuit, mais aussi parce que nous avons tout à portée de main jouets, vélos, DVD, etc. On peut faire son linge, cuisiner, faire connaissance avec les voisins c'est beaucoup plus une immersion culturelle que du tourisme. Les économies que l'on fait sur place permettent aussi de prendre des vacances plus longues, donc de meilleures vacances ! "
LE FIGARO MADAME
Vivre ailleurs comme chez soi est désormais à portée de clic
Le troc de maisons en France ou à l'étranger connaît depuis quelques années un succès grandissant.
Donner les clés de sa maison à une famille d'inconnus et, pendant ce temps-là, s'installer chez eux, dans leur hacienda mexicaine ou leur villa californienne ? C'est possible. Et moins risqué qu'on ne le croit. Considéré avec méfiance il y a quelques années, le concept d'échange de logements, imaginé aux Etats-Unis, est aujourd'hui en plein boom. « Une grande partie de nos clients séjournent à l'hôtel lors de leurs déplacements professionnels, et souhaitent un logement moins impersonnel pour leurs vacances, plus intimiste », souligne-t-on au siège du site Trocmaison, version française de l'américain Home Exchange et pionnier du genre. Idéale pour des vacances en famille, cette formule permet de marier évasion et dépaysement avec confort et commodité. Les avantages sont multiples : l'intendance est facilitée grâce à la présence d'un équipement domestique, et les enfants bénéficient d'un espace conséquent.
La formule doit évidemment son succès à la généralisation d'Internet. Des milliers d'offres sont aujourd'hui disponibles en temps réel et régulièrement actualisées par les internautes eux-mêmes. Sur le portail de Trocmaison, quelque 10 000 propositions émanant de plus de 80 pays sont accessibles gratuitement. Photos à l'appui, chaque offre détaille les caractéristiques du logement proposé, puis mentionne en retour la destination souhaitée ainsi que les dates de disponibilité. « Les échanges se font de gré à gré, en fonction de ce que les membres souhaitent », explique Martine Heinzer , responsable du site de Trocmaison. « On peut très bien proposer un deux-pièces près de la Bastille contre une maison aux Etats-Unis, du moment que les deux parties se sont mises d'accord. » Les propositions sont même de plus en plus originales. Certains internautes souhaitent ainsi troquer leur home sweet home contre un yacht, une péniche ou un mobile-home...
Immersion totale
Le plus de cette bourse d'échanges ? Sans aucun doute sa convivialité. Car pour s'imprégner de la culture d'un pays et avoir le sentiment de passer ses vacances comme un habitant du quartier, rien de tel que l'immersion totale. Une sorte de « Vis ma vie » pour de vrai... « On découvre réellement le mode de vie des gens et on lie rapidement connaissance avec les voisins ou les amis, ce qui n'est pas évident lorsque l'on séjourne dans un club ou une résidence de vacances », confirme Armelle Riou , qui a troqué sa maison des bords du lac d'Annecy contre une villa en Floride pendant quatre semaines. « De plus, la famille laisse souvent un petit book avec les bonnes adresses de restaurants et de boutiques. » Autant de bons plans que l'on ne trouve pas toujours dans son guide de voyage... Autre argument régulièrement mis en avant par les voyagistes : le coût du séjour. Ces échanges permettent en effet de choisir des destinations lointaines, tout en diminuant de moitié le prix de ses vacances. Seuls les frais de transport sont à prendre en charge. Avec à l'arrivée un pied-à-terre haut de gamme.
Pour les habitués, un troc de maison réussi se fonde avant tout sur la confiance mutuelle. Au moment de partir, les futurs occupants ne doivent plus être des inconnus : mails et appels téléphoniques ont permis de lier connaissance et d'établir un contrat écrit stipulant les différents détails à régler : utilisation du téléphone, garde des animaux... « On sent très vite si les gens sont corrects et si des affinités vont se créer », ajoute la famille Riou. Et quand le contact passe, on peut facilement demander aux hôtes de passage d'arroser les plantes ou de nourrir le chat...
Reste une interrogation : les locataires peuvent-ils également échanger leur appartement ? « Juridiquement, le propriétaire ne peut s'opposer à ce procédé, puisqu'il n'y a pas de transaction financière », répond Martine Heinzer. « C'est comme si l'on recevait des amis. » Il est néanmoins d'usage de prévenir son bailleur ainsi que son assureur pour éviter quelques désagréments.
LA DEPECHE DU MIDI
Vacances. L'échange de maisons est un marché en plein boom. Plusieurs dizaines de familles toulousaines ont sauté le pas. Témoignages.
L' autre manière de voyager
Partir en vacances sans trop dépenser, partout dans le monde, loger dans une maison agréable et meublée, avec une voiture, sans frais de location et des personnes qui vous accueillent et vous renseignent comme si vous étiez leurs amis, ce n'est pas un rêve, mais un concept qui prend de l'ampleur. L'échange de domicile sort du domaine privé et se développe par le biais de sites internet (voir encadré). De nombreux toulousains ont été conquis.
Claire Surian rêvait d'aller au Guatemala. Seulement, « le prix du billet est prohibitif quand on a quatre enfants. L'échange de maison nous permettait de minimiser les frais sur place. Pas d'hôtel, pas de petits-déjeuners, moins de restaurants, pas de frais de location de voiture. »
L'aspect financier est souvent décisif. Le voyage est la seule grosse dépense. On peut aller plus loin, en déboursant plus pour le déplacement et moins dans la vie quotidienne. Espagne, États-Unis, Canada, mais également des destinations moins accessibles, comme le Costa-Rica. Rapidement, d'autres avantages apparaissent. Pour Claire Lyell, qui a échangé plusieurs fois sa maison toulousaine depuis une dizaine d'années, « aller chez des gens qui vivent dans le pays que l'on visite permet de s'intégrer plus facilement. En observant, on peut lire l'endroit dans lequel on vit, apprendre des gens chez eux, visiter le pays de manière différente. C'est plus humain de voyager ainsi. On s'intègre plus profondément comme ça. »
Les personnes qui se prêtent leur demeures se rencontrent rarement. En revanche, elles multiplient les contacts de différente nature. Les échanges de mails d'abord, avant le départ, les derniers conseils, les cordonnées des proches qui vont leur remettre les clés. « Lorsque nous sommes allés en Irlande, c'est la sœur de la personne chez qui nous allions qui nous a accueillis. Elle nous a fait visiter la maison, nous a montré comment nourrir les poissons, arroser les plantes, etc. » raconte Claire Surian. Ces contacts peuvent être de bon conseil pour la découverte du pays.
En fin de compte, tout le monde est content. Les adeptes sont ravis de cette nouvelle manière de voyager en pleine expansion.
Une des productrices les plus célèbres d'Hollywood en a tiré un scénario. Un film dans lequel Kate Winslet et Cameron Diaz s'échangent leur maison est en préparation…
3 QUESTIONS A MARTINE HEINZER
Comment êtes vous venue à vous occuper du site pour la France ?
Mon mari est tombé par hasard sur la version américaine du site il y a quelques années. On a trouvé la formule intéressante. Nos enfants sont adeptes du surf, et nous voulions aller aux États-Unis. Nous nous sommes alors retrouvés en Californie, au sud de Los Angeles, dans une grande maison. C'était le rêve : la maison était près de la plage, il y avait des planches de surf, une Porsche et une Mercedes dans le garage.
Nous avons été invités par un voisin à un barbecue. Cette personne est le patron du site Home Exchange, Ed Kushins. Il nous a proposé de lancer une version française, ce que j'ai accepté.
Comment se porte le marché de l'échange de maison en France ? Craignez-vous la concurrence ?
Non, car la plupart des offres proposent des destinations francophones, souvent le Québec. Il y a de la place pour tout le monde. C'est le début d'un très gros marché.
LYON CAPITALE
Les lyonnais n'ont aucun problème pour échanger leur appartement
En plus de son patrimoine culturel et gastronomique, la localisation géographique de Lyon est un atout. Selon Martine Heinzer de www.trocmaison.com, «Lyon est une ville assez centrale, qui permet d’aller en Italie et de voyager dans toute la France». En général, ils ont même l’avantage de pouvoir choisir parmi plusieurs demandes étrangères.
Cadres moyens, supérieurs, ou issu de professions libérales, ces échangistes d’un genre nouveau apprécient les économies substantielles réalisées grâce à l’échange d’appartements : jusqu’à 70% de moins sur le budget vacances. Seule l’adhésion au site d’annonce est payante (en moyenne 75 euros). Ils sont aussi séduits par la convivialité de ce mode d’hébergement original. «C’est une autre façon de voyager, […] on s’en sert comme argument marketing» déclare Martine Heinzer.
Le film «The Holiday» récemment sorti en DVD décrit le côté agence matrimoniale que peuvent revêtir les sites d’échange. Les célibataires en manque de tendresse misent sur cette formule pour tenter de faire des rencontres, en espérant tomber sur un Jude Law ou une Cameron Diaz comme dans le film…
Cette formule a tout pour séduire les vacanciers lyonnais. Mais il peut être bon de suivre quelques recommandations, notamment prévenir son assureur de la venue d’étrangers chez vous et demander à vos voisins de réaliser un état des lieux lors de l’arrivée et avant le départ de la famille accueillie. Après cela, plus qu’une chose à faire : profiter des vacances…
OUEST FRANCE (édition La Roche sur Yon)
Troquer sa maison pour les vacances, c'est le concept en vogue. Dépaysement et économies assurées.
Grâce à ces sites internet, qui jouent les intermédiaires, la famille Bellion est partie en Hollande. Passer l'été dans une villa de retraités à Miami en Floride, dîner dans la salle à manger rococo d'un inconnu au Qatar ou bronzer sur la terrasse de propriétaires sud-africains en pleine réserve naturelle, c'est chic, c'est cosmopolite et c'est à la mode. Des vacances très modernes et plutôt bon marché (1). Le concept est simple : vous échangez votre maison, principale ou secondaire, contre celle d'un parfait inconnu.
Fini hôtels et locations de voitures, place au troc ! Surtout lorsque l'on est une famille nombreuse. C'est le cas des Bellion au Poiré-sur-Vie. Lui est formateur en école d'ingénieurs et elle, enseignante. « Notre camping-car était devenu trop petit pour 6 », explique Claudy, le père de famille. « Une location nous aurait coûté près de 600 € la semaine. Là, nous ne dépensons que pour l'essence, la nourriture et les sorties », complète sa femme Laurence. Pour leur première année, ce couple de quadragénaires a déboursé 70 € pour s'abonner au site trocmaison.com et a déjà fait deux trocs. La première fois en Bretagne, à la Pentecôte, « pour essayer » ; la seconde en Hollande, cet été, pendant 20 jours. Une maison à Hengelo, ville de 80 000 habitants à 1 000 km de là, près de la frontière allemande. Le profil des Hollandais leur a plu : « une famille comme la nôtre avec des enfants en bas âge », précise Laurence. Le deal ? Laisser la maison telle quel : photos au mur, draps et jouets des enfants.
La formule a séduit les Genôts : « C'était super. On a rencontré seulement trois Français, raconte Claudy. On était vraiment dépaysés, dans un coin pas du tout touristique. Le troc, c'est vivre dans une maison du pays avec le mobilier de tous les jours et les voisins de l'autre famille ». Ils ont même passé une journée avec les parents de leurs hôtes, Jan et Anja Evert. Ces derniers gardent aussi un excellent souvenir de leur premier troc. Pourtant les mauvaises surprises ne sont pas exclues. Les Bellion avaient fermé une porte à clef pour les affaires trop personnelles. Les Hollandais, eux, ont tout laissé ouvert. « Beaucoup de gens m'ont demandé si je n'avais pas peur, raconte Anja. Bien sûr, on espère que nos invités traitent notre maison comme la leur. Mais le premier contact avait été bon et, quand nous sommes revenus, la maison était parfaitement propre ».
Le site HomeExchange, créé en 1997 aux États-Unis, en 2005 pour la version française Trocmaison, propose des offres de 110 pays. Il a vu une hausse du nombre des membres de 88 % entre 2006 et 2007 et de 58 % entre 2007 et 2008. « Globalement, ce sont de belles maisons et les membres issus des catégories socioprofessionnelles élevées, constate Christelle Mistrot dit Pachet. Il y a néanmoins de plus en plus de couples plus modestes, d'étudiants et de retraités ». Comme les Evert et les 24 000 autres membres du site, les Bellion comptent retenter le coup l'année prochaine. Ils aimeraient goûter au mode de vie suisse.
OUEST FRANCE (édition Angers)
Troquer son logement pour les vacances, pourquoi pas ?
C'est le pari qu'ont fait Benoît et Babette avec une famille napolitaine. Explications. « Fate come se foste a casa vostra ! » Traduction : Faites comme chez vous ! L'Italien Ciro invite ce soir Benoît à dîner... « chez Benoît », à Angers. Une situation improbable, due aux nouvelles possibilités d'internet. Ces deux amateurs de voyages ne se seraient sans doute jamais croisés, s'ils ne s'étaient pas tous les deux inscrits en ligne pour échanger leur logement. Une nouvelle formule de vacances en plein boom. « Nous avions 8 000 membres inscrits partout dans le monde il y a trois ans, nous en avons 21 000 aujourd'hui », détaille Christelle Mistrot, dit Pachet, du site trocmaison.com. Parmi ces aspirants voyageurs, 3 600 sont des Français, dont Benoît Noury. Intéressé par la formule, il s'est inscrit sur le site internet il y a deux ans. Il effectuait en juillet son premier échange. « On a envoyé une quarantaine d'annonces dès janvier. Parmi eux, il y avait la maison de Ciro, à Naples. », raconte-t-il. Visite et présentation aux commerçants Ciro ne partait pas aux mêmes dates que les Noury, mais a accepté de quitter les lieux, le temps de leur séjour. Cet échange non-simultané a permis aux deux familles de faire connaissance. « On est arrivé chez eux avec deux heures de retard et ils nous attendaient avec un bon plat de pâtes napolitaines », se souvient Benoît avec gourmandise. Une attention qui ne s'arrêtera pas là, puisque Ciro et son épouse emmèneront les Noury explorer la ville. « Ils nous ont fait visiter le quartier, nous ont présentés aux commerçants, se rappelle Benoît. On aurait pu le faire nous-même, mais c'est beaucoup plus agréable avec des gens qui connaissent leur pays. » Quelques cafés et pâtisseries plus tard, Ciro et Benoît se sont dit au revoir, et donné rendez-vous le 1er août. Car il y a deux semaines, c'était au tour de la famille napolitaine de découvrir Angers. Pâtes napolitaines contre bonbons au Cointreau A leur arrivée, point de spaghettis mais des spécialités locales. Babette avait pensé à garnir le frigo de rillauds, pâté aux prunes et petits bonbons au Cointreau. Des spécialités appréciées. « Tout était très bon », commente Ciro, qui dit apprécier l'aspect relationnel de ces échanges. « On vit comme eux, on apprend à connaître leur mode de vie », ajoute son épouse. Une véritable immersion dans la culture de l'autre qui a ses avantages financiers. L'échange de maison est gratuit, seule l'inscription sur le site est payante (75 € par an). Pour Benoît, Babette et les quatre enfants, le calcul était vite fait : « A six, on aurait jamais pu partir à Naples. Ça nous aurait coûté au minimum 1 000 € pour une semaine. » Des économies qui suscitent l'envie chez leurs amis, même si ceux-ci ne tenteraient pas l'expérience. Partager son intimité reste pour beaucoup un pas difficile à franchir. Des réactions qui feraient plutôt rire Ciro : « Certains me disent : « Tu te rends compte, ils vont dormir dans ton lit ! » Mais je leur réponds : « A l'hôtel, il y a 1 000 personnes qui ont dormi dans ton lit ! »
LA MONTAGNE (édition de Clermont)
Depuis 1992 la famille Marfisi-Schottman échange sa maison de Romagnat pendant les vacances
Plus qu’une solution, un mode de vie
Depuis 1992, Wendy et sa famille partent en vacances en échangeant leur maison. Ils ont déjà réalisé une trentaine de « trocs ».
Sur le frigo, trônent quelques précieux conseils.Sur la table, des guides et cartes d’Auvergne sont soigneusement disposés. Des idées de balades sont mêmes traduites en anglais. « J’ai vraiment envie que les gens se sentent bien dans notre maison », se justifie Wendy Schottman. C’est en 1992 que cette famille, installée à Romagnat, utilise pour la première fois les échanges de maisons pour partir en vacances. Direction les États-Unis, pour retrouver les proches de Wendy. « À l’époque, on venait d’avoir un troisième enfant. Nous ne pouvions pas débarquer à cinq chez mes parents. Et vu le prix des hôtels, ce n’était pas envisageable ». L’occasion de se retrouver avec toute la famille. Wendy Schottman consulte alors des catalogues d’échanges de maisons, et trouve son bonheur. « En 1992, on devait tout caler par téléphone. Aujourd’hui,c’est beaucoup plus facile grâce à Internet ».
Une solution que cette famille a vite adoptée. Pour repartir sur le continent américain, mais également pour visiter l’Écosse, l’Irlande, la Sl ovaquie, et même… la France ! « Je choisis toujours une maison assez grande, pour que ma famille puisse venir avec nous. C’est l’occasion d’être tous ensemble ». C’est également une belle opportunité pour s’imprégner de la culture locale. « Quand on arrive quelque part, les voisins nous traitent comme des amis. En Slovaquie, j’avais demandé à la famille avec qui nous échangions nos maisons, si elle pouvait trouver un jeune qui pourrait jouer au tennis avec mon fils. Un voisin a tout de suite accepté. À Vancouver, c’est un groupe de filles qui a demandé à Nora si elle voulait venir avec elles à la plage ». Cet état d’esprit, Wendy et sa famille en sont désormais imprégnés. « Je préfère avoir quelqu’un dans la maison, plutôt qu’elle soit vide. Et puis c’est sympa de rester en contact avec certaines personnes. J’aime bien qu’on puisse se rencontrer soit au début, soit à la fin du séjour. C’est l’occasion d’échanger nos impressions ». Cela demande un « investissement de temps et d’effort, pour dépouiller les annonces, puis pour préparer toute la documentation ». Pour autant, Wendy Schottman n’est pas prête à arrêter les échanges de maisons. « C’est l’opposé des voyages organisés, où tout est impersonnel. Là, nous vivons une expérience unique et personnelle ».
TOURMAGAZINE
Échanges de maisons : vous chez moi, et moi... chez vous
Après les chambres chez l'habitant, les maisons d'hôtes et les gîtes, un mode d'hébergement touristique connaît aujourd'hui un engouement grandissant : l'échange de maisons. Et cela ne date pas d'hier ! Initiée en 1953 par deux enseignants – l'un suisse et l'autre hollandais - qui souhaitaient voyager à moindre coût pendant les vacances scolaires, cette formule a conquis au fil des années bon nombre de propriétaires (et de locataires) dans le monde entier. Retour sur un phénomène de plus en plus convoité en France.
L'échange de maison... Quez Aco ? Le principe est simple : deux adhérents à un organisme spécialisé s'échangent mutuellement leur maison ou leur appartement gratuitement, à des dates définies au préalable entre eux, et ce, le temps de quelques semaines (ou plus). Vous l'aurez compris, un des avantages principaux qu'offre l'échange de maison, c'est que c'est avant tout économique. En effet, il n'y a rien à payer si ce n'est le billet d'avion (les frais de déplacement) et la cotisation d'adhésion à l'organisme (s'il y en a une).
Une dimension humaine
Au delà de cet aspect tarifaire, les adeptes - comme Brigitte C., qui a échangé plusieurs fois sa maison provençale - y voient également une aventure humaine unique, riche en découvertes culturelles et permettant une immersion totale dans un contexte différent. "Depuis 5 ans, j'ai échangé ma maison contre une autre en Écosse, en Floride, en Nouvelle-Calédonie [...] Pour les voyages en famille c'est incomparable en terme de coût mais aussi en terme de rencontres", explique t-elle avant d'ajouter : "On échange avec des personnes sympathiques avec qui on crée des amitiés".
A vous de jouer
Vous devez d'abord inscrire votre maison ou votre résidence secondaire. Votre inscription inclut une description de votre maison (3 chambres à coucher, un grand jardin avec piscine, un garage etc), de votre quartier (quartier résidentiel calme, pour familles avec enfants, à 15mn du centre-ville), de votre région (plages à 30 minutes et lacs à une heure de voiture... ) mais également de vous-même (couple retraité qui aime voyager et rencontrer des gens, jeune famille avec 2 enfants...).
Nous vous conseillons de faire le premier pas et de ne pas attendre qu'un autre vienne à lui. Pour cela, un moteur de recherche est à votre disposition. Une fois que vous pensez avoir trouvé le bien de vos rêves, vous établissez un premier contact avec le propriétaire de la maison convoitée, en utilisant le formulaire prévu à cet effet sans omettre d'inscrire votre numéro de référence.
Si l'autre partie accroche - après un échange par écrit et par téléphone - il vous appartient de convenir entre vous de toutes les modalités d'échanges.
Avant le jour J, il est indispensable et impératif de vérifier auprès de votre compagnie d'assurance la validité de votre assurance habitation multirisque et s'il y a également échange de voiture, de la prévenir pour vérifier l'étendue de la garantie. Les deux parties doivent également s'entendre pour savoir qui paiera la franchise... en cas de dommage.
D'ailleurs rassurez-vous, sur ce point là, rares sont "les mauvaises surprises" et lorsque ça arrive, les deux parties "arrivent toujours à trouver un terrain d'entente"
E-VOYAGEUR.COM
Echange de maisons ou d'appartements En voyage chez le voisin !
Qui ne connaît pas le film « The Holiday » avec Cameron Diaz et Kate Winslet ? Une traditionnelle comédie sentimentale avec déboires amoureux, scènes cocasses et happy end.
La touche originale ? Le cadre. Les deux jeunes femmes décident d’échanger leurs maisons pour les vacances. Un scénario rocambolesque ? Pas vraiment puisque depuis les années 50 la formule de l’échange de maisons ou d’appartements fait fortune. Gros plan sur ce phénomène qui fait fureur.
Etat des lieux du phénomène
Le principe est simple. « Vous êtes chez moi pendant que je suis chez vous ». Chacun séjourne au même moment dans l’habitation du partenaire d’échange gratuitement. Et c’est le mot clé !
Aucun coût d’hébergement. La formule de l’échange permet de réduire le budget des voyageurs de 50 à 70%. Tout dépend bien sûr de la destination, du prix du transport et du nombre de personnes participant au séjour. D’ailleurs, le principe a vu le jour grâce à l’initiative d’enseignants américains qui disposaient d’un budget limité pour partir durant les vacances scolaires. A ce titre, tous les organismes d’échanges travaillent à l’international. Par exemple, HomeExchange / Trocmaison compte des membres dans 128 pays.
Aucune condition à remplir. Locataires et propriétaires peuvent se prêter au jeu. Il va de soit que le logement doit être en bon état, propre et avec un minimum de confort. Pas de règles non plus pour le nombre. Couple, familles nombreuses, groupes peuvent troquer leur maison, et ce sur une longue ou courte période. « Le plus souvent, les échanges ont lieu sur des périodes courtes : vacances scolaires, 15 jours. Mais l’on reçoit de plus en plus de demandes pour des échanges « longs », de plusieurs mois, voire un an ou plus » explique Christelle Mistrot dit Pachet, responsable relations membres du site internet Trocmaison. Et pourquoi pas le tour du monde ?.... Avis aux amateurs !
Aucune équivalence n’est demandée. Vous pouvez très bien « brocanter » votre petit deux pièces contre une maison immense avec piscine. Tout est possible ! Il suffit simplement que le logement puisse accueillir et loger le nombre de touristes demandés.
Un moyen révolutionnaire de voyager ?
Visualisez. Vous entrez dans une maison inconnue. Mais qui reste chaleureuse, agréable. Les rires et les bruits sont gravés dans ses murs et vous pouvez palper l’atmosphère qui y règne. La disposition des objets, du mobilier, les petits mots, les photos… c’est comme entrer dans une maison l’hiver et voir le feu jaillir dans la cheminée. Vous êtes accueillis.
Voyager en échangeant sa maison exige un état d’esprit de découverte. C’est voyager hors des sentiers battus et se désintéresser des formules package « tout en un » : service, hôtel, et circuit. Loin d’être une opération commerciale, le principe d’échanges de maisons préserve des dérives du tourisme de masse et apporte un enrichissement culturel indéniable. Les modes de vie s’échangent et se découvrent. Arpentez une région ou un pays de façon originale et ludique. Ces vacances alternatives offrent une véritable immersion instantanée dans le pays, ce qui donne un cachet humain et authentique à ces voyages. Une pointe de spontanéité n’est pas négligeable. Au contraire !
Outre les économies évidentes, plusieurs facteurs expliquent l’explosion de ce phénomène comme le bouche à oreille, la meilleure promotion qui soit, l’envie d’escapades originales ou encore la mode du voyage alternatif. Mais d’autres avantages charment les voyageurs comme : « l’authenticité, les rencontres et liens d’amitié » confie Christelle Mistrot dit Pachet. Un point de vue partagé par David Guez, échangeur depuis 6 ans. « C’est une aventure humaine. On s’enrichit en créant des liens amicaux avec les autres familles. D’ailleurs avec certaine, on se voit de temps en temps ».
Quelques points pratiques « Il est conseillé de s'inscrire à l'avance pour avoir le temps de trouver le partenaire idéal et de discuter. La rencontre n'est pas nécessaire » souligne la responsable relation membres de Trocmaison. Un conseil qui semble être suivi. « On choisit les dates de vol, on se donne rendez-vous pour se rencontrer via les webcams, et même on s'organise pour se croiser à l'arrivée ou au départ. C'est important pour nous » ajoute David Guez. Pas de transaction financière, pas de désagréments d'assurances ou autre. L'échange de maisons ou d'appartements équivaut à inviter des amis à la maison. Les assurances s'appliquent comme pour des amis. Idem pour la voiture. Il est fortement conseillé de contacter votre assureur pour vérifier si vous êtes pris en charge en cas de litiges. A savoir que certaines compagnies d'assurance demandent un supplément de prime temporaire.
En ce qui concerne les frais d'électricité et de téléphone, aucune participation n'est demandée. Ce sont les partenaires d'échange qui fixent les accords et peuvent mentionnés ces points sur le contrat d'échange qu'il est conseillé de signer. De même en cas, de gestion d'animaux ou de plantes. Pour les éventuelles pannes, le partenaire d'échange doit immédiatement être averti, et aura laissé normalement un livret de recommandations avec les coordonnées des professionnels qui peuvent intervenir en cas de problème avec la maison ou la voiture. Si vous tiquez à prêter votre maison, sachez que l'échange s'appuie sur un contrat moral qui vous permet de retrouver votre maison intacte. A savoir que ce contrat n'a pas de valeur juridique. Confiance et respect sont les leitmotive de cette pratique.
Pour vous décider à partir en toute tranquilité, HomeExchange/Trocmaison lance une assurance mondiale gratuite et exclusive pour ses membres. Elle couvre tous les membres en cas d'annulation de voyage ainsi que - en complément de l'assurance habitation - les éventuels dommages au domicile pendant un échange. Les billets d'avion, la location de voiture et les éventuelles dépenses d'hôtel à concurrence de 2500 $ US sont remboursés après retenue d'une petite franchise.
Alors, détendez-vous et goûtez au troc immobilier.
Bon voyage !
CONSOGLOBE (site d'informations sur tout ce qui concerne le développement durable)
L’écotourisme, ou tourisme équitable, s’appuie sur ce que nous, les Occidentaux, avons de meilleur : une volonté de découverte du monde, de générosité, des valeurs de respect et d’écoute.
Pourtant, ce tourisme attentif aux autres et à l’environnement n’est pas sans contradiction. Il n’échappe pas aux dangers de la massification, de l’exhibitionnisme ou de l’exploitation, par de riches touristes, de richesses fragiles.
L’écotourisme est pourtant l’avenir du voyage car il préserve les patrimoines et favorise le dialogue entre les populations du Nord et celles des pays visités.
- L’écotourisme est apparu à la suite du mouvement environnemental des années 70.
- Ce terme s’est développé en réponse aux effets négatifs et pervers du tourisme de masse sur l’environnement.
- Le touriste ne suit plus les sentiers tracés, il prend désormais conscience et s’investit personnellement dans son voyage. Il ne s’intéresse plus qu’aux hôtels club et au luxe, il préfère la rencontre avec l’habitant et la nuit à la belle étoile au milieu d’un environnement à protéger.
L’écotourisme, c’est une belle manière de concilier nos envies d’évasion avec le respect des pays qui s’offrent à nous.
Une façon de passer ses vacances sans favoriser le bétonnage des côtes et en profitant de l’habitat local est l’échange de maison entre particuliers.
Qu’est-ce que l’échange de maison ?
- Le troc de maison permet à un particulier d’aller passer des vacances dans le domicile, maison ou appartement, d’une autre personne qui viendra, elle, pendant la même période, passer ses vacances dans son propre logement.
- Les personnes qui échangent leur maison s’inscrivent au même service d’échange, trocmaison, et entrent en contact plusieurs semaines ou mois à l’avance pour se connaître et mettre au point leur échange.
- Le principe est simple : « Vous êtes chez moi pendant que je suis chez vous ».
- Le budget vacances est considérablement plus léger: de 50 à 70% d’économie. - Cette économie permet la plupart du temps de découvrir des destinations plus lointaines qui auraient été trop coûteuses avec les modes de voyage traditionnels.
En quoi l’échange de maison est plus écologique ?
L’échange de maisons contribue à éviter le bétonnage des lieux touristiques de la planète. Il crée des liens au-delà des frontières et offre une découverte authentique et conviviale d’une destination de vacances, loin des sentiers battus du tourisme de masse.
A part l’allègement du budget vacances et du moindre bétonnage, quels sont les autres avantages de l’échange de maisons ?
- Au début, beaucoup des personnes, membres de trocmaison, s'inscrivent dans la perspective d'économiser au moins la moitié de leur budget vacances. Et puis, au terme de leur premier échange, ils découvrent que l'échange de maisons ou d'appartements leur a permis de vivre des vacances vraiment différentes.
- Leur partenaire d'échange leur a préparé une liste de tout ce qu'il aime dans sa région, du bon petit restaurant à la belle ballade. Les enfants ne se sont pas retrouvés coincés dans une chambre d'hôtel. Des amis du partenaire d'échange ont invité la famille. Pour la première fois, les personnes ne se sentent plus comme des touristes, mais comme des invités. Il ne s'agit plus d'une relation commerciale mais bien de convivialité. Et ça change tout !
Concrètement, comment ça marche ?
C'est facile. Vous pouvez trouver un partenaire d'échange en trois clics sur le site d’échange.
1. Cliquez sur le pays où vous souhaitez partir en vacances.
2. Cliquez sur une offre d'échange de maison qui vous convient.
3. Inscrivez-vous en cliquant sur l'abonnement de votre choix dans le formulaire situé au bas de chaque offre d'échange.
4. Envoyez directement à partir du site un message à l'auteur de l'offre d'échange qui vous convient.
5. Dialoguez avec votre correspondant pour organiser l’échange.
FAIRE FACE (Magazine de l'Association des Paralysés de France)
Séjours: prêtez-vous à l'échange !
En vacances, vous cherchez à être au moins aussi bien installé que chez vous ? Vous avez l'esprit ouvert et aimez aller à la rencontre des autres ? L'échange de maisons ou d'appartements devrait vous combler. Un système qui fait de plus en plus d'adeptes dans de nombreux pays, y compris parmi les personnes en situation de handicap. Bientôt un mode de vie ?
Aller chez d'autres en leur laissant son chez soi, voilà le principe de l'échange de maisons ou d'appartements pour les vacances ou un simple week end. D'origine anglo-saxonne, cette pratique est en train, selon ses organisateurs, "d'exploser" dans le monde entier, grâce à Internet. D'où un choix de plus en plus vaste de destinations et de types de logement.
Pour en profiter, il faut d'abord, sur un site Internet spécialisé, consulter les offres proposées par pays et régions. En général, chaque offre décrit la résidence avec photos à l'appui, et ses alentours, les dates où l'on pourra y séjourner, la famille qui l'occupe, les endroits où celle-ci souhaite se rendre, et bien souvent le nombre d'échanges qu'elle compte déjà à son actif. En savoir plus, entrer en relation avec cette famille, ou une autre, nécessite de s'inscrire sur le site, moyennant cotisation et de déposer une offre à son tour. Les contrats en vue d'un échange s'établissent ensuite par courrier ou au téléphone directement entre foyers.
Avantages: des vacances à moindre coût (70% d'économie), puisqu'il n'y a pratiquement que le voyage à payer; davantage d'espace qu'à l'hôtel; une immersion totale dans une autre façonde vivre; une occasion de se faire des amis. La plupart des résidences accessibles aux personnes en situation de handicap sont signalées par un pictogramme. On peut d'ailleurs faire de l'accessibilité un critère de sélection. Mieux encore: quand elle-même ou l'un des autres occupants de la maison est en fauteuil, la personne qui rédige l'offre l'indique volontiers. Une garantie de confort pour les candidats à l'échange se trouvant dans la même situation.
Qui sont les adeptes ? "Nous ne sommes pas comme tout le monde: nous osons faire confiance à nos semblables, indique, d'un ton narquois Patick Guihard, atteint d'une sclérose en plaques. Beaucoup de nos amis nous ont juré que, pour leur part, jamais ils ne feraient d'échanges." Sa première expérience, en 2004, lui a permis de passer trois semaines en Ecosse avec sa femme et ses deux enfants. "Nous sommes un peu maniaques, ma femme et moi, avoue-t-il. Tout ce que contient notre maison, nous l'avons choisi ensemble. Personne ne marche sur des patins de feutre chez nous, mais nous en avions placé un peu partout pour inciter les Ecossais à prendre des précautions. A notre retour, nous avons trouvé notre maison aussi propre que nous l'avions laissé, comme si rien ne s'était passé." Seul regret de Patrick: habiter à Betton (Île-et-Vilaine), petite ville près de Rennes, un lieu pas suffisamment touristique à ses yeux pour y passer d'agréables vacances, ce qui lui vaut peu de possibilités d'échanges.
Il en va tout autrement pour Bruno Collinet, dont la belle maison avec piscine se situe au cœur de la Touraine. Grâce à une dizaine d'échanges depuis 2002, cet enseignant de 41 ans, son épouse bibliothécaire, et leur plus jeune fils insulinodépendant, ont passé de 15 jours à un mois au Danemark, au Québec, à Vancouver, à New York, en Belgique, en Ardèche, dans le Morbihan, dans la Loire entre autres. A chaque fois, la voiture faisait partie de l'échange.
"Ce système et l'état d'esprit qui l'accompagne nous conviennent parfaitement, explique-t-il, enthousiaste. Nous y avons réfléchi plusieurs années avant de le tester. Et puis nous nous sommes dit que nous n'avions rien à cacher. Très vite nous avons constaté qu'il existe un respect mutuel, une réciprocité tacite dans ce type d'échange. On sent d'ailleurs tout de suite, lors des premiers contacts avec un autre adhérent, quand le courant passe et une certaine complicité s'établit aussitôt. Nous n'avons jamais eu de problèmes et nous avons convaincu, parmi nos amis, deux couples de s'inscrire au même site que nous."
Secret de réussite, selon Bruno, se donner à fond pendant une dizaine de jours pour prêter une maison impeccable, à l'intérieur comme à l'extêrieur avec de la place dans les placards, du linge de toilette et des draps propres, une voiture en parfait état de marche. Préparer un repas pour l'arrivée des nouveaux occupants. Les faire accueillir, y compris à l'aéroport au besoin, par des amis, des voisins ou des membres de la famille. S'arranger pour que les mêmes puissent apporter leur aide ou renseigner en cas de soucis. Laisser une documentation détaillée sur le fonctionnement de tous les appareils ménagers, les lieux à visiter, et les adresses utiles aux environs. "Une nouvelle forme de convivialité".
LE DEVOIR (CANADA)
L'échange de maisons, une formidable et profitable façon de voyager
Prenons un journaliste au hasard: moi. Eh bien, au cours des cinq dernières années, j'ai échangé un appartement de Montréal contre plusieurs lofts à New York et des maisons de campagne en Nouvelle-Angleterre, un appartement à Barcelone (avec moto, svp), une villa de rêve au Costa Rica, un pied-à-terre à Venise. Faute de temps ou de moyens, avec ma petite famille, j'ai aussi refusé des propositions très alléchantes en provenance de la Provence, de l'Australie, de Bali, de l'Italie. Nous serons par contre à Paris dans quelques mois, toujours gràce à la même magnifique mécanique.
Des propositions échangistes honnêtes du genre, le site Trocmaison.com en compte près de 26 000 venues de 110 pays, dont environ 1275 du Canada. Trocmaison est lié à la maison mère homeexchange.com, fondée aux Etats-Unis en 1997. Il existe des versions en plusieurs autres langues européennes.
«Par le nombre de membres comme par le nombre de sites en différentes langues, nous sommes de loin le plus important réseau mondial d'échange de maisons», explique Wliliam Heinzer, le patron de Trocmaison avec sa femme Martine. «Mais 26 000 membres, ce n'est rien du tout quand on y pense. Il y a de la place pour multiplier ce nombre. La planète est grande...»
Lui-même journaliste télé en Suisse, M. Heinzer a été embauché en 2005 pour créer la filiale francophone, après avoir rencontré par hasard Ed Kushins, propriétaire de homexchange. «Ma famille et moi adorons le surf et nous avons fait un échange avec une famille californienne, explique-t-il. Le dernier soir de notre séjour, un voisin nous a invités à un BBQ sur la plage. C'était Ed...»
La pratique de l'échange serait née dans les années 1950 autour d'un cercle d'instituteurs de Suède désireux de troquer leur paradis du Nord contre un autre du Sud, pendant les coûteuses et achalandées vacances d'été.
Internet facilite maintenant les échanges. La contribution annuelle de quelques dizaines de dollars est vite amortie. «Janvier, février et mars 2009 sont les mois les plus forts enregistrés depuis la création du système», dit M. Heinzer, qui attribue une part de cet engouement exceptionnel à la crise économique.
Aux Etats-Unis, le «home swapping» ne sert pas qu'aux vacanciers. La crise du marché immobilier et la difficulté à trouver du financement encouragent de plus en plus de gens à procéder par échanges permanents: ton bungalow contre mon chalet, ton appartement contre mon véhicule utilitaire.
La conjoncture passera. La structure restera. «Généralement, nos clients ont déjà expérimenté d'autres types de vacances, de l'hôtel à la location de villa, poursuit le directeur, joint à Paris. Ces voyageurs tentent le coup avec nous parce qu'ils ont l'esprit ouvert. Je dirais aussi que ce sont en général des gens de la classe moyenne et au-dessus. Nous avons encore beaucoup d'enseignants, des cadres et des professionnels. Nous avons aussi beaucoup de retraités. Nos clients ont certains moyens, mais ils bonifient le rendement de leurs vacances en échangeant leurs demeures.»
La pratique permet facilement d'économiser la moitié du budget des vacances. Il est souvent possible d'échanger en même temps la maison et l'auto, pour économiser encore plus, jusqu'à 70 % des frais habituels.
Même les très riches y trouvent leur compte. Homeexchange a lancé une section «gold» où se retrouvent des propositions de pachas: de vrais de vrais châteaux en France, d'immenses lofts à New York, des palais italiens, des domaines espagnols ou anglais. Il y a un millier de ces eaux dorées.
«Ces propriétaires ont les moyens de se payer un cinq étoiles n'importe où dans le monde. Mais justement, comme ils fréquentent ces établissements à longueur d'année, ça les amuse beaucoup de vivre comme les gens du pays où ils décident d'aller», explique M. Heinzer.
Le site homeexchange ne déplore aucune plainte pour vol ou dommage notable malgré des centaines de milliers d'échanges enregistrés depuis une douzaine d'années. Au pire, mais rarement, certaines personnes laissent la maison un peu sale, à l'arrivée comme au départ. «Je ne reçois pas 200 courriels de plaintes par an», jure le patron.
À qui le dites-vous! L'an dernier, les Barcelonais ont fait réparer mon vélo et ont laissé un bouquet de fleurs gros comme ça dans une maison immaculée...
LE JOURNAL DE MONTREAL
Echanger sa maison pour voyager
Motivé par le désir de partir en voyage avec quatre enfants, un couple du Plateau Mont-Royal a trouvé un moyen économiquement abordable de le faire en procédant à un échange de maisons.
Anie Lafrance, une ostéopathe de 41 ans, voulait partir en voyage avec toute la famille mais le coût de six billets d'avion et les frais d'hôtels et de restaurants pour autant de monde rendaient le projet financièrement impossible. C'est en lisant dans un journal un article sur l'échange de maisons que Mme Lafrance s'est intéressée à l'idée.
«J'ai visité plusieurs sites d'échange de maisons et je me suis rapidement inscrite. C'est facile à faire. Il suffit de suivre une grille de questions préétablies et de constituer son propre site. Ensuite, on fait des offres d'échange.»
Si c'est a priori simple, le maillage entre les propositions n'est pas aussi évident. Pour une vingtaine de propositions qu'elle lançait, Mme Lafrance ne recevait que trois ou quatre réponses, toujours négatives, et après plusieurs jours d'attente. «Faut s'armer de patience», avertit-elle, précisant qu'il faudra aussi y consacrer du temps. La mère de famille y a investi plusieurs heures les week-ends et les soirs de semaine, autant à étudier les sites d'échange qu'à présenter des offres.
Finalement, un maillage s'est réalisé à la mi-avril avec une famille française possédant une résidence secondaire à Essaouira, au Maroc.
«Nous, nous offrions notre maison en plein cœur du Plateau Mont-Royal, près du parc LaFontaine, avec quatre chambres, une terrasse sur le toit et une automobile. Eux, ils nous offraient un ryad, soit une maison marocaine urbaine traditionnelle avec cour intérieure. Et pour compenser parce qu'ils n'avaient pas d'auto, ils nous ont offert les services de la bonne, qui faisait les courses pour nous et les repas.»
Au final, l'échange a été très profitable pour Anie Lafrance et les siens. «Les billets d'avion ont coûté 7200 $ pour six et nous avons déboursé environ 500 $ en bouffe pour deux semaines.»
Pour des vacances différentes
* Conte de fées: L’échange des maisons a été à la hauteur des attentes des deux familles. «Grâce à Internet, il y avait peu de surprises à l’arrivée. La maison correspondait aux photos et à nos attentes. Les enfants étaient ravis. C’était comme un conte de fées pour eux.»
* Argent: Il n’y a aucun échange d’argent. «Que ce soit un château en échange d’un studio, l’idée est d’échanger pour voyager à moins cher.»
* Confiance: Tout repose sur la confiance et Internet : «On ne s’est jamais parlé. Quand on a confirmé l’échange des maisons pour les deux premières semaines d’août, il a fallu se faire confiance pour acheter les billets d’avion. Une fois que j’ai eu les miens, j’ai confirmé de nouveau l’échange : tout était OK.»
* En pyjama: En voyageant en famille, c’est plus intéressant d’habiter dans une maison plutôt qu’à hôtel. «Certains jours, les enfants voulaient rester en pyjama toute la journée et jouer aux cartes. Les enfants, ça ne voyage pas comme des adultes. On se déplace moins.»
* Inconvénients: Le principal inconvénient, c’est de laisser sa maison à des étrangers : « Avant de partir, il a fallu qu’on fasse de la place dans les placards, qu’on libère certains tiroirs et que l’on range les effets personnels qu’on voulait préserver. Et quand on est revenu, la maison n’était pas aussi propre qu’on l’aurait souhaité. »
À refaire: En conclusion, si c’était à refaire, Anie Lafrance le referait sans hésiter. «C’est maintenant une option que j’étudierai toujours avant de partir en voyage.»
LE SOLEIL (mai 2009)
Échange de maison: tête première dans le mode de vie québécois
En août dernier, l'Autrichienne Kerstin Traar et son fils Aki ont fait leurs bagages pour une nouvelle vie. En échangeant pendant un an leur appartement viennois avec la maison d'une famille québécoise, c'est aussi leur culture qu'ils ont mise en consigne. Laissant tout derrière, ils sont plongés tête première dans le mode de vie québécois. Et ils s'y plaisent tellement qu'ils ne veulent aujourd'hui plus repartir.
«Vous ne voulez pas vraiment partir et habiter dans ce grand pays où il n'y a rien, aucune culture, rien. Mais qu'est-ce que tu vas faire toute l'année?» s'est fait demander Kerstin à maintes reprises avant son départ pour le vaste pays qu'est le Canada. Ce n'était pas ce genre de commentaires qui allaient l'arrêter. Même si tout un choc culturel l'attendait.
Cet échange de maisons a été une très enrichissante expérience personnelle pour Kerstin et son fils. Au début, la professeure d'allemand, qui a appris le français de France, ne comprend rien du tout. C'est la panique! «J'étais vraiment découragée, je ne pouvais pas suivre de conversation : c'était un nouveau monde!» Son fils, Aki, 12 ans, ne connaissait que l'allemand et l'anglais, langue qui lui a permis de se débrouiller à l'école.
Mais la famille s'est vite adaptée à cette ville «très spéciale, très européenne, avec une ouverture nord-américaine». Dans sa classe de sixième année, Aki s'est fait tout plein d'amis qui habitent à deux coins de rue de sa maison d'emprunt. Après un mois, il communique un peu en français; après trois, il peut suivre aisément toutes les matières. Mais c'est vraiment après Noël qu'il se met «à parler français avec tout le monde», explique-t-il en pesant justement ses mots.
Cours d'histoire
«J'ai énormément appris ici. Toute cette histoire complexe, je n'en avais aucune idée. On ne sait même pas que le français est omniprésent dans la ville de Québec. Je ne m'attendais pas à ça, toute la situation politique et les frictions entre les francophones et les Canadiens anglophones. C'était intéressant!» raconte Kerstin.
Elle s'est même prise à plaider pour sa nouvelle ville lorsqu'un ami en visite y est allé de commentaires plus ou moins élogieux. «J'ai défendu Québec, j'étais presque militante!» lance-t-elle. Mais la dizaine d'amis qui sont venus la visiter sont repartis ravis. Pas étonnant quand on l'entend parler de «la beauté de la ville, la gentillesse des gens et cet esprit de plaisir»!
La petite famille s'est aussi fait un devoir d'explorer le répertoire culinaire québécois. Ils ont mangé ici leurs premiers homards, mais s'ennuient énormément des schnitzels, ces côtelettes autrichiennes.
«Je n'aurais pas cru que c'était possible de vouloir manger une certaine chose qui n'existe pas. J'ai commencé à faire la cuisine comme jamais avant», affirme Kerstin. Ses expériences culinaires l'ont menée partout en ville, à la recherche de levure fraîche, couramment utilisée chez elle pour cuisiner des pâtisseries, ou de ces mystérieuses «miettes». Difficile d'acheter de la chapelure quand on ne sait pas comment ça s'appelle!
Jouissant d'une année sabbatique, Mme Traar s'est donné comme mission de profiter au maximum de la ville et de sa culture. Ce qui comprend l'hiver. Bien qu'ils aient trouvé la saison froide difficile - - 5 °C, c'était beaucoup trop froid pour sortir en Autriche -, Aki et sa mère se sont emmitouflés pour prendre part au Carnaval, comme les Québécois.
«On a eu l'impression que les gens étaient énormément ouverts et accueillants», affirme Kerstin, enchantée que les passants la saluent dans la rue, juste comme ça. «Il y a une confiance sociale qu'il n'y a pas à Vienne. Une confiance même en quelqu'un qu'on ne connaît pas.» Aki est également encore étonné que les passagers déposent la monnaie exacte dans les autobus de ville, sans que l'on vérifie!
Kerstin a profité de son séjour pour rencontrer un collègue professeur d'allemand du Cégep Limoilou. Elle a discuté de l'Autriche et de sa langue avec les étudiants. «On parle l'allemand comme le français québécois par rapport au français parisien», compare-t-elle, contente d'avoir pu parler de son pays, moins connu ici. «J'ai eu l'impression que ça changeait un peu la vue des choses!»
Sa vision du Québec aussi a changé au cours des derniers mois. «Avec tout ce que j'ai appris, il me semble que je deviens plus québécoise, plus que plusieurs Québécois!» Avec sa comparse d'échange, Kerstin a entrepris d'écrire un livre sur leur expérience. Afin de montrer à tout le monde qu'un échange de maisons, c'est bien plus que des meubles et un toit.
Kerstin et Aki quitteront le Québec le 31 juillet, mais c'est uniquement parce qu'ils ont promis à leurs proches de rentrer!
LE SOLEIL (Canada)
Le Québec, une destination prisée
Luxueuse villa située au bord d’une rivière, entourée de rizières et de cocotiers et meublée selon la tradition balinaise. Quatre chambres avec salles de bains indépendantes et terrasses. Situé au nord des lieux touristiques de Bali, à cinq minutes d’une plage réputée pour son surf.
Plusieurs Québécois croient à tort que peu d’étrangers sont intéressés à troquer leur résidence en Bourgogne, en Bretagne ou en Toscane contre une maison à Québec ou dans les Laurentides.
Martine Heinzer, gestionnaire du site francophone trocmaison.com, confirme l’intérêt des Européens pour le Québec.
« Les francophones n’ont pas besoin d’apprendre une nouvelle langue pendant la traversée de l’Atlantique », illustre-t-elle. Une visite dans le site permet de constater que plus de 200 offres proviennent de voyageurs étrangers désireux de découvrir le Québec.
Comment cela fonctionne-t-il ? Le principe est très simple. Les participants, qu’ils soient locataires ou propriétaires, s’inscrivent auprès d’une agence ou d’un site Internet d’échange qui gère une banque de données de membres dans différents pays. Certains sites exigent une cotisation annuelle ou des frais de service.
Les membres y inscrivent ensuite leur maison et la décrivent à grand renfort de photos. Les recherches débutent ensuite et les participants contactent par courriel ou par téléphone ceux avec qui ils désirent échanger.
Le concept repose sur la création d’un lien de confiance entre les individus qui échangent leur maison. Plusieurs adeptes ne cachent pas y avoir adhéré au départ pour des raisons économiques. "Le troc de maison permet de diminuer de plus de moitié les dépenses de vacances" affirme Martine Heinzer, de Trocmaison.
Mais au-delà de l’aspect financier, l’échange de maisons représente une forme de voyage qui répond aux besoins des voyageurs en quête d’authenticité. Habiter une maison d’un pays différent, vivre au même rythme que les gens côtoyés, faire des rencontres. Ce sont des éléments qui donnent au touriste le sentiment de s’imprégner de la culture du pays. La popularité croissante de cette formule de voyage s’inscrit dans le nouveau courant du slow travel, souligne Claude Péloquin de la Chaire de tourisme de l’UQAM. « Les gens veulent prendre leur temps et voyager à un rythme plus lent », explique-t-il.
M. Péloquin estime cependant que ce type de vacances s’adresse à des gens qui ont une certaine expérience de voyage. « Je crois que ça prend un certain niveau de confiance et un esprit d’ouverture », dit-il.
Chez soi à l’étranger
Deux femmes dans la trentaine décidées à rompre avec le passé troquent leur maison, le temps des vacances. Ces échanges, de plus en plus populaires chez les voyageurs du monde entier, ont inspiré la réalisatrice Nancy Meyers et Hollywood.
Dans son film Un amour de vacances (The Holiday) qui prend l’affiche vendredi, les personnages joués par Cameron Diaz et Kate Winslet échangent leurs maisons de Los Angeles et du Surrey en Angleterre. Elles vont tomber en amour, chacune de leur côté de l’Atlantique, et ce troc sera la première étape d’une nouvelle vie.
Une pure romance digne des films hollywoodiens ? Pas tout à fait. La formule des échanges de maisons ne date pas d’hier. Elle a débuté en Europe dans les années 50, mais depuis une vingtaine d’années, elle conquiert les Canadiens et les Québécois. Des milliers de voyageurs partent ainsi à la découverte d’un coin de la planète en échangeant l’espace de quelques semaines leur maison, et parfois aussi leur voiture, avec un étranger.
Une fois balayée la pudeur de laisser un inconnu dormir dans son lit, les « échangistes » découvrent une façon de voyager à moindre coût, de vivre comme des habitants locaux et de tisser des liens. Car ceux qui embrassent cette formule de vacances échangent beaucoup plus qu’un trousseau de clés.
Laurent Maheux a été ébahi de l’accueil que sa famille a reçu en arrivant en Provence. L’enseignante avec qui il avait échangé sa maison de Boischatel avait prévenu ses amis et voisins de leur arrivée. « Ils nous avaient préparé toute une réception. Je te dis qu’ils savent comment recevoir ! » dit M. Maheux. Lui et sa conjointe ont adoré leur séjour et se sont liés d’amitié avec un couple de Français. Ils ont particulièrement apprécié le fait de vivre à la française, d’aller faire leurs courses au marché et de découvrir une région à leur rythme.
L’échange de maisons est une formule qui s’adresse autant aux couples qu’aux personnes seules, mais elle plaît particulièrement aux familles avec de jeunes enfants. Ceux-ci n’ont souvent pas envie de passer leurs journées à visiter des églises et des musées. « Ils ont besoin d’avoir un espace à eux, de retrouver un chez-soi à l’étranger », indique M. Maheux, ajoutant que ses enfants ont adoré l’expérience autant qu’eux. Et elle risque fort de se répéter.
ICI MONTREAL (CANADA)
Tendance: ma maison contre la tienne
Dans le film The Holiday, une Européenne et une Américaine décident de changer d’air et de décor en échangeant leur maison, le temps des vacances et, qui sait, d’un peu d’aventure. Si la vraie vie est parfois moins romantique que le cinéma, Hollywood a quand même le chic pour s’inspirer de la réalité. Pour voyager à peu de frais, le troc de maisons est une solution de plus en plus prisée. Vous voulez partir en vacances trois semaines sur la côte d’Azur en emmenant chéri et enfants? Deux possibilités s’offrent à vous: le camping et la gamelle, ou la substitution de logements.
Cette dernière pratique existe depuis de nombreuses années, mais elle est devenue aisément accessible depuis l’arrivée d’internet. En vous inscrivant sur un site web comme www.trocmaison.com (pour une modique somme), vous pourrez magasiner pour trouver l’hôte idéal. Choisissez une destination, entendez-vous sur les dates et les modalités, et le tour est joué. Pendant que vous demeurerez chez eux, en vous prélassant sous le soleil, ils occuperont votre domicile montréalais (si c’est en hiver, de grâce, prévenez-les!) L’échange peut impliquer une maison ou un appartement, mais peut aussi inclure la voiture ou le bateau, selon l’entente.
D’après les utilisateurs interrogés,la raison principale de ce choix est d’ordre économique, mais ce n’est pas le seul avantage. Comme le mentionne Christine Chambon, il permet de connaître un lieu autrement. «Cette formule fait découvrir un pays sous un autre aspect. On n’est plus juste des touristes puisqu’on vit de la même manière que les “échangés”: il faut sortir les poubelles, se garer au bon endroit et dans le bon sens, utiliser les appareils ménagers qu’on ne connaît pas forcément.» En famille, en couple ou entre amis, il est ainsi possible de se sentir comme chez soi (ou presque!) à l’autre bout du monde. Nos troqueurs expérimentés suggèrent toutefois, au minimum, d’échanger des photos de la maison. «Si possible, essayez de coordonner l’échange de façon à pouvoir rencontrer les gens. À notre deuxième expérience, nous sommes arrivés le jour d’avant. Ça a vraiment fait toute la différence», nous dit Danielle Dupont. Peu d’inconvénients, semble-t-il. Au contraire, cette formule permet de faire de belles rencontres et de s’installer dans des lieux moins communs, sans sacrifier le confort. Alors, remisons la tente et vive le troc!
AFFAIRES PLUS (CANADA)
Passer ses vacances dans la maison d 'un autre, pourquoi pas !
L 'échange de maisons permet de voyager à moindre coût et de vivre comme des habitants locaux. Authenticité garantie!
Chaque année ou presque, Richard, Louise, Martine et André échangent... avec des couples de Français, d ' Italiens ou Américains. L ' espace de quelques semaines, ils troquent leur maison, leur voiture et parfois même, quelques pans de leur vie quotidienne... Certes, au début, il faut surmonter sa gêne ou sa pudeur initiale de laisser sa maison à d ' autres, mais ceux qui y parviennent découvrent une formule de vacances à la fois économique et enrichissante à bien des égards.
La formule des échanges de maisons ne date pas d ' hier. Elle a débutée en Europe, dans les années 1950. Au Canada, elle a fait son apparition il y a une vingtaine d ' années. Le principe est fort simple. Les participants, qu ' ils soient propriétaires ou locataires, paient une cotisation annuelle. Les nouveaux membres y inscrivent leur résidence (et leur voiture, le cas échéant), et ensuite, prennent eux-mêmes en charge leurs démarches - par courriel ou par téléphone - pour trouver le lieu qu ' il désirent et s ' entendre sur les modalités de l ' échange avec le couple ou la famille choisis. Les organismes se limitent à fournir des conseils et des recommandations, mais n 'interviennent jamais dans le processus d 'entente. Le concept de l'échange de maisons repose entièrement sur l ' établissement d'une relation de confiance mutuelle entre les individus qui échangent leurs propriétés.
Avec l'arrivée d ' Internet, la popularité de l ' échange de maisons a grimpé en flèche, surtout dans la dernière décennie.
Selon Martine Heinzer , responsable du site Trocmaison l ' arrivée d ' Internet a beaucoup contribué à ce boom de popularité. « Avec Internet, les procédures sont plus simples. Les membres peuvent modifier leur sdescriptions, consulter les autres offres et conclure leurs ententes beaucoup plus rapidement ».
Les adeptes de la formule admettent y avoir adhéré au départ pour des raisons économiques ou familiales. C ' est notamment le cas de Louise Fournier et Roger Simard, un couple d ' avocats qui l ' a découverte il y a huit ans, en préparant un voyage à Paris. « Comme nous avions quatre jeunes enfants, partir en famille posait tout un défi, explique Louise Fournier. Nous ne voulions pas nous entasser dans une - ou deux - chambres d ' hôtel; alors, nous avons échangé notre maison avec celle d ' une famille qui vivait en banlieue de Paris. Tout s ' est déroulé à merveille ! » Sept échanges. et quelques pays plus tard, ils sont devenus des inconditionnels, notamment parce que ces expériences leur ont permis de nouer plusieurs liens d ' amitié, à eux et à leurs enfants. « Cet été, notre fils aîné a même pris l ' avion seul pour aller rejoindre une des familles que nous avions connues il y a quelques années !»
André Turcotte, homme d ' affaires de 50 ans, a lui aussi adhéré à cette formule de vacances à cause de ses deux jeunes enfants qui, dit-il, ne voulaient pas passer leurs journées à visiter des églises ! « De cette façon, nous pouvions visiter le matin et les laisser jouer à leur guise l ' après-midi, dans la maison ou sur la plage. Avec le temps, même aller chercher le pain à la boulangerie, le matin, est devenu un plaisir pour eux. En plus, ils ont souvent l ' occasion de se faire des amis dans le village" Pour André qui voyage également beaucoup pour affaires, l ' échange s ' avère très reposant et enrichissant.
L ' échange de maisons permettrait des économies substantielles, entre 60 et 70 % par rapport à un budget de vacances traditionnel, selon Martine Heinzer , de Trocmaison. En retour, la formule exige tout de même un investissement de temps et d ' énergie. Daniel Zizian, cadre à HEC Montréal, et Marie-Josée Boivin, enseignante à l ' université, échangent leur maison tous les deux ans pour partir avec leurs jeunes enfants. « Il nous faut entreprendre nos démarches plusieurs mois à l ' avance», dit cette enseignante. Lors de leur dernier voyage, ils ont séjourné six semaines au bord de la mer en Espagne, en échangeant avec deux familles (trois semaines à chaque endroit).
"L ' un des couples ne parlait ni le français ni l ' anglais, se rappelle Marie-Josée Boivin. Nous avons dû communiquer avec l ' aide de sites de traduction. Heureusement, nous pouvions aussi compter sur une de nos amies, qui parlait espagnol, pour venir prendre des nouvelles de nos visiteurs de temps en temps... »
Même si aucun échange d ' argent n ' est en cause, les familles ou couples québécois qui souhaitent échanger leurs maisons doivent, ironiquement, se montrer très bons... vendeurs. Pour vanter non seulement les atouts de leur propriété, mais aussi ceux de leur quartier et du pays en général. « À l ' étranger, le Canada semble être perçu comme un endroit sûr, mais un peu ennuyant, fait remarquer André Turcotte. Les Français et les Américains sont généralement tentés de venir chez nous, mais pour attirer des voyageurs d ' autres pays, il faut se montrer convaincant, vanter nos paysages, nos attraits, l ' ambiance, etc. » Louise Fournier , elle, a même préparé un texte de présentation sur le Québec et sur son quartier, digne d ' une véritable opération de charme. Chaque fois qu ' elle entame de nouvelles démarches, elle envoie généralement ce document à plus d ' une trentaine de partenaires potentiels. Pour procéder à des échanges de maisons, il faut faire preuve d ' initiative, avoir le sens de l ' humour et se montrer souple. De leur côté, Marielle Gagnon et jean-Marc Coulombe, ex-fonctionnaires à la retraite, préfèrent souvent se laisser surprendre par les offres qu ' on leur fait, ce qui les a amenés dans plusieurs régions françaises de même qu ' à Victoria, en Colombie Britannique, et à Guadalajara, au Mexique. «Nous avons découvert des lieux où nous ne serions sans doute jamais allés autrement. Et nous avons toujours eu des maisons très luxueuses », raconte Zurielle Gagnon. Selon Martine Heinzer , de Trocmaison, seulement un faible pourcentage de gens n ' arrivent pas à conclure d ' échange satisfaisant. « Nous avons une politique de remboursement pour ceux qui ne concluent pas d ' échange la première année, seulement 6 % de nos membres y ont recours. »
La popularité croissante des échanges de maisons coinciderait aussi avec un changement de mentalité des vacanciers. « Quand on loue, explique Louise Fournier , on a tendance à choisir plus petit pour payer moins cher. Avec l ' échange de maisons, on peut choisir ce qu ' il nous faut pour être à l ' aise, et en plus, ce ne sont pas des lieux stériles, mais habités, où l ' on trouve aussi des jeux de société pour les enfants, des vélos et même une piscine, dans certains cas ! »
Toutefois, au fil de leurs expériences, Louise Bernier et sa famille ont réalisé que les maisons sont loin d ' être la chose la plus précieuse au coeur de ces échanges. « Dans le Languedoc, notre hôtesse avait organisé un gros pique-nique le soir de notre arrivée, réunissant tous ses amis et son voisinage. Ceux-ci nous ont adoptés et, traités "aux p ' tits oignons" pendant tout notre séjour ! En Allemagne aussi, tous les voisins sont venus à notre rencontre, à tour de rôle. Les uns nous apportaient du pain ou des pâtisseries typiques de la région, les autres nous invitaient au restaurant... Un soir, l ' un d ' eux nous a emmenés dans une brasserie et a annoncé à la cantonnade qu ' il était fier d ' accueillir des amis canadiens ! »
La majorité des gens qui adhèrent à cette formule de vacances n 'échangent pas seulement un trousseau de clés. Beaucoup d ' entre eux y mettent beaucoup de coeur et d'énergie, fournissant à leurs hôtes une liste de trucs et de conseils, des suggestions de sorties, sans oublier leurs meilleures adresses de restos, boutiques d 'alimentation, etc. Il n 'est pas rare non plus que les « échangistes » entraînent voisins et amis dans l ' aventure, ce qui donne naissance à un véritable réseau de gens aimant s'ouvrir au monde et voyager. Pour peu qu 'on soit ouvert d 'esprit et prêt à y consacrer le temps et les efforts, l 'échange de maisons permet d'économiser, d'inculquer le goût du voyage aux enfants et, surtout, ouvre la porte à de bien belles surprises, absolument impossibles à quantifier !
LA PRESSE (Canada)
Vivre le pays de l'intérieur grâce aux échanges de maisons
Pour conjuguer vacances et voyage, l'échange de maison demeure une pratique économique, de plus en plus en vogue. Tellement que Hollywood s'est emparé du sujet pour en faire l'une de ses comédies romantiques du temps des Fêtes : The Holiday (Les vacances en version française), de Nancy Meyers.
La réalisatrice de Ce que femme veut, avec Mel Gibson, retrace les péripéties de deux amoureuses éconduites qui échangent leur résidence : un mignon petit cottage du Surrey, en Angleterre, contre une luxueuse villa hollywoodienne de Brentwood, à Los Angeles. Sans brûler le punch, disons que les jeunes femmes sortiront transformées de l'aventure.
Le film nous dit, en filigrane, qu'échanger sa résidence, c'est laisser voir une partie de soi et de son intimité. Une maison ne vient jamais seule. Elle a une personnalité, celle de son propriétaire mais aussi celle forgée par son environnement géographique et humain.
Ce sont à la fois les avantages et les limites d'une telle pratique. Les personnages interprétés par Kate Winslet et Cameron Diaz, après l'euphorie de départ, se sentent rapidement seules parmi des objets et des situations dépaysants. En même temps, les deux femmes vivent une réelle immersion qui leur fait voir la maison et le pays d'accueil d'un tout autre oeil que celui auquel ont habituellement droit les touristes.
Comme dans tout voyage inoubliable, ce sont toutefois les rencontres qui font le succès ou l'échec du périple. Comédie romantique oblige, l'amour est ici au rendez-vous, mais la véritable découverte des voyageuses se trouve dans leur rencontre réconfortante, chacune de son côté, avec un vieillard et deux fillettes.
Il y a 10 ans, la cinéaste belge Chantal Akerman avait présenté Un divan à New York, où deux célibataires, joués par William Hurt et Juliette Binoche, échangeaient leur appartement urbain. Le film s'attardait davantage aux chocs culturels vécus par les personnages, mais il partageait la même fascination de personnages ayant accès à l'univers intime d'un autre, une situation frôlant le voyeurisme, risquée mais excitante. Autrement dit, il faut avoir l'esprit ouvert et le coeur solide pour échanger son cocon.
The Holiday pourrait décevoir les spectateurs qui auront vu des films à succès semblables comme Love Actually, Bridget Jones' Diary ou Under the Toscan Sun. Quand on le voit avec l'oeil du chercheur de maisons, cependant, on y comprend une chose ou deux sur Los Angeles et le Surrey anglais.
LA SEIGNEURIE (Canada)
Échangisme... immobilier!
Dans un des derniers-nés d'Hollywood, The Holiday, deux femmes dans la jeune trentaine éprouvées par la vie et désirant entamer une nouvelle étape (Cameron Diaz et Kate Winslet), l'une Américaine et l'autre Anglaise, décident d'échanger leur maison le temps de refaire le plein.
Saugrenu direz-vous? Tout à fait hollywoodien comme concept? Eh bien non! Le troc de maisons est en fait un phénomène de plus en plus populaire.
Le principe est simple. Vous désirez aller passer vos vacances sous le soleil de Marseille, sans défrayer les coûts importants inhérents au logement? Vous vous inscrivez sur un site Internet comme Trocmaison et remplissez une fiche, assortie de photos de votre résidence, décrivant votre demeure et indiquant les détails du voyage que vous espérez réaliser, tels que le nombre d'enfants qui vous accompagneront, la destination et le laps de temps visé.
Dès lors, vous pouvez partir à la recherche de la famille avec laquelle vous échangerez votre maison. Celle-ci viendra habiter chez vous pendant que vous crècherez dans sa demeure.
Martine Heinzer est responsable dans les pays francophones pour Trocmaison et HomeExchange, la filière mère, deux sites Internet voués à l'échange de maisons. Il y a quelques années, son mari et elle ont fait leur premier échange du genre. Habitant en France, ils sont momentanément "déménagés" à Los Angeles. Là-bas, ils ont fait la connaissance d'Ed Kushins, le fondateur d'Home Exchange, qui a proposé à Mme Heinzer de le représenter dans les pays francophones. Ainsi est né Trocmaison en octobre 2005.
À cette époque, le site comptait 8000 membres, répartis dans 85 pays. Un an plus tard, le nombre de membres avait bondi de moitié, se chiffrant à 12 000 personnes issues de 110 pays. Et la popularité du phénomène ne cesserait de grandir selon les Heinzer, qui estiment aujourd'hui à 15 000 le nombre de personnes inscrites sur Trocmaison.
Si le concept fait autant d'adeptes, c'est qu'il permet d'abord et avant tout de réaliser des économies substantielles dans un budget de vacances, en éliminant les coûts reliés au gîte. "On parle de 50% à 70% d'économie", jauge Martine Heinzer.
À cet avantage s'ajoute celui d'habiter dans une vraie maison plutôt quand dans une chambre d'hôtel. De plus, les échangistes immobiliers troquent souvent leur voiture également, ce qui dégage les voyageurs des dépenses liées à la location d'un véhicule.
Mais par-dessus tout, selon les Heinzer, c'est la découverte d'une toute nouvelle façon de voyager qui séduit les vacanciers. "Ça n'a rien à voir avec le tourisme traditionnel, où vous visitez les circuits que tout le monde voit et vous sentez bien souvent comme un portefeuille, expliquent-ils. En s'échangeant leur maison, les partenaires se communiquent les coordonnées des meilleurs restaurants et boutiques, les spectacles à voir, les attraits à visiter, ce qui fait de chacun un initié dans le pays où il vient de poser ses valises. On vit comme les gens du pays visité."
Un étranger dans ma chambre à coucher ? Bien entendu, de prime abord, la question de l'envahissement de son chez-soi par des étrangers soulève plusieurs réticences. "Ma femme a eu la même réaction la première fois qu'on a entendu parlé du troc de maison!, se rappelle M. Heinzer. Mais bien vite, on s'aperçoit que c'est une fausse réaction parce que ces gens ne sont pas du tout des inconnus. On a pris la peine de les connaître par courriel, parfois aussi par téléphone, on les rencontre généralement pour s'échanger les clés, etc. Et puis il y a beaucoup moins de soucis que lorsque les gens font des locations de vacances, car chacun habite chez l'autre."
Jamais encore n'y a-t-il eu de plaintes de vol ou de dégradation matérielle, selon Martine Heinzer. "C'est sécuritaire, oui, et si un accident survient, il y a les assurances", indique-t-elle. En fait, le principal problème est d'un tout autre ordre. C'est plutôt la possibilité que les partenaires d'échange doivent se décommander à la dernière minute à la suite d'un événement fortuit qui constitue un souci. "Les assurances remboursent généralement les gens qui doivent annuler un vol pour cause de maladie familiale, mais ceux qui étaient censés leur prêter leur maison et qui y sont cloués ne peuvent se faire rembourser, précise Mme Heinzer. Mais ça n'arrive qu'une douzaine de fois par année, sur des milliers d'échanges."
Bien que le troc de maison offre des possibilité infinies, les principaux échanges se font entre le Canada, les États-Unis et la France, selon la responsable.
LE REFLET (Canada)
L'échangisme immobilier est en vogue
Prête-moi ta maison en Californie et je te laisserai la mienne... à La Prairie.
Certains ont peut-être entendu parler d'échange de maisons avec la sortie du film de Nancy Myers The Holiday dans lequel Cameron Diaz et Kate Winslet tiennent la vedette. Mais, c'est un article paru dans La Pressequi a donné le goût à Éric Salvail, non pas le célèbre animateur, mais un comptable de La Prairie, d'échanger sa demeure avec celle d'un résidant d'Europe ou du Sud des États-Unis pour ses prochaines vacances estivales.
"Je n'avais jamais entendu parler du concept, mais j'ai trouvé ça brillant", affirme celui qui s'est inscrit il y a un mois sur le site Internet francophone Trocmaison. Il a rempli une fiche assortie d'une photo de sa résidence et d'une description de celle-ci.
Depuis, il a reçu une offre de la part de résidants de la Normandie en France, mais il penche d'avantage vers un échange avec des Californiens qui ont comme lui deux enfants et comptent prendre leurs vacances au même moment cet été.
"Plus on est spécifique, plus c'est difficile de trouver, note le Laprairien qui est conscient que le fait d'habiter une province francophone est moins attrayant pour certains, dont les Américains. Il ne faut être trop restrictif dans les destinations et les dates qu'on indique."
Pour attirer les vacanciers, il faut aussi savoir "vendre" sa demeure, son quartier et les attractions de sa région. Cela, un autre Laprairien l'a bien compris. "Découvrez le Québec, un vaste territoire rempli de culture, d'histoire et de paysages époustouflants", décrit-il.
M. Salvail, lui, mise sur sa piscine, son barbecue et les jeux pour enfants installés dans sa cour arrière pour attirer une jeune famille comme la sienne. Il espère aussi que la proximité de sa demeure avec Montréal et le quartier tranquille où il habite sauront allécher les échangistes immobiliers.
Magasinage virtuel
M. Salvail a été conquis par ce tourisme nouveau genre en grande partie pour l'économie d'argent qu'il lui permet de réaliser. S'il arrive à conclure un échange, il n'aura rien à payer pour se loger tout le long de ses vacances.
"Ce qui m'intéresse, c'est de sortir des hôtels où l'on mange au restaurant chaque jour. Je crois que c'est plus chaleureux d'habiter chez quelqu'un. On va pouvoir faire une épicerie et cuisiner", explique celui qui comptait d'abord louer un appartement à Paris, mais qui a renoncé devant les 2 200 euros mensuels (3 360 $CND) demandés.
Puisqu'il s'agit de sa première expérience du genre, le Laprairien ne sait pas trop à quoi s'attendre. Il rechigne quelque peu à imaginer que des étrangers dormiront dans son lit, mais la pensée qu'il fera de même le réconforte un peu. "Ça fait partie de l'aventure. C'est seulement du matériel. On lavera les draps", note-t-il en riant.
Les nombreux témoignages laissés sur le site Internet le réconfortent aussi, de même que le fait de constater que certains membres en sont à leur dixième échange. Il apprécie que son identité demeure confidentielle puisque sa maison est identifiée selon un numéro d'offre.
Le site Trocmaison, version francophone de HomeExchange, la filière mère, existe depuis octobre 2005. Plus de 15 000 membres provenant de 110 pays tentent de s'y dénicher une demeure pour leurs prochaines vacances. Il en coûte près de 70 $ pour un abonnement annuel.
L'EXPRESS (ÎLE MAURICE)
Un film sur l'échange de maisons
Une Américaine (Amanda) et une Anglaise (Iris), toutes deux déçues des hommes, décident, sans se connaître, d’échanger leur appartement. Iris, va débarquer dans une demeure de rêve tandis que la distinguée Amanda découvre une petite maison de campagne sans prétentions.
Les deux femmes pensent passer de paisibles vacances loin de la gente masculine, mais c’était sans compter l’arrivée du frère d’Iris dans la vie d’Amanda, et la rencontre de Miles pour Iris.
À la fois scénariste, réalisatrice et productrice, la filmographie de la réalisatrice Nancy Meyers, comprend plusieurs comédies dont Ce que veulent les femmes et Tout peut arriver avec Jack Nicholson et Diane Keaton. Cette dernière a également joué dans Baby Boom écrit par Nancy Meyers.
Nancy Meyers a trouvé l’inspiration de départ de The Holiday sur Internet, en découvrant un site spécialisé dans les trocs de maisons. Le scénario est basé sur le concept des échanges de logements entre personnes vivant dans des villes, régions ou pays différents.
C’est Hans Zimmer, célèbre compositeur qui est en charge de la musique du film. Celui-ci a notamment composé la musique de Pirates des Caraïbes, Da Vinci code, et du film d’animation Gang de requins.
Lors de l’écriture du scénario, Nancy Meyers avait déjà en tête Cameron Diaz, Kate Winslet, Jude Law et Jack Black. Les personnages ont donc été créés sur mesure. C’est après avoir vu Rock academy que la réalisatrice a écrit le rôle de Miles spécialement pour Jack Black sans savoir si celui-ci allait accepter.
La réalisatrice, qui écrit en écoutant de la musique, crée l’ambiance sur le plateau en faisant jouer les morceaux qu’elle écoutait lors de l’écriture. L’ambiance lors du tournage est plus détendue et les comédiens jouent en fonction du rythme de la musique. Sur le tournage de The Holiday, Nancy Meyers gratifia l’équipe d’une vaste sélection d’airs et de musiques.
L'INTERNAUTE
Si un inconnu occupe votre maison, n'oubliez pas que vous occupez la sienne, de fait les mauvaises surprises sont rares... La formule d'échange inaugurée par des profs américains dans les années 50, a prouvé avec le temps, sa viabilité. Internet lui a donné des ailes.
LONELYPLANET (France)
Grâce à internet, troquer sa maison bretonne contre un duplex à New York, ou son appartement du XIIe arrondissement de Paris contre un ranch australien est aussi simple que d'acheter un billet d'avion. La clé du succès : la (presque) gratuité de l’échange et surtout le plaisir de se sentir ailleurs comme chez soi. Témoignages et explications.
Donner les clés de chez soi à des inconnus pendant que vous habitez chez eux, les autoriser à coucher dans votre lit, utiliser votre salle de bain ou cuisiner dans vos casseroles ? A priori le concept d'échange de logement vous semble un peu risqué. Rassurez-vous, le succès de cette formule qui doit beaucoup à Internet laisse penser que les candidats qui testent la formule pour la première fois sont rarement déçus. Mireille, qui a mis du temps à convaincre son mari et ses enfants de choisir cette formule, est une adepte : « Mes parents la pratiquaient déjà depuis longtemps en France ou à l’étranger et cela nous a permis de voyager dans le monde entier à moindre frais. C’est vrai, la première fois, j’ai dû un peu forcer la main de mon mari et de mes deux garçons, mais depuis que nous avons essayé, ils sont les premiers chaque année à vouloir recommencer. Nous avons toujours logé dans des maisons très confortables, souvent bien plus grandes que la nôtre, parfois avec une piscine. Avec ce système, nous partons sans difficulté trois semaines d’affilée".
En fait, les inconnus auxquels on confie son logement ne le sont pas bien longtemps car on dispose en général de quelques semaines pour faire connaissance et arranger tous les détails de l’échange par courrier, email ou téléphone. Et il ne faut pas oublier que votre partenaire d’échange pendant qu’il sera chez vous, ce qui change tout. Aujourd’hui, environ 250 000 échanges s’opèrent chaque année dans le monde.
Alors, si l’anonymat de la chambre d’hôtel vous lasse, si vous voulez partir plus souvent et limiter vos frais à ceux du voyage, si vous cherchez une formule qui vous laisse du temps pour découvrir un pays à votre rythme, vous savez ce qu’il vous reste à faire.
À qui s’adresse la formule ?
L’échange de logement s’adresse à tout le monde : jeunes, couples ou célibataires, familles avec ou sans enfant, qu’ils soient propriétaires ou locataires de leur maison ou de leur appartement. Certains sites proposent aussi l’échange d’hospitalité. Cela signifie que vous recevrez vos « partenaires » en votre présence. Il existe enfin le gardiennage, ou « House sitting », de votre logement en votre absence. La France est un pays très recherché puisqu’il faut compter aujourd’hui 3 à 4 demandes étrangères pour une offre française.
Préparer l’échange
Il faut s’inscrire en ligne sur le site choisi. L’adhésion est validée dès réception du règlement et traitement des informations vous concernant par l’organisme. Il faut être très précis sur le contenu de votre offre : superficie, nombre de pièces, jardin ou non, mise à disposition ou non d’un véhicule, situation par rapport aux sites touristiques de votre région… et sur l’offre que vous recherchez de votre côté.
Publication de votre offre
Votre offre sera mise en ligne sur une base de données Internet. L ’organisme que vous aurez sélectionné vous communiquera un code d’accès confidentiel. Vous pourrez également publier gratuitement des photos de votre logement.
Signature du contrat d’échange Dès que vous aurez fait le choix du logement que vous souhaitez échanger avec le vôtre, il vous faudra signer un contrat dont le modèle sera à télécharger en ligne. Ce contrat mentionnera le nom des « partenaires », l’adresse des logements échangés, les dates de l’échange, le type et les caractéristiques de l’échange - Logement, hospitalité, gardiennage, voiture.
Dès que vous aurez fait le choix du logement que vous souhaitez échanger avec le vôtre, il vous faudra signer un contrat dont le modèle sera à télécharger en ligne. Ce contrat mentionnera le nom des « partenaires », l’adresse des logements échangés, les dates de l’échange, le type et les caractéristiques de l’échange - Logement, hospitalité, gardiennage, voiture.
L’assurance
L’échange de la maison étant mutuel et réciproque, chaque « partenaire » prend le plus grand soin du logement échangé. Toutefois, un imprévu est toujours possible – Un dégât des eaux par exemple -. Aussi, pour éviter tout problème, il est conseillé de prévenir son assurance multirisque habitation avant l’échange. Elle doit en principe pouvoir couvrir un tiers qui garde votre maison en votre absence. Il est également recommander de prévenir votre assurance voiture si vous prêtez votre véhicule dans le cadre de l’échange.
LE TEMPS (Suisse)
Tendance: L’échange de logements concerne avant tout les classes moyennes supérieures et les familles. Mais retraités et étudiants s’y mettent aussi
«C’est génial. En occupant leur maison, on vit la vie des gens. Et, financièrement, c’est vraiment intéressant, s’enthousiasme Françoise*, qui est actuellement en quête d’un logement à New York à échanger avec le sien à Genève. Passer plusieurs semaines dans un hôtel aseptisé avec des enfants, manger au restaurant, ce n’est pas idéal. Dans la maison d’une autre famille, il y a des livres, des jouets, une atmosphère particulière. On fait les courses dans le quartier. On fait des rencontres.» Née dans les années 90, la pratique du troc de maisons entre voyageurs de régions ou de pays différents, connaît un succès grandissant. S’il n’existe pas de statistiques officielles concernant le phénomène en Suisse, les chiffres publiés par les sites d’échange sont révélateurs.
Chez Trocmaison.com , par exemple, l’augmentation du nombre de membres en Suisse est équivalente à celle observée par les responsables du site dans le monde entier, soit de 40% d’une année sur l’autre. Il y avait 14 000 offres en 2007, 20 000 en 2008 et 27000 aujourd’hui. Si l’on prend pour critère le nombre de membres par habitant, la Suisse se situe, avec 354 offres, dans le peloton de tête des échangeurs, juste derrière le Danemark. «Située au centre de l’Europe, elle est très recherchée», commente Christelle Mistrot-dit-Pachet, responsable de l’antenne francophone du site.
La catégorie socioprofessionnelle majoritairement concernée se situe étonnamment dans la classe moyenne supérieure. «Nous avons beaucoup d’enseignants, de professions libérales, relève Christelle Mistrot-dit-Pachet. Ce sont des gens qui ont les moyens de s’offrir l’hôtel, mais qui préfèrent cette formule.» Quant à l’âge moyen, il se situe entre 30 et 50 ans. «Même si nous voyons apparaître de plus en plus de retraités, qui voyagent en couple ou à plusieurs, ainsi que des étudiants.»
Contrairement aux préjugés, il est rare que des problèmes surviennent durant le troc. «Une fois, j’ai accueilli un bouddhiste. Un pigeon était entré dans la chambre et, conformément à sa religion, mon hôte a refusé de le faire sortir de force, raconte Françoise. L’oiseau a laissé des traces partout. Mais ce n’était qu’un moindre mal.» Selon les données de Trocmaison.com, 98% des rares problèmes sont liés à la propreté. «Les standards des uns et des autres peuvent être très différents», avertit Christelle Mistrot-dit-Pachet.
Et nul besoin de proposer des objets équivalents d’un membre à l’autre. Tout s’échange, du mobile home à la villa de dix pièces, à la ville, à la montagne, à la campagne.
L’HEBDO (Suisse)
Yvan Deschenaux, directeur du Lycée Jean-Piaget à Neuchâtel, passera ses vacances d 'été au Danemark, dans la demeure d 'une avocate et d'un banquier qui, pendant ce temps, bronzeront dans sa villa avec vue sur le lac. Bernard Rappaz , rédacteur en chef de tsr.ch a toujours détesté l 'esprit boy-scout et les clubs «qui sentent le renfermé». Il est pourtant tombé sous le charme des «spectaculaires» résidences grecque et provençale dans lesquelles il a passé ses dernières vacances estivales. Les propriétaires de ces luxueuses habitations profitaient quant à eux de sa vieille ferme valaisanne.
En 2006, Kuoni fête ses 100 ans d ' existence et, pour l ' occasion, sort une étude sur «l 'avenir du voyage de vacances». On y apprend que le futur sera fait de «hyper hub holydays» et de «care and confort». Le rapport passe cependant totalement à côté d ' une tendance forte: l ' échange de maison par l 'internet.
"En 2005, nous avons augmenté le nombre de nos membres de 72%", lance Martine Heinzer , responsable de Trocmaison. «Nous assistons à un véritable engouement», continue-t-elle. Et l ' entreprise californienne va lancer dans les mois à venir des versions en italien, espagnol, portugais, allemand, néerlandais, suédois, hongrois et tchèque.
Pourquoi donc Kuoni ne se penche-t-il pas sur ce marché? Le voyagiste ne risque-t-il pas de perdre ses meilleurs clients? Peter Brun, chef de la communication du voyagiste en Suisse, estime que les adeptes de ce genre de vacances sont trop peu nombreux pour être intéressants. On ajoutera qu'ils ne rapportent rien à une grande entreprise qui fait ses marges sur les hôtels.
Les adeptes, eux, s 'enthousiasment dès qu'on leur parle de leur pratique. On échange les jouets des enfants, les bons plans (fondue, musées, balades), la deuxième voiture, les voisins et même parfois la cave. Etant donné que l 'offre européenne émerge et que la demande américaine est énorme, de petits appartements suisses peuvent s ' échanger contre de somptueuses villas avec piscine en Floride, en Australie ou au Canada. D 'autant que les Anglo-Saxons, qui ne considèrent pas 300 kilomètres comme une longue distance, apprécient particulièrement d'être au centre de l ' Europe.
Les pièges à éviter sont rares, mais ils existent. S 'il y a échange de voitures, il faut par exemple vérifier auprès de l'agent d'assurance que les partenaires sont bien couverts. Pour Martine Heinzer , il faut surtout dépasser l'appréhension d 'avoir des inconnus chez soi: «En fait, nos membres ne sont plus des inconnus quand ils troquent leur domicile: ils se contactent par courriels, puis par coups de fil et par courriers. Et surtout, ce qui change tout, les inconnus sont chez vous pendant que vous êtes chez eux.» De plus, les administrateurs connaissent les coordonnées de tous les membres susceptibles de conclure un échange. «Nous pouvons intervenir en cas de mauvaise conduite, ajoute-t-elle. Depuis 1996, nous n ' avons jamais eu de plaintes pour vol ou déprédation.»
Martine Heinzer reconnaît cependant que certains membres «enjolivent» un peu la description de leur maison. Mais le principal souci est «le cas de force majeure», heureusement très rare, que représente le décès ou la maladie d'un proche de l'un des partenaires: «Dans ce genre de cas, aucun assurance annulation ne prend en charge les frais de celui qui se voit refuser l ' échange au dernier moment.»
Les Joudié habitent Lausanne. Mais c ' est leur chalet à Vercorin qu ' ils échangent. Ce que Claire apprécie plus que tout, c ' est de découvrir une ville «en la vivant comme ses habitants» et la possibilité pour leurs grands enfants d ' y sortir avec des amis qui les accompagnent. Tour à tour, ce fut donc un gigantesque appartement sur Central Park à New York, de «petites maisons typiquement anglaises» à Londres et un pavillon victorien à Boston.
Bernard Rappaz et sa famille ont commencé par échanger leur vieille ferme valaisanne contre une somptueuse propriété dansle sud de la France, avec piscine olympique, jardin en terrasses et clé sous le paillasson. Il faut dire que leur chalet (raccard, chauffage au bois et grange), situé entre Sierre et Aminona, offre toute l ' authenticité alpine qui fait rêver les Anglo-Saxons. Les demandes affluent donc. Depuis, le rédacteur en chef de tsr.ch a choisi la maison d ' un architecte canado-grec sur une île très intimiste au nord de Rhodes, et des résidences l ' attendent dans les Caraïbes, en Egypte et en Toscane. Un maharajah lui a même fait une proposition, mais il n ' y avait pas de place dans la ferme pour ses huit employés de maison. Il a en revanche échangé sa ferme valaisanne contre une somptueuse propriété dans le sud de la France, avec piscine olympique, jardin en terrasses et clé sous le paillasson. Il faut dire que leur chalet (raccard, chauffage au bois et grange), situé entre Sierre et Aminona, offre toute l ' authenticité alpine qui fait rêver les Anglo-Saxons. Les demandes affluent donc. Depuis, le rédacteur en chef de tsr.ch a choisi la maison d ' un architecte canado-grec sur une île très intimiste au nord de Rhodes, et des résidences l ' attendent dans les Caraïbes, en Egypte et en Toscane. Un maharajah lui a même fait une proposition, mais il n ' y avait pas de place dans la ferme pour ses huit employés de maison.
Quand on demande à Alexane, 10 ans, pourquoi elle aime partir dans les maison des autres, la réponse fuse: «C ' est bien parce qu ' on est chez nous!» Echanger son domicile, la famille Baume de Delémont - Sylvie, Claude-Alain et leurs trois enfants, Loann, 12 ans, Alexane, 10 ans, et Elori, 7 ans - l ' a déjà fait trois fois. Les destinations: Hambourg, Ostende et Bordeaux. Tout a commencé il y a sept ans. «Nous habitions à Neuchâtel, au bord du lac. La vue était imprenable. Nous nous disions: «En notre absence, quelqu ' un devrait pouvoir en profiter.» Ce que Sylvie et son mari apprécient particulièrement avec l ' échange de maisons, c ' est de voir de l ' intérieur comment les autres vivent. «Cela nous ouvre l ' horizon. A Hambourg, les voisins nous ont invités à manger, les grands-parents à goûter.» Parfois les familles se croisent, le temps de partager un repas. C ' est alors la confrontation de deux mondes. «Nous côtoyons des personnes d ' un autre milieu social, avec lesquelles nous n ' aurions jamais eu l ' occasion de discuter.» Et puis, outre les chambres remplies de jouets, il y ales livres ou les CD à disposition, parfois des vélos. Les Baume n ' ont aucune peine à trouver des vacanciers intéressés par leur domicile. Depuis le début de l ' année, ils en sont à trente propositions. «Beaucoup de gens cherchent à venir en Suisse. Depuis Delémont, ils rayonnent dans les grandes villes. Ils n ' ont pas peur des kilomètres.» Côté pratique, le couple met à disposition un classeur avec les modes d ' emploi des machines, et des prospectus touristiques. «Les autres font de même. Certains nous laissent même le beurre et la confiture dans le frigo, ainsi que le journal sur la table...»
24 HEURES (Suisse)
Pour les propriétaires ou locataires, une manière de voyager totalement différente
Où partir en vacances cet été? La consultation des catalogues peut vite tourner à la déprime. Un séjour en famille coûte une petite fortune et n'est pas à la portée de toutes les bourses. Alors pourquoi ne pas opter pour un échange de maisons? La formule a de multiples avantages. Elle permet de ne dépenser que le prix du voyage - et la nourriture sur place, évidemment! Et, surtout, elle offre une manière de voyager totalement différente.
Propriétaire ou locataire, vivant dans une maison, un appartement ou même un studio: toutes les formules existent. A l'instar de la famille Imesch , d'Aubonne, certains mettent leur chalet de vacances dans les offres d'échange. «L'avantage, c'est que l'on n'a pas besoin de vider toutes nos affaires pour faire de la place», note Denise. Et c'est moins contraignant au niveau des dates. Pas besoin de partir en même temps que l'autre famille.
La première fois
«C'est un peu angoissant car on ne sait pas comment ça va se passer!» racontent Chantal et Yves Ponroy , de La Tour-de-Peilz, deux habitués des échanges, notamment avec la Californie. «Maintenant, on a fait tellement d'échanges que cela semble facile. Il suffit de comprendre le processus: pendant que des gens vivent chez vous, vous vivez, vous, chez eux! Le respect mutuel est automatique.»
Difficile de prêter son intérieur et son lit à des inconnus? «J'avoue franchement que je change les oreillers et les couettes! note Chantal Ponroy en souriant. Mais sinon je n'enlève rien.» Petits objets décoratifs, tableaux, etc.: «Nous n'avons jamais rencontré de problème. Il faut simplement faire de la place dans les armoires et que la maison soit très propre. Cela demande un peu d'organisation.»
Avantages
«C'est une autre manière de voyager», notent les deux familles. Les Imesch ont eu la chance de vivre dans de somptueuses résidences secondaires au Mexique et en Afrique du Sud. Les Ponroy, eux, aiment passer plusieurs semaines au même endroit afin de s'immerger dans la vie et les coutumes locales. «On n'est pas de simples touristes et on rencontre du monde, les voisins, la famille, les amis des gens qui nous prêtent leur maison.»
Pendant ce temps, votre maison n'est pas laissée inoccupée. «On échange nos chats, nos plantes vertes, nos voitures», note Chantal Ponroy. Quoique le véhicule, s'il est souvent compris dans l'échange, ne relève d'aucune obligation. Ces détails-là sont à fixer d'entente entre les «échangistes».
Inconvénients
A entendre les habitués, il y en a peu, sinon aucun! Les échanges se préparent à l'avance, de nombreux contacts ont lieu avant leur concrétisation - échanges de mails et de photos, téléphones, etc.
Deux risques ne peuvent pas être exclus: un pépin avec la voiture ou dans le logement. Dans les deux cas, les assurances habituelles fonctionnent. Il suffit de les prévenir. Car, en l'absence de transaction financière, les gens qui vivent chez vous sont considérés comme vos hôtes.
Le deuxième risque, assez rare - une dizaine de cas par année pour 9000 échanges chez Trocmaison: que l'une des familles ait un empêchement de dernière minute (décès, accident, etc.) et annule. Dans une telle situation, l'organisme d'échange fait le maximum pour trouver une solution de rechange. Car pour la famille qui n'a pas eu le pépin, l'assurance annulation de voyage ne fonctionne pas.
Trouver le bon site
TROCMAISON Les infos générales sont en français, les annonces en général en anglais. Traduction en ligne, mais souvent cocasse; 9000 membres dans 85 pays. Prix: 25 dollars pour communiquer avec les auteurs d'offres et 59,95 dollars pour publier une offre. Tarif dégressif pour plusieurs années. www.trocmaison.com.
MIGROS MAGAZINE (Suisse)
«Ils voulaient une connexion haut débit. Nous rêvions de leur piscine.» Ma cabane au Canada contre ton chalet suisse. En Suisse romande, ils sont de plus en plus nombreux à succomber aux charmes de l’échange de maisons. Rencontre avec une famille qui a fait cette expérience. Laisser sa maison, durant plusieurs semaines, à des inconnus... Le temps de quelques semaines de vacances, la collection de CD, l’ordinateur, la voiture souvent, et les jouets du petit dernier deviendront propriété de parfaits étrangers, avec la réciprocité comme seule garantie des deux côtés. Utopie? Pas du tout. Né de l’autre côté de l’Atlantique, l’échange de maisons via le web a débarqué depuis plusieurs années dans nos contrées. Et le succès est grandissant: le nombre des membres des différents sites double chaque année! «C’est génial, on se sent accueillis dans un environnement que l’on ne connaît pas du tout !» s’exclame Françoise, adepte de longue date. Premier intérêt du système, forcément, l’économie d’une location qui grève largement le budget voyage. «Alors que nous aurions tout juste eu les moyens de nous payer un petit appartement, nous nous sommes retrouvés dans une grande maison avec vue sur la mer», se réjouit ce couple genevois. Sur un plan pratique, les avantages paraissent tout aussi évidents: nul besoin de s’encombrer d’un lit de voyage pour le benjamin, ou de la console vidéo du second. Les échanges se pratiquant entre familles de taille plus ou moins égales, chacune laisse à l’autre l’usage de ses affaires. C’est également souvent le cas pour les véhicules, mais pas toujours.
Pour certains, la démarche a quasiment valeur philosophique, adultes et enfants progressant sur la difficile voie du détachement matériel, de l’ouverture à autrui... Mais pour la majorité, voilà qui représente surtout une manière très agréable et financièrement intéressante de voyager (lire encadré). L’été dernier, depuis leur villa de Cormondrèche qui domine le lac de Neuchâtel, la famille H. décide de la destination à sa manière habituelle: au vote! «Nous sommes cinq. Mon mari et moi, Timothée 17 ans, Virginie 16 ans et Baptiste 13 ans. C’est la meilleure manière de ne pas se sentir frustrés», explique Claire. Le cadet aimerait Cuba, les autres lorgnent plutôt du côté de l’Amérique du nord. Finalement, le Canada l’emporte.
Au hasard des séances de surf sur Internet, le papa a découvert un site regroupant des annonces d’échanges de maisons. En dehors de l’Europe, la majorité des propositions proviennent d’Amérique du Nord, ce qui titille rapidement leur curiosité. «Et comme la plupart des Canadiens possèdent une piscine, nous nous sommes vite montrés très motivés», s’amuse Claire. Autre raison du triomphe québécois auprès des Français et des Romands, la langue bien sûr. «Régler les détails s’avère plus facile. Malheureusement, les Canadiens rêvent plutôt de la France et de la côte d’Azur.» Le succès des destinations connues Assez rapidement, notre famille neuchâteloise se rend donc compte de quelques exigences logiques: des deux côtés de l’Atlantique, les lieux les plus célèbres se retrouvent les plus convoités. Bords de mer et Paris pour ce qui concerne l’Hexagone, Genève et rives lémaniques pour la Suisse romande. Le mazot typique rencontre aussi un franc succès auprès des Anglo-Saxons, friands d’authenticité. Habiter avec vue sur le jet d’eau ou proposer un carnotzet en face du Cervin permet parfois de petits miracles du type «mon deux pièces montreusien contre votre manoir écossais.» Et si le domicile se trouve dans une région moins cotée, les faibles distances helvétiques restent un argument de poids. Autres offres prises d’assaut: celles regroupant le logement principal et une résidence secondaire, chalet dans les Alpes chez nous, maisonnette au cœur des Laurentides côté Canada. «Nous avons contacté quatre annonceurs. Notre préférence allait effectivement à une offre double, mais elle nous est passée sous le nez.» Finalement, ils approfondissent les contacts avec une famille de deux enfants vivant dans la banlieue de Montréal. «Enfin... encore faut-il s’entendre sur les termes. Il y avait la même distance qu’entre Lausanne et Neuchâtel! Un saut de puce à leur échelle, mais au début on trouvait ça plutôt loin.» Les correspondants s’entendent pour les trois premières semaines de juillet. Chose amusante, les demandes ne correspondaient pas forcément: «Ils voulaient absolument une connexion à haut débit et l’air conditionné dans la voiture. Nous rêvions davantage de la piscine.» Pas de mauvaise surprise Il n’empêche. Pris en charge par les grands parents à leur descente d’avion, les Hunkeler se montrent ravis. «Nous avions demandé à nos propres parents de les attendre à Cointrin. Je pense que, dans l’esprit de ces gens comme dans le nôtre, il s’agissait à la fois d’une question d’hospitalité et de sécurité.» Chaque partenaire a préparé pour l’autre pléthore de guides et de renseignements pratiques sur la région et les habitudes locales. Pas non plus de mauvaise surprise au retour. «Ce ne sont pas forcément des gens avec lesquels nous pourrions être amis, on sentait nos goûts assez divergents. Mais cela n’a finalement guère d’importance et n’empêche pas la formule de se montrer très séduisante.» La preuve? Les Neuchâtelois ont cherché, en vain, à la rééditer cet été dans la région de Biarritz. «Ah, visiblement, les voisins de l’océan trouvent nos lacs un peu trop petits.»
Quelques conseils utiles S’y prendre assez tôt. Trouver une maison dans une région désirée, fixer les dates et régler les autres détails prend du temps. Il faut s’y mettre dès le début de l’année, surtout si vous souhaitez partir durant les vacances scolaires.
Accepter de partager son espace et ses objets. Rien n’empêche cependant de mettre sous clé son vase Ming si précieux ou le vinyl introuvable de Ray Charles auquel on tient.
Rien ne sert de mentir sur la marchandise. Si vous êtes huit, un deux pièces, même avec vue sur l’opéra de Sydney, ne vous fera pas passer un bon séjour. Et une famille américaine habituée aux grands espaces d’un ranch de l’Ohio n’appréciera pas forcément que vous ayez insidieusement doublé le total de vos mètres carrés.
Les règles de savoir-vivre s’appliquent une fois sur place. Donc remplacer ce qui est cassé, nettoyer et ranger un bon coup le jour du départ, éviter d’aller fouiller dans ce qui ne tient visiblement pas à être regardé de trop près.
Plaintes. En cas de mauvaise surprise au retour, ne pas hésiter à en faire part aux administrateurs du site web sur lequel le partenariat s’est conclu: ils possèdent en général les coordonnées de tous leurs annonceurs et peuvent intervenir en cas de problème.
Véhicules. Si vous décidez d’échanger vos voitures, il ne s’avère pas inutile de vérifier auprès de son assurance si le véhicule reste couvert lorsqu’il est conduit par un tiers.
RESTONSENFORME.COM
J’ai échangé ma maison pour les vacances
Cameron Diaz, Kate Winslet, Jude Law et consorts ont remis l’échange de maisons au goût du jour dans le dernier film de Nancy Meyers « The Holiday ». Pourquoi pas vous?!
Depuis une vingtaine d’années, l’échange de maisons ou d’appartements connaît un discret mais véritable engouement auprès des voyageurs français et étrangers.
Chaque année, des dizaines de milliers personnes à travers le monde optent pour ce genre de vacances, tellement plus économiques et agréables. On dénombrerait environ 250.000 échanges par an, tous sites confondus.
Mais si certains n’hésitent pas à confier leurs biens à des personnes qu’ils n’ont jamais rencontrées, beaucoup de voyageurs éprouvent encore certaines réticences à laisser leur domicile et leur véhicule à des « étrangers ».
Sécurité, praticité, confort, convivialité… voici de quoi vous rassurer et vous entraîner dans une aventure inoubliable !
Comment fonctionne l’échange de maisons ?
Que ce soit par une agence spécialisée ou tout simplement en passant une annonce sur Internet, rien n’est plus facile que de trouver des « échangistes » -de maison- fiables et sérieux.
Il existe 2 types d’échanges :
1. l’échange simultané : vous habitez chez l’autre pendant qu’il habite chez vous. Vous organisez donc vos vacances pour partir l’un et l’autre à la même période.
2. l’échange d’hospitalité : un peu plus contraignant que le précédent mais à l’origine de solides amitiés. Vous recevez votre partenaire d’échange chez vous, lui faites découvrir votre région, vos habitudes…et vice versa.
Dans la majorité des cas, les partenaires d’échange commencent une correspondance quelques mois avant l’échange afin de se renseigner sur l’équipement de la maison, le type de voiture mis à disposition, les commerces et transports environnants…
Dans le cas où il y aurait de la casse ou un autre souci à déplorer, il est toujours mieux de bien s’entendre avec ses échangeurs.
Le mieux est d’établir une relation de confiance et de complicité avec eux.
Les avantages de l’échange de maisons
Calculez les dépenses que vous avez effectuées en terme d’hébergement et de transport lors de votre dernier séjour.
Ajoutez à cela les inconvénients d’une chambre d’hôtel (pas de machine à laver, de plaque de cuisson, de micro-ondes, de vélos pour les enfants…) ou d’une location de voiture (frais kilométriques et de location exorbitants et contraignants)…
Déduisez maintenant le montant de l’hébergement et celui des transports.
Vous é-co-no-mi-sez !
Et en plus de ne payer ni la maison (ou l’appartement) ni la voiture, vous vous sentez chez vous dans un foyer décoré, habité, chaleureux, avec une vraie batterie de casseroles et des serviettes de bain dépareillées ! Comme à la maison on vous dit !
De plus, pour peu qu’on ait eu un bon contact avec l’échangeur, il est probable qu’il nous ait laissé un petit mode d’emploi de tous les appareils ménagers et la liste des choses à faire dans la région avant de partir.
A aucun moment il ne doit y avoir de transaction commerciale avec les échangeurs (si ce n’est éventuellement pour rembourser les communications téléphoniques qu’on a passées de chez eux).
Un T2 à Paris contre une villa à Miami
Les logements échangés ne doivent pas forcément être équivalents mais il est vrai qu’une famille nombreuse préfèrera sans doute une grande maison avec jardin.
Pour éviter les mauvaises surprises, le mieux est de correspondre et de ne pas hésiter à demander beaucoup de photos. Inutile d’enjoliver la réalité ou d’inventer quand vous décrivez votre maison, il se peut que quelqu’un la trouve très intéressante comme elle est vraiment.
Linda et César, eux, ont eu de la chance. Ils avaient tous les deux 27 ans, une petite fille d’1 an et une maison en banlieue parisienne lorsqu’ils ont échangé leur maison avec des Américains pour la première fois il y a 20 ans.
Accompagnés d’un couple d’amis, parents d’une petite fille du même âge, ils se sont retrouvés tous les 6 dans une villa avec piscine en Floride, tout près des parcs Disneyland !
Le couple de quinquagénaires américain, lui, était ravi de séjourner dans un petit mais joli pavillon en banlieue, à une demi-heure de la Tour Eiffel en voiture, et 5 minutes du centre commercial le plus proche. Pour que tout se passe au mieux et en cas de problème, les deux parties avaient échangé le numéro de leurs amis voisins.
Aujourd’hui encore ils correspondent.
Les questions qu’on se pose
Les personnes désireuses d’échanger leur domicile pour les vacances croient à tort qu’elles ont l’obligation d’être propriétaires.
Nulle condition ne vous y oblige, mais si vous êtes locataire, le propriétaire vous sera reconnaissant d’être courtois et honnête avec lui en le prévenant. Vous ne sous-louez pas son bien, il n’a donc aucune raison de refuser.
Idem pour les assurances. Jamais un assureur n’a refusé d’assurer un client qui lui avait fourni les noms de ses échangeurs et les dates auxquelles il serait absent.
D’autant plus que pour lui, la présence des échangeurs est une garantie que votre maison ne sera ni cambriolée, ni victime de dégât des eaux, au même titre que la voiture aura moins de chance d’être volée ou vandalisée.
Au préalable entendez-vous avec votre échangeur en ce qui concerne la franchise à payer en cas de sinistre sur votre logement ou votre voiture.
Dans tous les cas, la meilleure chose à faire est de remplir un « contrat » d’échange que vous fournissent en général les agences sur Internet.
Comme un constat, il comporte 2 parties que chaque échangeur doit remplir et signer (y figurent les biens que vous mettez à disposition de l’échangeur, les dates de disponibilité, le lieu et la date de l’échange des clés, etc…).
Partir l’esprit tranquille
Les premières fois sont toujours angoissantes, d’autant plus lorsqu’il s’agit de confier (presque) tout ce qu’on possède à des inconnus.
Mais pensez au plaisir et au soulagement que vous éprouverez lorsque vous constaterez à votre retour que vos géraniums n’ont pas tourné de la feuille, votre chat affamé ne s’est pas attaqué au paillasson en chanvre de l’entrée, votre boîte à lettres ne crie pas à l’indigestion, votre appartement ne sent pas le renfermé, le ménage a été fait et j’en passe !
Si vos échangeurs ont compris que vous étiez des personnes charmantes et respectueuses, il y a fort à parier qu’ils feront preuve de la même logique que vous et qu’ils laisseront votre maison propre et rangée pour avoir des chances de retrouver la leur dans le même état.
Idem pour la voiture, elle vous sera à priori rendue avec le plein d’essence et sans égratignures.
Pour que tout se passe au mieux et que vous puissiez partir vraiment détendu, renseignez-vous auprès du consulat ou de votre ambassade pour connaître vos droits et la protection dont vous bénéficiez dans le pays dans lequel vous vous rendez.
Prenez également connaissance des vaccins à faire, des risques pour la santé sur place, des conditions climatiques ou des lois et interdictions en vigueur.
FEMINA (Suisse)
Echanger sa maison ou son appart, son lit et sa voiture, le concept séduit depuis le début des années 50. Sous l’ère de l’Internet , il se multiplie à la vitesse grand V. Si ça marche ? Curieuse, la soussignée a proposé son logemennt, une petite maison dans la campagne vaudoise, et reçu, Ô surprise ! une proposition d’échange sur le port de Sydney (Australie) le lendemain matin. Le profil-type de l’échangeur ? D’un milieu social plutôt favorisé, il est enseignant, cadre, retraité. Féru de voyage, il a envie de découvrir un ailleurs différent de la carte postale touristique.
PME MAGAZINE (Suisse)
Martine Heinzer, responsable de trocmaison.com jubile: «Sous une forme à peine déguisée, homeexehange.com, notre site partenaire, jouera un rôle majeur dans le dernier film de la réalisatrice Nancy Meyers, avec Cameron Diaz comme actrice principale.» Ce film intitulé « The Holiday», pour lequel Martine Heinzer voit un nouveau coup de pouce publicitaire, vient de sortir sur les écrans.
Il complète l'intérêt médiatique pour l'échange de maisons, notamment après le reportage remarqué dans l'émission télévisée «Envoyé spécial» de France 2.
L'échange de maisons est en vogue. Martine Heinzer met en exergue que «le nombre de nos membres a connu une croissance de 74% en 2005; cette année, nous devrions atteindre les 80%». Homeexchange.com, est autofinancée. Basée en Californie, elle est représentée en Europe par son agent, Trocmaison.com. Contrairement à ses principaux concurrents, Homexchange.com ne publie ses offres que sur Internet. Cette société indique compter 12 000 membres répartis dans une centaine de pays, dont environ 120 en Suisse.
L'échange de maisons a pris son essor aux Etats-Unis dans les années 1950 sous l'impulsion de professeurs qui souhaitaient voyager pendant leurs longs congés scolaires malgré leurs budgets limités. Aujourd'hui encore, un grand nombre des «échangeurs» de maisons sont des enseignants, des personnes exerçant des professions libérales, des cadres ou des retraités. Au départ, l'offre de maisons était présentée dans d'épais catalogues, qui n'ont pas disparu malgré les coûts qu'ils génèrent mais qui sont complétés par l'offre Internet.
L'avantage-clé de l'échange de maison est l'économie de 60 à 75% qu'il permet de réaliser sur les frais de vacances. Cette économie est encore plus importante si les automobiles font également partie des échanges.
Actuellement, la confiance est principalement générée grâce aux communications par téléphone et/ou email qui ont lieu en amont des échanges.
Une tâche principale des gestionnaires de ces sites consiste à s'occuper des annulations de dernière minute. Selon Martine Heinzer, il s'agirait de «quelques cas pour lesquels il faut tâcher de trouver en urgence des retraités prêts à partir en vacances à tout moment». Une autre activité consiste à gérer les plaintes, par exemple à cause d'un logement laissé ou trouvé insuffisamment propre.
Martine Heinzer indique que chaque année une quinzaine de membres sont exclus de Homeexchange.com / Trocmaison.com à la suite de ces plaintes. Néanmoins, en dix ans d'expérience, aucune plainte pour vol ou déprédation n'a été enregistrée.
Les activités de marketing sur Internet (publicité en ligne, affiliations) et les négociations de conditions spéciales avec certains grands comptes prennent encore énormément de temps. Trocmaison.com met également un peu de publicité sur Google et a passé des accords avec 400 sites affiliés.
En Suisse, Genève et les rives lémaniques sont particulièrement attrayantes et appréciées. Dans l'Hexagone, c'est naturellement Paris ou les bords de la mer qui ont le plus la cote.
GLOBE-TROTTERS
L'échange de logements apparaît comme le meilleur moyen pour accéder à des vacances hors normes sans se ruiner. Mais la vrai richesse des échanges de logements est ailleurs que dans les économies comptables : ils permettent une approche singulière d'un pays et de ses habitants…
READER'S DIGEST (Canada)
Vous qui rêvez de découvrir l’Italie, songez qu’il est fort probable qu’un couple d’Italiens rêve aussi de découvrir le Québec. Alors, pendant les vacances, échangez vos maisons. Grâce aux réseaux d’échanges de maisons, vous entrerez facilement en contact avec des particuliers du monde entier disposés à prêter leur maison. Il vous en coûtera une cotisation (de 50 $ par année) mais au final, vous économiserez tous les frais d’hôtel.
BRANCHEZ-VOUS (CANADA)
Il est intéressant de voir que le projet de Trocmaison.com a trouvé de nouvelles possibilités grâce à l'interactivité et à la mondialisation d'Internet. Ainsi, les internautes voyageurs qui souhaitent découvrir de nouvelles destinations à peu de frais peuvent participer au programme d'échanges de maisons. Inscrivez-vous, choisissez l'offre qui vous intéresse et prenez contact avec le propriétaire de la maison. Étant donné que seuls les membres peuvent entrer en contact entre eux (après abonnement payant), vous êtes assuré qu'il s'agit toujours de personnes sérieuses souhaitant faire des échanges. Quoi de mieux pour visiter la France que d'habiter une petite maison en pleine ville? Et pour découvrir la Californie, rien n'est impossible! À vous de jouer.

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LA MONTAGNE
D’un clic, ils échangent leur toit d’ardoise avec le monde entier : des Australiens, des Américains…
Troque « beautiful house in Correze »
Eté 95, île d’Oléron. MarieJosé, Corrézienne en vacances, déchante. « Quatre chaises, quatre couteaux, quatre cuillères », sa location, chère payée, est « calamiteuse». C’est le dégoût, le déclic. « On va échanger notre maison, via Internet, avec le monde entier ! », annonce-t-elle à son mari Jean-Pierre et leurs deux enfants Anne et Simon.
« Personne viendra ! »
Ce concept anglosaxon, idéal pour s’immerger dans un endroit du monde sans se ruiner, parfait pour fuir le tourisme de masse, les hôtels impersonnels, cette prof d’anglais l’a découvert dans les Guides du Routard.
L’entourage, sauf les beaux-parents et le neveu qui vivront la première escapade à Downings dans le Nord de l’Irlande dans une bicoque avec vue sur la mer, se moque : « Tu rêves ! Personne ne viendra chez toi. Qui a envie de passer ses vacances dans le centre de la France ? » C’est méconnaître l’Américain, l’Irlandais, l’Italien, l’Allemand,l’Américain, l’Ecossais, l’Espagnol, le Chypriote, le Mauricien… Des couples avec/sans enfants, médecin, pasteur, enseignant…,qui ont habité la belle maison avec piscine de MarieJosé et de Jean-Pierre pendant qu’eux utilisaient leurs draps, leurs vélos, leur voiture, leur frigo, leurs kayaks, sympathisaient avec leurs familles, leurs voisins… « Vu de chez eux, Paris, Brive, Tulle, Bordeaux, c’est pareil ! Ce qu’ils aiment, c’est être en France, manger, visiter, boire du vin ! ».
Aujourd’hui, le couple, des quinquas randonneurs, accuse 16 trocs dans sa valise. Prépare le 17e : trois semaines en août dans les Montagnes rocheuses du Colorado. Songe au 18e : la Toussaint en Sicile. Cogite le 19e : Pâques dans les Antilles Britanniques. Anticipe le 20e : août 2009 dans le Grand Canyon. Les amis, les collègues ont cessé de se moquer. « Tout le monde trouve ça formidable mais ajoute : “Moi, je ne le ferais pas ! Je ne veux pas que quelqu’un dorme dans mon lit !” » La phobie de l’inconnu dans sa baignoire,
MarieJosé, qui sème toujours un cadeau de bienvenue, « un panier garni de foie gras, une bouteille de vin, un livresur la région », ne l’a jamais eue. « Certains mettent sous clé leurs biens précieux ». Elle laisse « tout ouvert : les tiroirs, les placards », fait le ménage « à fond » juste avant de leur refiler les clés à l’aéroport, carrefour des troqueurs de la planète.
« Piscine de malades ! »
Marion, 35 ans et JeanPhilippe, 37 ans, offre n° 92703 sur « www.trocmaison.com », ont, eux, rendezvous le 27 juillet dans un terminal de Sydney avec Natalie et Simon. Des Australiens, rois du troc (18 !) qui ont 10 ans de plus et envie de revoir la Dordogne où ils ont séjourné deux étés plus tôt. « On part de Paris pour les arranger, on leur laisse la voiture. On récupère la leur à l’aéroport de Sydney, les clés de leur maison de campagne de Jarvis Bay près de SaintGeorgesBasin. On reste dix jours puis on remonte à Sydney dans leur résidence principale. Une baraque de fous avec une piscine de malades juste à côté de la mythique plage de Manly ! La soeur de Simon nous attend déjà pour un barbecue ! ».
Marion, qui enseigne l’anglais à Danton, jubile. Surexcitée par cette aventure inédite qu’elle vivra avec son mari, prof d’histoiregéo et leur petite Jeanne, 7 ans. Une virée imprévue en plein hiver austral dans le bush au milieu des kangourous, des dauphins, des baleines grâce à la magie du web. « On voulait les USA mais la touche que nous avions à NewYork est tombée à l’eau. On a conclu avec les Australiens que j’ai l’impression de connaître depuis toujours ! Ils vont aller faire du vélo avec mon père ! »
« Exroutards avec un sac sur le dos », Marion et JeanPhilippe ne partaient plus très loin depuis la naissance de Jeanne et passaient les vacances scolaires à retaper leur toit d’ardoise près d e l’avenue de Bordeaux . « Trocmaison, c’est une agence de voyages en mieux et des économies conséquentes ! On part quasiment un mois pour le prix d’une semaine en voyage organisé », s’emballe Marion qui a « besoin de rencontrer les gens » et ne supporte pas être « touriste depuis un bus ». Natalie, aussi, se fait une joie d’atterrir à Brive-la-Gaillarde. Dans son dernier mail, l’australienne crache être au régime « pour pouvoir se gaver de confits de canards cet été ! ».
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